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Sécheresse en France (illustration).
Crédit : JEAN-PHILIPPE KSIAZEK / AFP
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C'était un mot que l'on ne pensait pas prononcer si tôt après l'hiver humide que la France a connu. Depuis mars, "des déficits pluviométriques importants" suscitent des inquiétudes, notamment pour les agriculteurs, face à des risques de sécheresse, explique l'hydrogéologue David Ratheau, dimanche 3 mai sur RTL. Localement, plusieurs préfectures instaurent d'ailleurs des mesures de restriction de l'usage de l'eau.
"Concernant les nappes, les niveaux actuels sont globalement satisfaisants à part dans le quart nord-est du territoire, où ils sont légèrement en dessous de la moyenne. Le problème actuellement, c'est la sécheresse météorologique : on parle d'un déficit pluviométrique qui entraîne des sécheresses des sols en surface. Tout le territoire est un petit peu concerné", affirme ce chef de projet au Bureau de Recherches Géologiques et Minières (BRGM).
"On est quand même plutôt optimiste pour ce qui concerne le sud-ouest, le sud et le sud-est du territoire", nuance-t-il. "Mais moins pour le quart Nord-Est, qui correspond à peu près aux nappes phréatiques en Lorraine. Il faudra être vigilant, comme dans les plaines de Limagne, du côté de Clermont-Ferrand".
En l'état, les quelques pluies et orages prévus en ce début de mois de mai ne vont pas automatiquement rétablir la situation, selon lui : "Il faut des quantités pluviométriques assez importantes à cette période de l'année, puisque effectivement la végétation a repris ses droits et a besoin d'eau pour pouvoir vivre", estime l'expert. "On espère qu'au mois de mai, ça va s'arranger un tout petit peu avec des perturbations qui arrivent et qui vont permettre au moins de ralentir un peu la sécheresse des sols", poursuit David Ratheau.
Actuellement, les nappes phréatiques "sont en phase de vidange naturelle". "Elles se rechargent plutôt en hiver avec des pluies abondantes et une végétation en dormance. Au cours du printemps et surtout en été, elles se vidangent puisqu'il y a moins d'entrées d'eau dans les réservoirs que ce qui sort dans les cours d'eau", rappelle-t-il.
Comment on peut s'adapter ? "Il faut déjà se faire à l'idée que, malheureusement, cette variabilité du climat est inscrite dans le dérèglement climatique. Ce dernier augmente effectivement le fait de passer d'un état à un autre très éloigné de manière rapide et sans prévenir. La disponibilité de l'eau va faire partie des gros sujets dans ce climat qui change car elle va impacter l'agriculture", jugeait samedi Jean-Marc Jancovici à notre micro. Reste à savoir si les sécheresses estivales seront plus importantes dans les mois à venir.
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