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"C'est l'automne de toutes les colères", analyse Alba Ventura

REPLAY - REPLAY / ÉDITO - La journaliste revient sur l'automne de toutes les colères qui s'abat sur le gouvernement et sur le chef de l'État.

Alba Ventura
Alba Ventura
Crédit : RTL
"C'est l'automne de toutes les colères", analyse Alba Ventura
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"C'est l'automne de toutes les colères", analyse Alba Ventura
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Alba Ventura & Loïc Farge

Des syndicalistes qui refusent de serrer à la main du Président, Emmanuel Macron chahuté à Lyon, les policiers dans la rue : c'est vraiment l'automne de toutes les colères. On est en crise, et les politiques n'ont plus l'air d'avoir la réponse. Ils sont donc interpellés. Chez les policiers, c'est vrai que ce n'est pas dans leurs habitudes de manifester. Il y avait eu une grande manif' en 1983 sous les fenêtres du ministre de la Justice de l'époque, Robert Badinter. Ils seront sous celles de Christiane Taubira ce mercredi 14 octobre. Il y avait eu un autre rassemblement en 2001. Là, les policiers sont à bout. Ils aimeraient bien que "la peur change de camp", comme disait Charles Pasqua. Entre les heures supplémentaires, le manque de moyens et les violences dont ils sont victimes (depuis 2008, ces violences contre les forces de l'ordre ont augmenté de 40%), sans parler des suicides de certains de leurs collègues, ils sont épuisés.

Surtout, ils ne comprennent plus ce que fait la justice. Ils estiment que la chaîne pénale ne répond plus. Donner comme seule réponse l'escorte de détenus dangereux lorsqu'ils sont en permission, et qui dans leur cavale laissent pour mort des policiers, les rend particulièrement nerveux. Aujourd'hui, les policiers ont le sentiment que leur profession est déclassée face à une justice qui, selon eux, fait la part trop belle aux droits des délinquants. 

Depuis les attentats de janvier dernier, ils sont sur les dents. Il y a Vigipirate, mais il y a aussi la crise des réfugiés. Dans deux mois ce sera la COP21, et l'an prochain l'Euro 2016. Cela fait beaucoup. Ils en appellent non pas à la ministre de la Justice, ni au ministre de l'Intérieur, mais à François Hollande directement.

Il y a beaucoup d'outrances, et c'est le signe d'un blocage

Alba Ventura

Cela en dit long sur la rupture de confiance. Même s'il faut distinguer la manifestation des policiers du comportement de certains syndicats. C'est vrai que le geste de ces deux syndicalistes de la CGT qui ont refusé de saluer le chef de l'État, est fort. Le geste d'après, c'est quoi ? Ils vont lui déchirer la chemise ? On a entendu une manifestante traiter Emmanuel Macron "d'assassin" à Lyon.

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Il y a beaucoup d'outrances, et c'est le signe d'un blocage. François Hollande doit s'interroger sur cette France qui pense que la seule manière de s'exprimer est de dire "non", même s'il est vrai que c'est un pays qui a historiquement préféré la rupture à la discussion. François Hollande va présider la semaine prochaine la grande conférence sociale. Il ne pourra pas seulement brandir comme un talisman son compte personnel d'activité, ce dispositif qui est censé sécuriser les Français dans leur parcours professionnel. Il ne va pas non plus pouvoir se contenter  peut pas se contenter d'en appeler au "dialogue social", qui n'est aujourd'hui qu'un dialogue de sourds.

Les carnets du jour

Un ténor de la droite estime que si Nicolas Sarkozy ne fait pas d'erreurs, il a toutes ses chances. "Si Sarko, dit-il, fait une bonne campagne des régionales, s'il tient bien le parti, s'il parvient à délivrer un discours visionnaire et s'il s'entoure de personnes compétentes comme François Baroin, Eric Woerth ou encore Luc Chatel, alors, ça compensera l'agité du bocal". Les surnoms de l'époque, "Zébulon", ont la vie dure.

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