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Comment Nicolas Sarkozy reste le parrain de la droite

DÉCRYPTAGE - Nicolas Sarkozy n'est jamais bien loin de la scène médiatique et politique. L'ancien président de la République cultive son rôle de parrain, incontesté au sein de la droite.

Nicolas Sarkozy, le 24 janvier 2018
Nicolas Sarkozy, le 24 janvier 2018 Crédit : GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP
MariePierreHaddad75
Marie-Pierre Haddad
Journaliste RTL

Faire de la politique tout en étant... retraité de la vie politique. Voici l'équation qui définit la ligne de Nicolas Sarkozy. L'ancien président de la République avait annoncé prendre du recul vis-à-vis de la scène médiatique, après son échec électoral lors de la primaire Les Républicains. 

Mais échec n'est pas synonyme de défaite pour autant dans la logique sarkozyste. En effet, Nicolas Sarkozy est resté la pierre angulaire des Républicains. C'est d'ailleurs pour cela que les candidats à la présidence du parti, dont Laurent Wauquiez, avaient tous sollicité un rendez-vous avec lui. 

Retraité plus que jamais actif, l'ancien président de la République reprend sa stratégie de la "carte postale" en multipliant les interventions médiatiques, tantôt politiques, tantôt culturelles, tantôt sportives. Un mélange savant qui font de lui le parrain de la droite.

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Don Sarkozy

Pourquoi Nicolas Sarkozy est-il surnommé le parrain ? "Le parrain, c'est une figure que tout le monde respecte, qui peut agir dans l'ombre et qui a droit de vie ou de mort sur les autres. C'est un cliché du vocabulaire politique. L'ancien président de la République a toujours eu l'image d'un grand stratège. Mais il bénéficie d'une aura au sein de la droite car il est le dernier président de droite. Il fait référence à l'époque glorieuse de 2007 où la droite gouvernait. Tout l'inverse du contexte actuel avec une droite qui connaît une crise majeure de son leadership", note Bruno Cautrès politologue au Cevipof, joint par RTL.fr.

Cette nostalgie autour de la victoire de Nicolas Sarkozy fait de lui "une icône avec un mythe édifié par son aura et son charisme, ajoute-t-il. Pour la droite, il est le casseur de tabous, le briseur de code. Il est surtout celui qui a pu arriver au pouvoir avec les thèmes de l'immigration et de l'identité, c'est-à-dire, ceux avec lesquelles la droite n'est pas à l'aise".   

Un souvenir nostalgique et doré de 2007

Le retour de Nicolas Sarkozy s'est fait à travers un engagement. Parrain, cette fois-ci pour une campagne contre les cancers de l'enfant, l'ancien président de la République s'engage pour l'Institut Gustave Roussy pour faire avancer la recherche. Le Parisien rappelle qu'en 2009, il avait déclaré que le cancer était une "cause nationale sur laquelle le chef d'État doit s'engager". Et qu'en est-il de son successeur ? "J’ai la conviction profonde et viscérale qu’une maladie qui touche de si nombreux Français, qui dévaste autant de familles, doit être traitée aux plus hauts niveaux de l’État. Si on ne le fait pas pour cela, pour quoi le ferait-on ? Oui, le chef de l’État doit s’impliquer personnellement", répond-t-il. 

Avant de préciser dans la foulée : "Mais attention, je ne formule ici aucune critique, aucun jugement. Je ne donne pas de conseils à mon successeur qui fera les choix qui lui appartiennent. Mon engagement n’est ni politique, ni partisan". Sur un tout autre ton, Nicolas Sarkozy avait participé à l'émission L'Équipe du soir, le 22 janvier dernier. Quelques semaines plus tard, il était invité de l'émission Livres et Vous, diffusée sur Public Sénat. 

Mais l'ex-chef de l'État a aussi effectué une visite plus politique : invité par Gérard Larcher, il s'est rendu au Sénat. Un participant précise qu'il aurait glissé une remarque : "On parlait d'omniprésident. Apparemment, j'ai fait école". Autre commentaire sur l'actualité avec le recours aux ordonnances pour réformer la SNCF : "Je n'ai jamais été un partisan de la procédure des ordonnances dont j'ai observé que, dans le passé, loin de faire gagner du temps, elle en avait souvent fait perdre". Et c'est justement cette stratégie "un coup politique, un coup non" qui semble peaufiner l'image du parrain. Selon Bruno Cautrès, c'est "très adroit et ça lui permet de montrer qu'il est dans le paysage et incontournable"

Des sarkozystes passionnés

Un parrain, c'est aussi un clan. Il existe "une histoire de passion entre lui et la droite, comme avec Jacques Chirac. Nicolas Sarkozy a aussi été celui qui a rassemblé sa famille politique après la guerre des chefs et a créé Les Républicains. Il a toujours attaché une importance particulière à être un chef de clan et il reste chez Les Républicains un certain nombre de sarkozystes. Il n'a jamais laissé indifférent". 

Cela que ce soit avec les commentaires positifs, mais aussi avec les remarques plus négatives. Dans son livre Chaos, l'ancien secrétaire d'État Frédéric Lefebvre explique avoir perdu "le sens des réalités dans le sillage d'un Sarkozy survolté. Mener Nicolas Sarkozy à l’Élysée était devenu l’objectif de ma vie. Je lui ai tout sacrifié, passionnément, aveuglément, connement", comme le rapporte Europe 1.

Nicolas Sarkozy a rappelé qu'il a toujours son don de dézingueur

Bruno Cautrès, politologue au Cevipof, à propos des enregistrements de Laurent Wauquiez
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Son ombre continue de planer au sein des Républicains. C'est d'ailleurs pour cela que Laurent Wauquiez ne se sera excusé qu'auprès de lui après l'affaire des enregistrements, révélée par Quotidien. "Cela a d'ailleurs donné une formidable occasion à Nicolas Sarkozy de rappeler qu'il a toujours son don de dézingueur", explique Bruno Cautrès.

En effet, l'ancien président de la République aurait raconté à ses proches sa conversation téléphonique avec le président des Républicains : "Je l’ai pulvérisé. Il m’a présenté ses excuses. Il était piteux. Ensuite, je ne l’ai pas laissé en placer une. Beaucoup de monde me disait que tu n’étais qu'une grosse merde. Aujourd’hui, je n’ai d’autre choix que de penser comme eux. Il paraît que tu as des ambitions présidentielles. Si j’étais toi, je trouverais un autre métier", a rapporté Le Canard Enchaîné. Des répliques cinglantes signées Don Sarkozy.

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2018-03-20 07:26:00
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