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Crise en Grèce : "François Hollande veut être à l'origine de la solution", décrypte Alba Ventura

REPLAY / ÉDITO - François Hollande est bien décidé à reprendre la main sur la crise grecque. Le chef de l'État est à la recherche d'un nouveau rôle. Voilà pourquoi il reçoit la chancelière allemande ce lundi 6 juillet à Paris.

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Crise en Grèce : "François Hollande veut être à l'origine de la solution", décrypte Alba Ventura Crédit Image : Alba Ventura | Crédit Média : RTL | Date :
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Lorsqu'on demande à l'Élysée s'ils s'attendaient à un "non" aussi massif au référendum en Grèce, on nous répond : "On ne s'attendait à rien". On comprend que François Hollande veut garder une forme de neutralité. Il n'avait pas voulu se prononcer avant la consultation. Donc pas de commentaire non plus après. De même qu'avant le référendum, il expliquait qu'il s'agissait d'un choix souverain ; dimanche soir, il faisait savoir qu'il respectait le vote des Grecs. Rester neutre jusqu'au bout.

Cependant, ce "non" en Grèce a une résonance chez nous. Souvenez- vous de ce  qui s'est passé en 2005 : la victoire du "non" au référendum constitutionnel (ce n'est pas la même situation, le même contexte). Les Français avaient voté "non", alors qu'une grande partie de la classe politique plaidait pour le "oui", François Hollande le premier. On se souvient de la douche froide.

Hollande veut se trouver un nouveau rôle

Que l'on soit d'accord ou pas avec Alexis Tsipras, il a remporté une sacrée victoire politique. Le Premier ministre grec a été élu sur un programme. Pour mettre en oeuvre son programme, il est allé jusqu'à organiser un référendum. Il l'a gagné. Son peuple lui a donné mandat.

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Chez nous en France, le peuple avait dit "non" ; on l'a contourné, on est passé par l'Assemblée nationale. François Hollande s'en souvient bien, lui qui avait eu à gérer en tant que patron du PS les dissensions entre partisans du "non" et du "oui". On comprend mieux aujourd'hui pourquoi il s'abstient de tout commentaire.

Sa tentative de médiation "à la française" a échoué

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François Hollande doit déjà se retrouver un nouveau rôle. La semaine dernière a été un moment difficile pour lui. Il a été incapable d'imposer ses vues, pris en tenaille entre la rigidité du Premier ministre grec et la dureté d'Angela Merkel. Sa tentative de médiation "à la française" a échoué, alors qu'il avait été l'un des tout premiers à s'engager, à recevoir Alexis Tspiras après son élection.

Lui qui voulait apparaître comme le conciliateur, comme le trait d'union, François Hollande n'a pas réussi. Il a voulu faire de la diplomatie, là où il fallait faire de la politique. Le résultat, c'est qu'il s'est retrouvé en opposition vis-à-vis d'Angela Merkel et isolé vis-à-vis de ses partenaires européens. Il a perdu sur tous les tableaux.

C'est pour cela que sa priorité aujourd'hui, c'est d'afficher absolument la solidité du couple franco-allemand pour revenir au centre du jeu.

Enfant de Jacques Delors

C'est pour recoller les morceaux qu'il a invité la chancelière allemande lundi soir. Cette fois, il veut être à l'initiative. Il veut être à l'origine de la solution qui sera bonne, et pour la Grèce et pour l'Europe, mais aussi pour la France. François Hollande sait que si une solution n'est pas trouvée, cela peut ruiner tous ses plans.

D'un point de vue économique, la sortie de la Grèce de la zone euro pourrait entraîner une remontée des taux d'intérêt. Le Président français pourrait dire "bye bye" à la petite embellie qui montre le bout de son nez. D'un point de vue politique, il va devoir jouer l'équilibriste afin qu'une partie de la gauche française ne lui tourne pas le dos.

Il sait les risques géopolitiques que pourrait entraîner une sortie de la Grèce de l'Europe

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Plus généralement, il ne faut pas oublier que François Hollande est un enfant Jacques Delors. Il ne veut pas se passer des Grecs. Il sait les risques géopolitiques que pourrait entraîner une sortie de la Grèce de l'Europe. Il n'a pas envie de  voir sombrer un pays aux frontières de l'Europe.

Pour François Hollande, l'objectif est désormais simple : on a fait entrer la Grèce de manière politique dans l'Europe, il faut la maintenir de manière politique. Objectif simple, mais pas facile à réaliser.

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