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Crise en Grèce : "La tragi-comédie qui agace François Hollande", analyse Alba Ventura

REPLAY / ÉDITO - La journaliste nous explique pourquoi le dossier grec énerve tant le Président français.

Alba Ventura
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Crédit : Alba Ventura
Crise en Grèce : "La tragi-comédie qui agace François Hollande", analyse Alba Ventura
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Crise en Grèce : "La tragi-comédie qui agace François Hollande", analyse Alba Ventura
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L'invité de RTL - Alba Ventura
Alba Ventura

Dans le dossier grec, François Hollande a fait savoir mercredi 1er juillet qu'il fallait un accord "tout de suite", c'est-à-dire avant le référendum prévu dimanche prochain. Il a mis en garde contre les "affirmations péremptoires" et les "ruptures brutales". C'est assez rare que le chef de l'État s'agace de la sorte. C'est d'autant plus rare qu'il y a quelques mois, en privé, on l'a entendu dire qu'il avait décidé de ne plus s'agacer. Il faut croire que la moutarde lui est montée au nez ces derniers jours.

C'est vrai qu'il était déjà très fâché lorsque Alexis Tsipras a annoncé l'organisation du référendum en Grèce. Le Président français ne s'y attendait pas. Il a été surpris d'autant que depuis l'élection de Tsipras, il a essayé d'être le facilitateur, le "go-between", le trait d'union, entre les Grecs et ses créanciers.
À l'Élysée, on dit même qu'il a souvent joué le rôle du grand frère. C'était d'ailleurs François Hollande qui avait fait les présentations entre Alexis Tsipras et Angela Merkel au tout début.

Hollande se sent pris en tenailles

François Hollande n'est pas seulement en colère contre le premier ministre grec. Il est aussi agacé par certains de ses partenaires européens, et notamment les Allemands qu'il trouve un peu trop rigides. En fait, s'il est tellement agacé, c'est parce qu'il se sent pris en tenailles.

D'un côté, il y a Alexis Tsipras, qui veut encore négocier mais qui maintient son référendum et qui appelle toujours son peuple à voter "non". Il voudrait le beurre et l'argent du beurre. De l'autre côté, il y a la chancelière Angela Merkel, qui dit "non" aux négociations. Elle lâche : "Vous l'avez voulu votre référendum, monsieur Tsipras ! Faites-le, on verra après". Sous-entendu : ne mettons pas la charrue avant les bœufs.

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Comme le dit un proche de François Hollande : "On a l'impression que Tsipras et Merkel, ce sont deux trains lancés l'un contre l'autre".

Ça veut dire que la méthode de conciliation de François Hollande ne marche pas pour l'instant. Pire que tout : le Président français a l'impression que personne ne l'a écouté. Du coup, il a fini par se ranger derrière les instances européennes. C'est une situation pour le moins désagréable.

Poker, belote et tarot

Ce dossier grec n'est pas qu'économique. Il est aussi et surtout politique et psychologique. En réalité, on a assisté à une grande partie de jeu de cartes. Mais c'est chacun son style. Pour Alexis Tsipras, c'est le poker. Il a fait "tapis", il a joué son va-tout, en décidant d'organiser ce référendum, persuadé que les négociations pouvaient se poursuivre parce que personne n'oserait enclencher la sortie de la Grèce de la zone euro.

Ce à quoi Angela Merkel lui a dit "nein" et "re-nein". Chez elle, c'est belote et re-belote. Pas de négo, parce qu'elle croit que les grecs voteront "oui" dimanche, contrairement au "non" réclamé par le Premier ministre grec.

François Hollande, lui, il n'aime pas tellement le poker menteur. Il n'aime pas la rupture, il n'aime pas les à-coups. Il préfère la tactique du jeu de tarot. Il voulait emmener le "Petit" au bout.

Est-ce qu'il y a un vrai désaccord entre François Hollande et Angela Merkel, entre la joueuse de belote et le joueur de tarot ? Sur le fond, pas vraiment. Tous les deux veulent que la Grèce respecte les engagements de la monnaie unique. Là où ils ont un désaccord, c'est sur la méthode. Mais pas seulement. Ils n'ont pas la même analyse du jeu de Tsipras. Angela Merkel pense qu'il bluffe. François Hollande pense, lui, que c'est sérieux.

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