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Le policier lynché à Belfort vendredi 2 octobre a auparavant été filmé en train d'interpeller un jeune homme dans une rivière.
Crédit : Capture d'écran X.
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Un adolescent de 17 ans se trouvait ce week-end en garde à vue après le lynchage d'un policier en marge des manifestations de lycéens à Belfort. Le policier, qui a reçu plusieurs coups, dont deux violents à la tête, avait été pris à partie par un groupe de jeunes alors qu'il venait d'interpeller l'un d'entre eux, identifié comme ayant participé à des dégradations au cours des derniers jours.
Des vidéos de l'incident ont été diffusées et ont notamment permis d'identifier plusieurs participants à ces violences envers le policier, explique Paul-Edouard Lallois, le procureur de la République de Belfort, lors d'une conférence de presse ce dimanche 4 octobre.
Tout a débuté vendredi lors de l'interpellation d'un adolescent de 17 ans, identifié par les forces de l'ordre comme ayant participé à des actions de dégradation au cours des derniers jours en marge du mouvement de manifestation des lycéens. L'adolescent, qui s'était éloigné d'un groupe d'environ 200 jeunes qui manifestaient aux abords du lycée Courbet, a été suivi par le policier jusqu'au bord de la rivière alors que la situation avait commencé à dégénérer, avec des tirs de mortier en direction des policiers.
La rivière où s'est rendu l'adolescent était un point "de repli des casseurs, où ces individus venaient s’approvisionner en projectiles destinés à être utilisés contre les forces de l’ordre", explique le procureur.
Le policier a alors interpellé l'adolescent au bord de la rivière, dont le niveau d'eau est assez bas selon le procureur, qui précise que le policier a expliqué être arrivé derrière le jeune homme et l'avoir "plaqué face contre l'eau et avoir commencé un menottage" avant de ramener l'adolescent sur la rive pour l'interpeller. En raison d'un problème de menottes, l'adolescent n'a été menotté qu'au niveau d'un seul poignet.
C'est alors que le policier a été pris à partie "par des individus hostiles", rapporte le procureur. Une première personne est arrivée "dans le dos du commandant de police" pour lui porter un coup de poing, le faisant tomber au sol. S'en sont alors ensuivis des coups visant le policier, qui a dit avoir "perdu brièvement connaissance". Le jeune initialement interpellé, qui s'est enfui après la chute du policier mais a par la suite été arrêté, a reconnu en garde à vue avoir porté "deux violents coups de pied à la tête" du policier.
Lors de son audition, l'adolescent a expliqué qu'il se trouvait au bord de la rivière "non pas pour se ravitailler en projectiles mais pour se laver les mains, au motif qu’il avait un oeuf qui s’était cassé dans sa poche". S'il a dit ne pas avoir participé aux tirs de mortier qui ont précédé son interpellation, il a admis avoir lancé des cailloux en direction des policiers. Il a également reconnu les coups portés au fonctionnaire de police : "Je ne sais pas si c’est à cause de l'adrénaline, je lui ai mis deux coups de pieds dans la tête", a-t-il dit lors de son audition, des propos rapportés par le procureur de la République.
Le procureur indique ce dimanche avoir ouvert une information judiciaire pour violences sur fonctionnaire de la police nationale, aggravées par au moins deux circonstances lors de manifestation sur la voie publique. "Compte tenu de l'extrême gravité des faits, mon parquet requiert le placement en détention provisoire" du jeune homme, annonce le procureur, qui précise qu'au moins trois mineurs ont jusqu'ici été interpellés dans cette affaire.
Le procureur annonce ne pas avoir ouvert d'enquête parallèle sur les conditions d'interpellation de l'adolescent, qui s'est brièvement retrouvé avec la tête plaquée dans l'eau par le policier. "Je ne pense pas qu’il essayait de me noyer, j’ai eu cette impression au départ parce que j’étais surpris", a déclaré le jeune homme en garde à vue.
Si le procureur assurait dans un premier temps qu'aucune plainte n'a été déposée par l'adolescent, l'avocat de ce dernier annonce cependant déposer plainte pour tentative de meurtre à l'encontre du policier. "Dès lors qu’un policier met la tête dans l’eau d’un mineur, il ne peut pas ne pas se douter qu’il y a un risque mortel", déclare maître Arié Halimi sur BFMTV.
Il précise que le ministre de l'Intérieur, Laurent Nunez, est lui aussi visé par la plainte, les circonstances de l'interpellation découlant selon lui "d'instructions de sévérité" données aux fonctionnaires de police dans le cadre des manifestations lycéennes des derniers jours.
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