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Corse : Manuel Valls joue l’apaisement face aux nationalistes nouvellement élus

Dès leur prise de pouvoir, les nationalistes corses vainqueurs des régionales ont réaffirmé leur volonté d'"émancipation" et réclamé la libération de "prisonniers politiques".

Jean Guy Talamoni et Gilles Simeoni lors de leur élection le 17 décembre
Jean Guy Talamoni et Gilles Simeoni lors de leur élection le 17 décembre Crédit : Pascal POCHARD-CASABIANCA / AFP
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C'est dans leur langue locale que les vainqueurs des élections régionales en Corse ont prononcé leur premier discours officiel. "En votant pour les nationalistes, le peuple corse a dit que la Corse n'était pas un morceau d'un autre pays mais une nation, avec sa langue, sa culture, sa tradition politique, sa manière d'être au monde", a lancé l'indépendantiste Jean-Guy Talamoni en prenant la tête de l'Assemblée corse jeudi 17 décembre. En devenant président du conseil exécutif de la Collectivité, Gilles Simeoni a pour sa part demandé au gouvernement de "prendre la mesure de la révolution démocratique que la Corse est en train de vivre" et à ouvrir un "dialogue serein et constructif". 

La réponse du Premier ministre ne s'est pas fait attendre. Vendredi, Manuel Valls a téléphoné à Gilles Simeoni pour lui promettre de maintenir un "dialogue serein, constructif et apaisé". Les deux hommes doivent se rencontrer "prochainement" pour "mettre en oeuvre les évolutions statutaires vers la collectivité unique telles qu'elles sont prévues par la loi". De nouvelles élections seront organisées en 2018 avec l'instauration d'une collectivité unique et la suppression des départements de Corse-du-Sud et de Haute-Corse.

Manuel Valls, qui était un proche conseiller de Lionel Jospin lors de la négociation d'un nouveau statut pour l'île à la fin des années 90, a aussi réaffirmé "son attachement à la place de la Corse dans la Nation et dans la République française et sa reconnaissance de la spécificité de l'île".

Réactions contrastées de la classe politique

Dans le reste de la classe politique, la cérémonie de prise de pouvoir des deux nationalistes a suscité de vives réactions. L'ex-ministre de l'Intérieur Jean-Pierre Chevènement, s'est lui dit "certainement" choqué par le discours en corse prononcé jeudi par Jean-Guy Talamoni et s'oppose à la "co-officialité de la langue corse". François Fillon a demandé à François Hollande "une réaction claire" face aux "insultes" de la majorité nationaliste élue à la tête de la Corse. En guise se commentaire, Alain Juppé, a cité la Constitution française sur son compte Twitter.

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Plus tôt vendredi, Jean-Marie Le Guen, secrétaire d'État aux Relations avec le Parlement, avait coupé court à toute velléité de sortir des clous, avertissant que "la République n'a pas l'intention de baisser les bras" et que "la loi sera la même pour tous, y compris en Corse".

Quels "prisonniers politiques" ?

Gilles Simeoni et Jean-Guy Talamoni ont également réclamé la libération de 25 prisonniers "politiques" lors de leur investiture. "Demain, nous obtiendrons l'amnistie des prisonniers et des recherchés (...) et personne ne pourra s'opposer à cette volonté populaire", avait assuré Jean-Guy Talamoni. "Il n'y a pas de prisonniers politiques corses", assène un haut responsable du gouvernement.

Quelque peu éclipsée par le score du Front national dans les autres régions, la victoire des nationalistes corses, grands gagnants des élections territoriales dimanche, a un peu pris de court le gouvernement, le plaçant devant une situation inédite. C'est la première fois, depuis sa création en 1982, que les nationalistes dirigent les institutions insulaires. "C'est un sujet de préoccupation, même si nous ne sommes pas totalement étonnés par les résultats", confiait un proche du Premier ministre après la première grande victoire nationaliste depuis le renouveau de ce courant de pensée, à la fin des années 1960. 

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