2 min de lecture Changement climatique

La Mer de glace a reculé de 2km depuis 1850

Plus grand glacier du Mont-Blanc, la Mer de glace est un symbole concret du réchauffement climatique.

La Mer de glace, le 8 juin 2015
La Mer de glace, le 8 juin 2015 Crédit : PHILIPPE DESMAZES / AFP
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et AFP

C'est un escalier qui vaut tous les discours sur le réchauffement climatique. Plus de 420 marches que les touristes descendent pour rejoindre la Mer de Glace, sur le Mont-Blanc, et qui attestent de la fonte éclair du plus grand glacier de France. Tous les ans, ils sont 350.000 touristes à venir visiter le lieu et en particulier la grotte de la Mer de glace creusée chaque année depuis 1946. Exploitant du site depuis 1971, Jean-Marie Claret assiste depuis quelques années à "un phénomène nouveau : les gens viennent là pour voir les effets du réchauffement".

Le nombre de marches ne fait qu'augmenter chaque année. "A une époque, on rajoutait 15 à 20 marches par an", raconte Jean-Marie Claret". Car au fur et à mesure de la descente vers le glacier, les dates se poursuivent. "Niveau du glacier en 1985, 1990, 2000 et 2010", ces inscriptions sont le témoignage concret que la fonte se poursuit.

Des touristes regardent vers la Grotte de la Mer de glace, le 8 juin 2015
Des touristes regardent vers la Grotte de la Mer de glace, le 8 juin 2015 Crédit : PHILIPPE DESMAZES / AFP

La fonte a commencé en 1983

Après une crue glacière dans les années 1950 à 1970, la fonte s'est réellement amorcée en 1983. Depuis cette date, le glacier voit sa masse diminuer chaque année, à de rares exceptions près. La Mer de Glace s'est amincie à son front de 4 à 5 mètres par an entre 2003 et 2012, selon une récente étude du laboratoire de glaciologie de Grenoble (LGGE) et du Laboratoire d'Etudes en Géophysique et Océanographie Spatiales (Legos) de Toulouse.

Au début du XIXe siècle, cet immense glacier descendait jusqu'au hameau des Bois, dans la vallée de Chamonix, d'où il est désormais impossible à voir. "Sur les trente dernières années, les températures estivales ont progressé de 1,5°C" sur le Mont-Blanc, souligne Christian Vincent, glaciologue au LGGE.

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Le front du glacier va reculer de 1,2 km d'ici à 2040

En 2008, un captage d'EDF (la société productrice d'électricité, qui produit de l'énergie avec l'eau du glacier) a été mis à l'air libre par la fonte des glaces. Et le front du glacier devrait encore reculer de 1,2 km d'ici à 2040, selon les estimations du LGGE, avec une marge d'erreur de plus ou moins 200 mètres.
"Il n'y aura alors plus de glacier en face de la gare du Montenvers", inaugurée en 1909, prédit Christian Vincent. Un mauvais présage pour la compagnie du Mont-Blanc : "Les gens veulent vraiment voir de la glace même si certains sont déçus ou affolés par rapport à ce qu'ils connaissaient il y a 30 ans".

La grotte de glace devrait être délocalisée et un grand centre d'étude du climat et des glaciers de 400 m2 devrait voir le jour près de la gare du Montenvers à l'horizon 2018-2019.

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