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Affaire Lyhanna : face à la multiplication des propositions, le RN mise en sur la "perpétuité réelle"

Tandis que l'enquête et les révélations sur l'affaire Lyhanna se poursuivent, la classe politique tente d'apporter de nouvelles mesures afin de répondre à la colère des Français. Le Rassemblement national, lui, s'engage plutôt à soutenir les mesures du gouvernement.

Marine Le Pen et Jordan Bardella à Matignon le 11 mars 2026.

Crédit : Bertrand GUAY / AFP

Marie-Pierre Haddad

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Perpétuité réelle, castration chimique, cours disciplinaire de la magistrature, parquet spécialisé, principe de précaution... L'affaire Lyhanna a déclenché une onde de choc chez les Français à laquelle la classe politique tente de répondre. Le gouvernement ainsi que les candidats à l'élection présidentielle ont rivalisé de propositions afin de répondre à la colère et l'immense émotion suscitées par la mort de cette collégienne de 11 ans dans le Gers. 

Le Rassemblement national, lui, a opté pour une stratégie politique différente du reste de la classe politique, en ne tombant pas dans une multiplication des propositions. Une seule proposition a été formulée par le patron du parti. Jordan Bardella a appelé, ce jeudi 11 juin, à la mise en place d'une "perpétuité réelle", s'inscrivant ainsi dans la lignée des annonces faites par Sébastien Lecornu à l'Assemblée nationale.

Marine Le Pen prête à "soutenir" des mesures du gouvernement

Deux jours plus tôt, Marine Le Pen a assuré le 9 juin qu'elle soutiendrait les mesures qui seront proposées par le gouvernement. La cheffe des députés RN a cependant nuancé en ajoutant qu'elle n'attendait pas "des lois de circonstances" mais "une vraie introspection dans le fonctionnement de la justice". 


Sébastien Lecornu a en effet annoncé plusieurs pistes, comme le durcissement des peines, un travail sur le changement des règles de prescription et une meilleure information des victimes. Ces mesures "je vais les soutenir", a déclaré Marine Le Pen à l'issue de la réunion hebdomadaire des chefs de groupes à l'Assemblée nationale. 

Éviter la surenchère des propositions

Le RN veut éviter la surenchère des propositions, contrairement au reste de la classe politique qui les multiplie. Le président des Républicains et candidat à l'élection présidentielle de 2027, Bruno Retailleau, a demandé la mise en place d'une "cours disciplinaire de la magistrature afin de sanctionner les magistrats. Autre proposition faite par l'ancien ministre de l'Intérieur : "la castration chimique obligatoire pour les individus les plus dangereux, qui ont les plus grands risques de récidive". 

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Le potentiel candidat pour 2027, Dominique de Villepin a lui proposé la création d'un parquet "spécialisé sur les violences faites aux femmes et aux enfants". 

À gauche, l'ex-Premier ministre socialiste Bernard Cazeneuve a émis l'idée d'un "rappel des magistrats retraités volontaires" pour renforcer les troupes et "apurer" des dossiers en cours concernant de potentielles victimes mineures. 

"Un scandale d'État"

En dénonçant les manquements dans l'affaire Lyhanna, Marine Le Pen a visé l'institution judiciaire qui subit selon elle "une longue dérive". Le numéro 2 du parti présidé par Jordan Bardella, Sébastien Chenu, a pointé un "effondrement" de l'institution judiciaire, quand le député RN Jean-Philippe Tanguy a évoqué "un scandale d'État". 
 
Les déclarations sont aussi tournées vers la responsabilité du garde des Sceaux, Gérald Darmanin. Il "n'assume pas", a tancé Sébastien Chenu. Ce jeudi 11 juin, Jordan Bardella a estimé lors d'une conférence de presse que le ministre de la Justice "aurait dû par honneur présenter sa démission". 

Selon le RN, cette "longue dérive" de l'institution judiciaire est notamment due à des "causes idéologiques" qui ont "placé la réinsertion comme priorité" au détriment de "la protection de la société".

"Pas de formule magique"

Qu'en est-il des propositions ? De l'aveu de Jean-Philippe Tanguy, "il n'y a pas de formule magique", comme il l'a indiqué sur Franceinter. 

Mais le parti planche. Comme l'indique L'Opinion, Marine Le Pen a adressé un message à ses sympathisants. "Tout doit être remis à plat pour permettre aux Français de retrouver la confiance, aujourd’hui terriblement entamée, dans la justice de leur pays", a-t-elle écrit. Louis Aliot a lui suggéré de ne "pas donner au juge la liberté de choisir une peine" ou d'instaurer "des peines planchers, dès que ça touche un enfant". 

L'allié du Rassemblement national à l'Assemblée, le groupe d'Éric Ciotti a déposé un texte afin de mettre fin à la confusion des peines, comme le révélait Le Figaro. Sans figurer parmi les signataires du texte, le RN a aussi indiqué apporter son soutien à la proposition de loi transpartisane et intégrale afin de lutter contre les violences sexistes et sexuelles contre les femmes et les enfants.

Selon le député RN Jean-Paul Garraud cité par L'Opinion, "sur le volet justice et insécurité, le RN a déjà une légitimité". Ce qui lui permet de se positionner en retrait, voire même en soutien du gouvernement.

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