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"Depuis que je suis parti..." : Bruno Le Maire défend sur RTL son bilan à Bercy et estime que la France a "un problème de système, pas de personne"

Bruno Le Maire reconnaît devoir rendre des comptes sur l’aggravation de la dette publique durant ses années à Bercy, mais refuse d’en porter seul la responsabilité. L’ancien ministre de l’Économie défend sur RTL, ce samedi 9 mai, l’idée d’un mal plus profond dans la gestion des finances publiques et juge indispensable une nouvelle réforme des retraites.

Le Journal Inattendu de Bruno Le Marie

Crédit : RTL

Le Journal Inattendu de Bruno Le Maire

00:54:20

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Eléonore Aparicio & Stéphane Boudsocq

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"La démocratie, c’est rendre des comptes". Mis en cause sur l’explosion de la dette publique pendant les deux quinquennats d’Emmanuel Macron, Bruno Le Maire assume samedi 9 mai sur RTL une part de responsabilité, tout en rejetant l'idée d'une faute personnelle. L'ancien ministre de l'Économie (2017-2024) reconnaît que "quand on a été sept ans ministre de l'Économie, il faut rendre des comptes". 

Pourtant, il assure que la dérive des finances publiques ne peut pas être réduite à son passage à Bercy. "Si véritablement le problème de la dette, c’était le problème de Bruno Le Maire, il aurait suffi que je parte du ministère des Finances pour que les choses aillent beaucoup mieux", fait-il valoir. Or, ajoute-t-il, "depuis deux ans que je suis parti, elles n’ont cessé de se dégrader".

Bruno Le Maire insiste donc sur la dimension structurelle du problème. "C’est bien qu’on a un problème de système et pas un problème de personne", tranche-t-il, appelant à "sortir des débats de personnes" pour regarder pourquoi "depuis 40 ans, notre dette n’a cessé de progresser".

Nous avons fait ce qui était nécessaire

Bruno Le Maire au sujet de ses sept années passées à Bercy

Pour étayer son propos, il compare plusieurs périodes politiques. Il évoque "plus 20 points de dette" sous François Mitterrand, "plus 30 points" sous Nicolas Sarkozy, puis "plus 15 points sous Emmanuel Macron", dans un contexte marqué, rappelle-t-il, par "une crise majeure, le Covid, une crise inflationniste et la guerre en Ukraine". "Nous avons fait ce qui était nécessaire", se défend Bruno Le Maire. Une position qu'il soutient dans son ouvrage Le Temps d'une décision, paru le 23 avril 2026 aux éditions Gallimard. 

Bruno Le Maire met aussi en cause le fonctionnement de l’État. Impossible selon lui de résoudre le problème de la dette sans "changer de méthode". "Évidemment qu'il faut réorganiser l'État qui est devenu la cour du roi Pétaud et qui est devenu totalement désorganisé", assure-t-il. Selon lui, le ministre des Finances devrait disposer d’un véritable pouvoir de blocage. Faute de quoi, raconte-t-il, les dépenses s’accumulent au gré des annonces politiques. "Si le ministre des Finances n’a pas une capacité de droit de veto, (...) il se passe ce que j’ai connu", dit-il, décrivant un système où une fois qu’un ministre annonce une dépense, "on ne peut plus la refuser".

La nécessité d'une nouvelle réforme des retraites

L’ancien locataire de Bercy reconnaît toutefois un regret : "Je regrette simplement que nous ne soyons pas sortis plus vite des dispositifs d’urgence". Mais il estime que le cœur du problème est ailleurs, dans la dynamique des dépenses publiques. "Nos dépenses de santé et nos dépenses de retraite ont explosé", affirme-t-il.

De là, Bruno Le Maire tire une conclusion politique très nette : "Il n’y aura pas de réduction de la dette publique dans notre pays si nous ne savons pas faire des économies sur notre modèle social et si nous n’engageons pas une nouvelle réforme des retraites". Il accuse au passage ses adversaires de ne pas dire la vérité aux Français, dénonçant "tous ces hommes politiques hypocrites" qui refusent d’assumer cette orientation.

Interrogé aussi sur son choix de ne pas quitter le gouvernement, malgré ses alertes répétées sur la dette dont il fait état dans son nouveau livre, Bruno Le Maire répond qu’un départ aurait aggravé la situation. "Quand vous partez, vous désertez le champ de bataille et les choses se dégradent", explique-t-il. Il assure n’avoir "jamais songé à démissionner", préférant, dit-il, "se battre" pour maintenir les économies engagées avant qu’elles ne soient, selon lui, "coupées nettes par la dissolution".

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