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Commémoration de l’abolition de l’esclavage : pourquoi la date du 10 mai est contestée

ÉCLAIRAGE - La date choisie pour commémorer la fin de l'esclavage n'a jamais réussi à faire l'unanimité. L'événement est d'ailleurs commémoré à des dates différentes dans certains départements français.

L'ancien premier ministre Édouard Philippe devant une statue d'hommage aux victimes de l'esclavage le 10 mai 2020, au jardin du Luxembourg, à Paris..
L'ancien premier ministre Édouard Philippe devant une statue d'hommage aux victimes de l'esclavage le 10 mai 2020, au jardin du Luxembourg, à Paris..
Crédit : Ian LANGSDON / POOL / AFP
Victor Goury-Laffont

Il y a dix ans, le 10 mai 2001, le Parlement français adoptait une loi "tendant à la reconnaissance de la traite et de l'esclavage en tant que crime contre l'humanité", aussi appelée loi Taubira du nom de l'ancienne députée et ministre qui avait porté le texte à l'époque.

Une loi mémorielle qui "reconnaît que la traite négrière transatlantique (...) et l'esclavage (...) aux Amériques et aux Caraïbes, dans l'océan Indien et en Europe contre les populations africaines, amérindiennes, malgaches et indiennes constituent un crime contre l'humanité", et qui exige notamment que ces événements obtiennent la "place conséquente qu'ils méritent" dans les programmes scolaires.

Cinq ans plus tard, en 2006, le 10 mai devient la "journée nationale des mémoires de l'esclavage". Le projet de loi initial, déposé en 1999, faisait "du 8 février un jour anniversaire destiné à commémorer l'abolition de la traite négrière transatlantique par le Congrès de Vienne". Réunis après la défaite de Napoléon 1er, les États européens avaient en effet décidé d'abolir cette traite, mais non l'esclavage.

Le choix d'une date commémorative a entraîné, à la fin des années 90 et au début des années 2000, plusieurs mois de débats au sein d'un "comité de personnalités qualifiées", composé notamment d'historiens. Sans consensus trouvé, Maryse Condé, à l'époque présidente du Comité national pour la mémoire et l'histoire de l'esclavage, propose à Jacques Chirac le 10 mai, date d'adoption de la loi Taubira.

Des dates différentes selon le département

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Il ne s'agit cependant pas de la seule date reconnue en France. Le 27 avril à Mayotte, le 20 décembre à la Réunion, le 27 mai en Guadeloupe : des dates spécifiques pour la plupart des départements d'Outre-Mer, qui correspondent généralement au jour où l'esclavage y a été aboli.

La date nationale reste donc le 10 mai. 20 ans après la Loi Taubira, le président de la République, Emmanuel Macron, commémorera l'abolition de l'esclavage ce lundi en compagnie du président du Sénat, Gérard Larcher.

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