2 min de lecture Faits divers

Violences au TGI de Paris ; le policier mis en examen et libéré sous caution

Le policier qui a frappé un détenu dans le TGI de Paris a été mis en examen pour "violences" et libéré sous contrôle judiciaire, samedi 14 juillet.

Un policier agresse un détenu au tribunal de Paris (vidéosurveillance)
Un policier agresse un détenu au tribunal de Paris (vidéosurveillance) Crédit : Capture d'écran Youtube / "Là-bas si j'y suis"
Eleanor Douet
Eléanor Douet
et AFP

Le policier stagiaire filmé début juin en train de frapper un détenu dans l'enceinte du tribunal de grande instance de Paris a été mis en examen samedi 14 juillet pour "violences" et libéré sous contrôle judiciaire, a-t-on appris de source judiciaire.

Après 48 heures d'audition dans les locaux de l'inspection générale de la police nationale (IGPN), "la police des polices", il a été présenté samedi à un juge d'instruction dans le cadre de l'ouverture d'une information judiciaire pour "violences et faux par personne dépositaire de l'autorité publique".

Il a été mis en examen du chef de "violences" et placé sous le statut de témoin assisté, intermédiaire entre témoin et mis en examen, pour les faits présumés de "faux". Selon une source proche du dossier, les soupçons de "faux" concernent "le contenu d'un rapport d'incident" rédigé à la suite de cette scène musclée.

Le policier est en outre soumis à un contrôle judiciaire qui lui interdit d'exercer des fonctions au sein du tribunal et sur la voie publique, a précisé la source judiciaire.

Des coups violents

À lire aussi
Un manifestant brandit une pancarte "Stop Féminicides" à la marche contre les violences faites aux femmes samedi 23 novembre. faits divers
Féminicide : un octogénaire tue sa femme et se suicide à Grenoble

Ce gardien de la paix stagiaire a été suspendu jeudi à titre conservatoire par le ministre de l'Intérieur, et placé en garde à vue, quelques heures après la révélation de cette vidéo sur le site Là-bas.org, relayée ensuite sur les réseaux sociaux.

La vidéo, d'une durée de près de six minutes, montre un homme -qui devait être jugé en comparution immédiate pour vol- qui semble refuser de retourner dans sa cellule. Après environ 45 secondes de lutte au corps à corps, le gardien de la paix qui l'escorte l'immobilise au sol et le menotte.

Il le ramène violemment jusque dans sa cellule, avant de lui asséner des coups de pied alors qu'il est au sol et menotté, sous le regard de deux de ses collègues arrivés en renfort et qui éloignent ensuite le policier.

Le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb a condamné jeudi "avec la plus grande fermeté ce comportement inadmissible qui vient nuire à l'image de l'ensemble des forces de sécurité". Les faits se sont déroulés le 9 juin selon le site La-bas.org, ce qu'a confirmé une source proche de l'enquête.

Les violences policières en hausse de 6%

Dans la foulée de la diffusion des images, le parquet de Paris avait ouvert deux enquêtes confiées à l'IGPN : une première visant les violences et les soupçons de "faux", et une seconde pour "introduction frauduleuse dans un système automatisé de données", pour établir les conditions de l'extraction et de la transmission des images de vidéosurveillance.

Selon le site Là-bas.org, créé en 2015 après l'arrêt de Là-bas si j'y suis, célèbre émission engagée de Daniel Mermet diffusée sur France Inter entre 1989 et 2014, c'est un policier qui leur a remis la vidéo pour dénoncer ces agissements.

D'après le bilan de l'IGPN pour 2017 publié récemment, les enquêtes sur des violences volontaires imputées à des policiers ont augmenté de 6% par rapport à 2016.

Dans le cadre professionnel, ces violences relèvent pour 19% de faits commis dans les locaux de police, notamment lors du déroulement d'une garde à vue ou d'une rétention (10%). 

La rédaction vous recommande
Lire la suite
Faits divers Paris Violence
Restez informé
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants