3 min de lecture Faits divers

Tuerie du Musée juif de Bruxelles : Nemmouche entame le processus d'extradition vers la Belgique

Le Français Mehdi Nemmouche, tireur présumé lors de la tuerie du Musée juif de Bruxelles, ne devrait pas s'opposer à son extradition vers la Belgique.

Mehdi Nemmouche en 2009, après son arrestation pour un braquage d'une supérette à Strasbourg
Mehdi Nemmouche en 2009, après son arrestation pour un braquage d'une supérette à Strasbourg Crédit : Source judiciaire
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La rédaction numérique de RTL
et AFP

Le tireur présumé du musée juif de Bruxelles, le Français Mehdi Nemmouche, devrait entamer mardi 3 juin le processus d'extradition vers la Belgique pour y répondre de la tuerie du 24 mai dont il est soupçonné. Pour le ministre de l'Intérieur français Bernard Cazeneuve, cet homme de 29 ans, délinquant récidiviste qui se serait converti à l'islamisme radical en prison avant de rejoindre les rangs jihadistes en Syrie, est un "loup solitaire".

Difficile pour l'heure d'en avoir confirmation. En garde à vue à la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), Nemmouche invoque son droit au silence, a confirmé soir son avocat, Me Apolin Peziepep. Ce dernier a ajouté que cet homme originaire du quartier populaire de la Bourgogne à Tourcoing, à la frontière avec la Belgique, ne s'opposerait en principe pas à son extradition, ce qui devrait accélérer le processus.

Braqueur devenu combattant de l'islam, radicalisé en prison

Le mandat d'arrêt européen délivré samedi par la justice belge devrait être notifié à ce braqueur devenu combattant de l'islaminterpellé fortuitement vendredi à la gare routière Saint-Charles de Marseille quand les douaniers ont contrôlé un car en provenance d'Amsterdam via Bruxelles. "Voulait-il fuir vers l'Algérie? Voulait-il encore agir?", s'interrogeait toujours lundi un proche de l'enquête.

Dans ses bagages, une kalachnikov avec une crosse rétractable, comme celle utilisée le 24 mai, un revolver, de nombreuses munitions, et une vidéo dans laquelle une voix qui ressemble fort à la sienne évoque les crimes de Bruxelles qui ont fait trois morts et une quatrième victime dans un état désespéré. Les expertises balistiques seront menées par la justice belge, mais les enquêteurs n'ont guère de doute sur le fait que les armes retrouvées sont celles qui ont servi à Bruxelles.

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Qui est Nemmouche ? Un nouveau Mohamed Merah ? Les deux hommes partagent le même profil de délinquant, en rupture sociale. Mais à en croire ses proches et son ancienne avocate, Nemmouche ne semblait pas particulièrement porté sur la religion quand le tueur au scooter de Toulouse et Montauban baignait dans un environnement familial salafiste. Nemmouche semble s'être radicalisé lors de son ultime détention, s'illustrant alors par "un prosélytisme extrémiste", selon le procureur de la République de Paris François Molins.

Quand il sort, en décembre 2012, il est signalé comme s'étant radicalisé. Mais, trois semaines plus tard, il part via Bruxelles en Syrie, où il semble intégrer les rangs de l'Etat islamique d'Irak et du Levant (EIIL), dont l'emblème sera retrouvé sur un drap blanc dans ses effets saisis à Saint-Charles. Il reste plus d'un an en Syrie, avant de revenir via l'Asie en Europe. Repéré à Francfort, il est signalé aux Français le 18 mars par les autorités allemandes, mais rien ne montre jusqu'à présent qu'il ne soit repassé dans l'intervalle par la France. Un parcours de retour qui illustre aux yeux des gouvernements européens la nécessité de renforcer leur coopération face à un phénomène aussi massif qu'inédit.

Une tâche titanesque

Selon les estimations des services, ils sont entre 2 et 3.000 Européens à s'être rendus en Syrie, de France, du Royaume-Uni, du Danemark, de Norvège et de Belgique, ces trois dernières nations étant les plus concernées au prorata de leur population. En France, ils seraient environ 800 à être allés combattre, à être revenus ou à envisager d'aller en Syrie, selon des sources proches du dossier. La mort d'environ 25 d'entre eux a été officialisée. Dont, très récemment, selon une source proche du dossier, celle d'un trentenaire originaire du Béarn, qui avait le même profil de délinquant radicalisé que Nemmouche.

Les spécialistes du contre-terrorisme voient dans le retour de ces jihadistes, souvent aguerris au combat, le risque majeur d'attentats sur le sol européen et insistent sur la nécessité de faire le tri devant l'impossibilité de tous les surveiller.

La police française est convaincue d'avoir évité un attentat sur la Côte d'Azur en février quand ont été découverts deux engins explosifs artisanaux dans un immeuble de Mandelieu-La-Napoule où vivait un proche de l'un de ses anciens jihadistes. Un spécialiste de l'antiterrorisme assurait alors que deux autres projets avaient été déjoués sur le continent. Mais avec Nemmouche, leurs craintes semblent s'être finalement réalisées: un attentat commis par un jihadiste "vétéran".

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