3 min de lecture Bernadette Chirac

"Bernadette Chirac, rebelle n°1 contre le redécoupage électoral", décrypte Alba Ventura

ÉDITO - Bernadette Chirac est la victime la plus médiatique du redécoupage électoral. Aujourd'hui à la tête de la contestation, elle agite la menace. Il faut dire que le dossier est explosif.

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Le redécoupage électoral, un dossier politiquement explosif Crédit Image : AFP / Kenzo Tribouillard | Crédit Média : RTL | Date :
L'invite´ de RTL - Alba Ventura
Alba Ventura Journaliste RTL

Bernadette, elle est très chouette. Mais elle ne supporte pas qu'on la mette à la retraite. L'ancienne "première dame de France" accuse le gouvernement de profiter du redécoupage électoral pour faire disparaître le canton dans lequel elle est élue depuis trente-cinq ans.

Bernadette Chirac pèse en Corrèze

On ne plaisante pas avec Bernadette Chirac. Quand elle dit : "Si je passe à la trappe, j'aurais des choses à dire", soyez sûr que tout le monde est aux abris ! Cela fait un peu penser à tous ceux qui disent avoir de quoi faire sauter la République, et qui font "Pschitt !". C'est son côté Tatie Danielle. On ne la refera pas.

Mais attention, ça n'est pas n'importe qui Bernadette Chirac. Là où elle est maligne d'abord, c'est qu'elle parle de ses 80 ans. "Je pense que mon âge a joué", dit-elle. C'est un message qu'elle adresse à des électeurs, eux aussi de plus en plus âgés. Des électeurs qu'elle avait la réputation d'avoir rabattus vers Jacques Chirac en 1995.

Politiquement, dans une certaine partie de l'électorat de droite (disons traditionnel), Bernadette Chirac pèse. Elle a aussi du toupet. Manuel Valls en rigole encore, quand elle est venue le voir pour plaider sa cause. Elle avait apporté son propre redécoupage cantonal. Elle gardait son canton de Corrèze, bien sûr. Mais surtout, le ministre de l'Intérieur s'est aperçu qu'elle avait réussi à faire basculer le département à droite, alors qu'il est aujourd'hui de gauche. Ça ne manque pas de piquant !

La démographie et la parité, nouveaux critères

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Bernadette Chirac n'est pas la seule à perdre son siège dans ce redécoupage. Ça grogne dans les deux-tiers des départements, et même dans des départements de gauche. Deux-cents recours déposés, ce n'est pas rien. Mais il faut dire que ce redécoupage, c'est pas rien.

C'est le premier redécoupage cantonal en deux siècles, le premier de cette ampleur. Avant, il n'y a eu que des petites retouches. Ça a bougé en France en deux siècles. Un petit canton est devenu gros ; tel gros est devenu petit en électeurs. Il faut donc tenir compte de la démographie... 

Et puis - nouveauté -, il faut faire avec la parité. Un homme et une femme, en tandem dans chaque canton, cela veut dire qu'il faut faire disparaître un canton sur deux. Ça fait des morts. Bernadette Chirac est en fait une victime collatérale. Car la plupart de ceux qui se retrouvent sur le carreau ce sont des hommes. Parmi les conseillers généraux, il n'y avait même pas 15% de conseillères. On doit monter à 50% au forceps. Vous voyez un peu l'affaire !

Dossier explosif

Il y a bien sûr des petits calculs politiques derrière tout cela. Il y a toujours des arrière-pensées quand on se penche sur la carte électorale. On pense que vous en profitez pour faire basculer tel territoire, pour renforcer votre majorité dans tel autre. C'est le fameux soupçon de "charcutage" auquel tous les ministres de l'Intérieur ont eux droit. Vous vous souvenez du redécoupage Pasqua de 1986, et cette affiche où l'on voyait l'ancien ministre en habit de boucher, couteau à la main.

Là, la droite accuse la gauche de l'affaiblir en supprimant des cantons ruraux où elle est majoritaire. Les communistes, eux, pensent que le gouvernement veut régler ses comptes avec le Front de gauche. Donc ce soupçon, Manuel Valls n'y échappera pas.

C'est aussi explosif politiquement au vrai sens du terme : l'organisation de la cité, de vie des gens, la chose publique. Les cantons, c'est le ramassage scolaire ou encore le déneigement. Si vous perdez votre canton, vous perdez de l'influence. Ça paraît loin vu de Paris mais ça compte beaucoup !

Les départements, c'est l'ADN de la République. C'est pour cela que c'est explosif, surtout à quelques encablures des municipales.

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