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Une grenade ramassée ou jetée, une main arrachée, l'IGPN saisie : ce que l'on sait du lycéen de 15 ans grièvement blessé à Lens

Un lycéen a été grièvement blessé ce lundi 5 octobre par une grenade de désencerclement lancée par les forces de l'ordre. Sa main a été arrachée. L'enquête doit désormais établir les circonstances.

Le lycée Auguste Behar de Lens (illustration)

Crédit : Lycée Behar/Facebook)

Jérémy Billault & AFP & Franck Antson

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Un lycéen mutilé en marge d'une manifestation. Ce lundi 5 octobre, nouvelle journée de mobilisation des lycéens pour réclamer plus de moyen dans l'Éducation nationale, un jeune homme d'une quinzaine d'année a été grièvement blessé par une grenade lancée par les forces de l'ordre. Sa main a été arrachée par une grenade dans des circonstances qui restent à éclaircir. 

Le jeune homme a été blessé aux alentours du lycée Auguste Behal de Lens dans la matinée. Selon une source policière citée par l'Agence France-Presse, "l'accident s'est produit après que l'adolescent a ramassé une grenade". 

Il s'agissait d'une grenade de désencerclement lancée par des CRS, selon une autre source syndicale policière : le lycéen aurait voulu ramasser l'engin pour le relancer et il lui a explosé dans la main. Les autorités n'ont cependant pas donné d'informations sur les circonstances dans l'immédiat.

"Ses jours ne sont pas en danger"

Une adolescente témoin de la scène interrogée par nos confrères de France 3 racontent que l'adolescent "était en train de courir" quand "il l'a reçu l'objet dans la main". "D'un seul coup, ça a explosé, ajoute la jeune fille. Ils l'ont envoyée sur nous".

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C'est un fait "très grave" mais "les jours de ce lycéen, fort heureusement, ne sont pas en danger" et il a été transféré "très rapidement" dans un hôpital à Lille, a déclaré le préfet François-Xavier Lauch lors d'un point-presse à Lens.

À ses côtés, le procureur de Béthune, Etienne Thieffry, indique : "À l'heure où je vous parle, je ne suis pas en mesure de vous répondre si cet adolescent avait formellement récupéré une grenade qui a explosé dans sa main, ou si la grenade aurait atterri sur lui". 

L'IGPN saisie, une cellule psychologique ouverte au sein de l'établissement

Le procureur a ajouté avoir saisi l'Inspection générale de la police nationale (IGPN) pour "délit de violence ayant entraîné une mutilation, une infirmité permanente, afin que toute la lumière soit faite sur la chronologie et la relation des faits". Il s'agira de "déterminer la chronologie et les circonstances dans lesquelles les blessures sont survenues". L'association d'aide aux victimes France Victimes 62 va intervenir pour accompagner la victime et sa famille.

Le lycée professionnel Auguste-Béhal de Lens, où la victime était scolarisée, a annoncé sur Facebook son passage immédiat en cours à distance et l'ouverture d'une cellule d'écoute et de soutien. "Compte tenu des événements qui se sont déroulés ce matin et afin de garantir la sécurité de l'ensemble de la communauté scolaire, l'établissement passe en enseignement à distance à compter de maintenant", peut-on lire. L'association d'aide aux victimes France Victimes 62 est requise pour accompagner la victime et sa famille.

Cet événement survient alors que plusieurs syndicats et associations ont accusé le gouvernement de "réprimer" les mobilisations lycéennes avec une brutalité "disproportionnée", pour faire taire des revendications "légitimes". Cinq enquêtes de la police des polices sont en cours.

Marine Tondelier dénonce "une faute politique" du ministre de l'Intérieur

Le ministre de l'Éducation nationale, Édouard Geffray, a réagi après avoir rencontré des lycéens dans les Yvelines. Il déplore un incident  "humainement dramatique".

La patronne des Écologistes Marine Tondelier appelle à réformer la doctrine du maintien de l'ordre, considérant comme "une faute politique" le fait que "le ministre de l'Intérieur ne donne aucune consigne de retenue aux policiers".

"Que se passe-t-il dans ce pays ?", interroge Marine Tondelier dans un communiqué, alors qu'un jeune de 15 ans "a eu l'avant-bras arraché jusqu'au coude ce matin à Lens, devant son lycée, par une grenade de désencerclement", affirme-t-elle. Citant des élus de la ville de Lens, Marine Tondelier réfute par ailleurs le fait que la grenade a été ramassée par l'adolescent.

"Dans notre République, aucun jeune ne devrait risquer d'être blessé en marge d'une mobilisation, a déclaré le maire de Paris Emmanuel Grégoire. Dans ces moments de tension, notre responsabilité collective est de permettre le dialogue et l'apaisement, jamais l'escalade". 

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