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De la polémique Assassin's Creed à la conquête des gamers : pourquoi Jean-Luc Mélenchon et LFI misent sur les jeux vidéo pour la présidentielle 2027

À l'Assemblée, La France insoumise va défendre ce jeudi 29 octobre, dans le cadre de sa niche parlementaire, une proposition de loi sur les jeux vidéo pour garantir l'accès durable aux titres achetés en ligne.

Les visiteurs jouent au match de football "FIFA 20" aux jeux vidéo Gamescom, au 20 août 2019

Crédit : INA FASSBENDER / AFP

Arthur Bellier & AFP

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Pour la présidentielle, LFI mise sur les jeux vidéo. Depuis plus de dix ans, le mouvement de Jean-Luc Mélenchon tisse des liens et se pose en allié des "gamers", alors que plus de 40 millions de Français jouent régulièrement aux jeux vidéo. C'est à eux que s'adresse une proposition de loi insoumise, débattue ce jeudi 29 octobre dans leur niche parlementaire à l'Assemblée, qui s'attaque à la dématérialisation des jeux. 

Le texte vise à garantir l'accès aux jeux achetés pour les joueurs, même lorsque les éditeurs les retirent du marché, sur fond d'inquiétude de fans après la décision de Sony d'abandonner les jeux sur disque en 2028. "C'est frustrant, tu peux avancer et tout perdre", témoigne un joueur, Marcus, au micro de RTL. Par exemple, en avril 2024, Ubisoft a coupé les serveurs de son jeu The Crew. Des millions de joueurs se sont retrouvés face à un écran noir, provoquant la colère des gamers qui réclament un accès pérenne aux jeux en ligne.

"Aujourd'hui, 80% de l'argent dépensé par les Français passe par le numérique, le dématérialisé et le jeu vidéo suit le même chemin à des vitesses différentes", analyse Jean Zeid, spécialiste des jeux vidéo, sur RTL Midi, à l'image de la musique notamment. Selon lui, des jeux sont parfois retirés des plateformes pour des raisons "techniques" mais aussi "financières" quand "le coût devient défavorable pour l'éditeur".

Une licence d'utilisation pérenne

Face à ces cas de figure, LFI propose que la Bibliothèque nationale conserve une copie des jeux pour avoir la garantie d'y jouer pendant des années, comme au temps des disquettes. "J'ai acheté mon jeu et du jour au lendemain, tout disparaît. Comment on fait ?", interroge le député insoumis Ugo Bernalicis, qui porte le texte. "C'est tout l'enjeu de cette proposition de loi, de faire en sorte que la licence d'utilisation ne puisse plus être révocable mais pérennisée par le biais d'un service public", explique-t-il au micro de RTL. 

Ugo Bernalicis assume vouloir mettre dans "le débat public le jeu en cette période électorale". Il rappelle que LFI a intégré le jeu vidéo dans sa campagne dès 2017, proposant notamment la création d'un Centre national du jeu vidéo. Une "stratégie maligne" qui a permis à LFI de s'imposer comme la "figure politique majeure" au sein de cet écosystème largement délaissé par ses adversaires, et utile à l'approche de la présidentielle, analyse le chercheur Olivier Mauco, fondateur de l'Observatoire européen des jeux vidéo, pour l'AFP. 

Pourtant, l'histoire avait mal commencé. En novembre 2014, Jean-Luc Mélenchon s'attire les foudres des "gamers" après avoir critiqué le jeu Assassin's Creed Unity, qu'il accuse de dépeindre le peuple de 1789 en sanguinaires révolutionnaires. La polémique lui fait prendre conscience de la puissance de ces communautés en ligne, selon son ancien compagnon Alexis Corbière. Dans la foulée, il défend le jeu vidéo comme un "art à part entière" qui donne ainsi "droit" à le critiquer et annonce vouloir s'offrir une console. 

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