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Affaire Benalla : Collomb s'explique face à la commission parlementaire

Lors de son audition ce lundi 23 juillet au sujet de l'affaire Benalla, le ministre de l'Intérieur s'est rapidement rangé derrière la responsabilité du cabinet de l'Élysée, informé dès le 2 mai de l'existence d'une vidéo.

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Affaire Benalla : Gérard Collomb se défend de tout manquement personnel Crédit Image : FRANCOIS GUILLOT / AFP | Crédit Média : Farid Addala / Assemblee Nationale / AFP | Date :
Clémence Bauduin
Clémence Bauduin
Journaliste

Ce lundi 23 juillet, cinq jours après les révélations du Monde sur l'ex-chargé de mission de l'Élysée qui s'est livré à des violences sur au moins deux manifestants lors du défilé du 1er mai à Paris, le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb est auditionné par un groupe de parlementaires à l'Assemblée nationale. 

Le ministre a lui-même rappelé l'objectif de son audition en arrivant, serein, dans la salle : "Faire la lumière sur les événements survenus à l'occasion de la manifestation du 1er mai". Introduit par la présidente de la commission, la députée Yaël Braun-Pivet, il a pris la parole pour 15 minutes avant d'être interrogé par les parlementaires.

"Je condamne avec la plus grande fermeté les actes de Monsieur Benalla, que ce soit pendant ou après le 1er mai, a commencé le ministre de l'Intérieur. Ils sont en tous points contraires à mes valeurs et à ce que je souhaite impulser au sein de mon ministère depuis ma prise de fonction : un ordre républicain fondé sur un respect absolu de la déontologie", a-t-il poursuivi.

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Le rappel des faits par le ministre lui-même

Gérard Collomb, très attendu dans cette affaire en tant que "premier flic de France", a livré sa version des faits en revenant sur la violence des événements du 1er mai à Paris. "Le 1er mai s'annonçait lui-même difficile et les opérations de maintien de l'ordre délicates", décrit le ministre pour amorcer ses justifications. 

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"Si les mots d'ordre des syndicats portaient sur des sujets revendicatifs, il était clair que pour un certain nombre de groupes, il s'agissait de casser, d'agresser des policiers dans un appel assumé à saper tout cadre légal. (...) Et effectivement, ce 1er mai allait être d'une violence extrême."

Dans le cortège se trouvaient notamment, selon Gérard Collomb, "1.200 black-blocs qui venaient de s'encagouler à l'entrée du pont d'Austerlitz avec la volonté d'en découdre". "Les groupes qui étaient intervenus boulevard de l'hôpital avaient appelé à poursuivre leurs exactions dans le quartier-latin. C'est là qu'allaient se produire les affrontements de la Contrescarpe auxquels allait participer Monsieur Benalla", dit-il.

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Le témoignage des victimes souhaité

Gérard Collomb commence par justifier la présence de certains membres extérieurs aux forces de l'ordre sur place. "Sur ce point, la position du ministère de l'Intérieur est claire : (...) certaines personnes peuvent être autorisées à assister aux opérations de maintien de l'ordre en qualité d'observateurs. C'est le cas d'un certain nombre de parlementaires, de magistrats, de journalistes ou de chercheurs", rappelle-t-il.

Toutefois, la difficulté point à cet instant : "Il ne saurait évidemment être question que quiconque puisse prendre une part active hors de tout cadre légal aux interventions de police. Or, sur les images qui ont été diffusées sur les réseaux sociaux, on voit monsieur Benalla se livrer à des violences contre un homme à terre et contre une jeune femme. Quel que soit le contexte - et je pense qu'il était violent - c'est inadmissible", lance-t-il.

Quel que soit le contexte - et je pense qu'il était violent - c'est inadmissible

Gérard Collomb, ministre de l'Intérieur
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Au sujet des deux personnes agressées, Gérard Collomb dit souhaiter obtenir leur témoignage. "Si j'en crois les informations délivrées par la presse, ces personnes qui avaient disparu se seraient manifestées et souhaiteraient être entendues. Elles peuvent l'être. Dans le cadre de l'instruction judiciaire, elles nous permettront peut-être de pouvoir préciser un certain nombre de choses", affirme-t-il.

Depuis quand Collomb était-il au courant ?

Gérard Collomb aborde ensuite la manière dont il a pris connaissance, "le 2 mai", rappelle-t-il, de l'existence de la vidéo enregistrée. Après avoir participé à la matinale de France 2, Les 4 Vérités, il préside une réunion d'État-major. "Nous avons fait le point sur l'action des services lors de la manifestation de la veille (...) mais personne, à ce moment-là, ne m'a avisé de l'existence de cette vidéo", assure-t-il.

En fin de matinée, il s'entretient dans son bureau "avec la DGSI et la DCPJ". Le ministre va ensuite déjeuner avec un membre de sa famille dans un restaurant situé rue de Lille, dans le VIIe arrondissement de la capitale. "À cette heure, je ne suis toujours pas informé de l'action de Monsieur Benalla", fait savoir Gérard Collomb. 

"Ce n'est qu'en rentrant, début d'après-midi, que lors d'un de nos points de situation quotidiens, mon directeur de cabinet et mon chef de cabinet m'informent de l'existence d'une vidéo montrant des faits de violence sur la place de la Contrescarpe, de l'implication de Monsieur Benalla dans ces faits et de la qualité de celui-ci."

La faute attribuée à l'Élysée ?

Rapidement, Gérard Collomb fait savoir au cours de l'audition qu'il se désintéresse du dossier en apprenant que la présidence de la République a elle-même été informée. "Ils (son directeur et son chef de cabinet, ndlr) m'indiquent s'être déjà entretenus et avoir informé le préfet de police et avoir porté cette information à la connaissance du cabinet du président de la République - ce qui est une démarche appropriée puisque c'est à l'autorité hiérarchique de prendre toutes les mesures qui s'imposent sur le plan administratif comme sur le plan judiciaire."

"Plus tard dans la soirée, mon directeur est prévenu que le cabinet de la présidence considère bien l'action de Monsieur Benalla comme inacceptable et qu'une sanction va être prise. Monsieur Benalla ne faisant pas partie des effectifs placés sous mon autorité, le cabinet du président de la République et la préfecture de police disposant de toutes les informations nécessaires pour agir, j'ai considéré que les faits signalés étaient pris en compte au niveau adapté et donc je ne me suis plus occupé de ce sujet", poursuit Gérard Collomb, manifestement, selon lui, hors de cause.

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