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La Russie revendique à l'ONU une immense réserve d'hydrocarbures dans l'Arctique

S'appuyant sur plusieurs campagnes de recherche scientifique, Moscou a soumis une demande sur une zone d'1,2 million de kilomètres carrés, représentant près de 5 milliards de tonnes de ressources naturelles.

Un brise-glace russe dans les eaux de l'Océan Arctique (photo d'illustration)
Un brise-glace russe dans les eaux de l'Océan Arctique (photo d'illustration)
Crédit : ANDREY GOLOVANOV / AFP
La rédaction numérique de RTL & AFP

La Russie a officiellement soumis mardi aux Nations unies une revendication sur plus d'un million de kilomètres carrés dans l'Arctique, affirmant que des années de recherche scientifique démontrent son droit sur les vastes ressources naturelles situées au fond de l'océan Arctique. Dans sa demande déposée devant la Commission de l'ONU travaillant sur les limites du plateau continental, la Russie fait valoir qu'au vu des recherches scientifiques, elle devrait avoir la souveraineté sur 1,2 million de kilomètres carrés supplémentaires dans l'Arctique.

Un territoire de lutte géopolitique

L'ONU avait réclamé à Moscou en 2001, après une première requête des autorités russes, d'apporter davantage de preuves pour appuyer sa revendication. Cette demande comprend le pôle Nord et donnerait potentiellement à la Russie l'accès à des dépôts d'hydrocarbures d'un total de 4,9 milliards de tonnes, selon les estimations du gouvernement russe.Le droit de la mer en vigueur fixe actuellement la zone économique exclusive d'un pays à 200 milles marins (environ 370 km) de ses côtes, lui donnant la souveraineté dans cette zone pour en exploiter les ressources. Au-delà, les eaux sont considérées juridiquement comme étant internationales. La Russie, les États-Unis, le Canada, le Danemark et la Norvège se disputent ainsi depuis des dizaines d'années le contrôle des riches dépôts de l'Arctique.

Selon le gouvernement russe, les recherches des dernières années, avec notamment une expédition en octobre, démontrent toutefois que les limites du plateau continental russe dans l'Arctique s'étendent bien au-delà des 200 milles marins. La demande de Moscou comprend une partie de la dorsale de Lomonossov, également revendiquée par le Danemark et le Canada, ainsi que celle de Mendeleïev, considérée par la Russie comme étant partie intégrante du continent eurasiatique.

Des enjeux économiques et militaires

Depuis sa demande de 2001, la Russie a procédé à plusieurs expéditions scientifiques polaires d'envergure pour collecter des preuves devant appuyer ses revendications. En 2007, une expédition a effectué une plongée record dans les profondeurs de l'océan Arctique, plantant symboliquement à cette occasion un drapeau russe au fond des eaux polaires.

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Parallèlement, le président Vladimir Poutine a accentué l'attention portée à la question de l'Arctique, établissant une commission spéciale chargée de développer les projets économiques dans la région, tandis que les manœuvres militaires d'ampleur s'y sont multipliées. La doctrine militaire navale russe a également été modifiée en juillet pour mettre l'accent sur l'importance stratégique de l'Arctique, avec notamment le développement de la Flotte du Nord. Le ministère russe des Affaires étrangères a de son côté indiqué que la demande russe était une des "priorités" de sa diplomatie et qu'il attendait un examen de la requête à l'automne.

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