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"Les sols n'ont jamais été aussi secs début juillet" : la France va-t-elle vers une sécheresse historique ?

Le manque de précipitations et les températures élevées depuis plusieurs semaines fragilisent déjà une grande partie du territoire. Les spécialistes distinguent toutefois une dégradation rapide des sols et une situation encore plus contrastée pour les réserves d'eau souterraines.

Cette photographie aérienne montre le lit asséché du Doubs le 9 juillet 2026, à Villers-le-Lac, dans l'est de la France.

Crédit : SEBASTIEN BOZON / AFP

Jérémy Descours

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L'Hexagone suffoque à nouveau. Alors que la France traverse sa troisième vague de chaleur depuis le début de l'année 2026, la crainte d'une sécheresse historique refait surface. 

Les sols sont déjà à un niveau d'assèchement inédit pour un début juillet, tandis que les nappes phréatiques restent, à ce stade, moins préoccupantes qu'en 2022. Cette troisième vague de chaleur doit se poursuivre au moins jusqu'au 14 juillet, selon les prévisions.

Pour Simon Mittelberger, climatologue à Météo-France, les indicateurs sont déjà exceptionnels. "Aujourd'hui, dès le début du mois de juillet, on est déjà sur une situation qui est préoccupante (...) plus intense que celle qu'on avait observée en 2022 à la même période". À ce stade, l'expert confirme à RTL.fr qu'il s'agit bien d'une sécheresse historique des sols.

Des sols déjà à un niveau inédit

L'indicateur utilisé par Météo-France mesure l'humidité contenue dans les deux premiers mètres du sol, là où les plantes puisent leur eau. "En moyenne, sur la France, on est sur la situation la plus sèche qu'on ait rencontrée pour un début juillet. Donc plus sèche qu'on l'était début juillet 2022", poursuit le climatologue. 

La sécheresse touche désormais quasiment tout le territoire, avec une intensité particulièrement forte sur "un très large quart sud-ouest, voire centre-ouest". En cause, "un manque de précipitation assez important au mois de juin", explique Simon Mittelberger.

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"On n'a pas eu de passage orageux très significatif, comme on peut le connaître traditionnellement à cette saison". À cela s'ajoutent "des températures très élevées" dès la fin du mois de mai, avec des sols qui "se sont asséchés de manière très précoce" avant "une aggravation" tout au long du mois de juin.

Des nappes encore moins dégradées qu'en 2022

Le constat est plus nuancé du côté des réserves d'eau souterraines. David Ratheau, hydrogéologue au BRGM (établissement public français expert du sol et du sous-sol), estime qu'il est prématuré de parler d'une sécheresse historique. "Je ne pense pas qu'on va avoir une sécheresse historique", indique-t-il à RTL.fr. 

La raison tient à la recharge hivernale. Contrairement à 2022, les pluies de l'hiver ont permis de remplir correctement les nappes sur une grande partie du territoire. "On est parti d'une situation qui était plutôt satisfaisante (...) et, par rapport à 2022, on reste quand même dans des situations qui ne sont pas comparables". 

Quelques exceptions subsistent néanmoins, notamment le Limousin et une partie du Grand Est, où les nappes sont particulièrement sensibles au manque de pluie.

Deux sécheresses, deux rythmes

Les deux experts rappellent qu'il faut distinguer plusieurs formes de sécheresse. Celle des sols, qui affecte directement l'agriculture et la végétation, est aujourd'hui exceptionnelle. Celle qui concerne les rivières et les nappes phréatiques évolue plus lentement grâce à l'inertie des réserves souterraines. "Il y a un décalage entre ce qu'on peut ressentir parce qu'il fait chaud et la situation de la ressource en eau", résume David Ratheau pour RTL.fr.

Si les conditions actuelles persistent, les conséquences pourraient toutefois rapidement s'aggraver. "On va avoir des conséquences sur tous les secteurs qui ont besoin d'eau", prévient Simon Mittelberger.  Et un simple épisode orageux ne suffirait pas à inverser la tendance. "L'idéal, ça serait le retour de précipitations généralisées (...) et aussi forcément une baisse des températures", explique le climatologue. 

Même constat pour les nappes phréatiques : une pluie intense ne permettrait pas de les recharger immédiatement. Les sols, très secs et très chauds, absorberaient d'abord une grande partie de l'eau, tandis qu'une autre s'évaporerait avant d'atteindre les réserves souterraines.

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