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Togo : une juge estime "nécessaire" un procès de Vincent Bolloré

Une juge a estimé "nécessaire" un procès de Vincent Bolloré pour des faits de corruption au Togo.

Vincent Bolloré, le Français le plus puissant d'Afrique
Vincent Bolloré, le Français le plus puissant d'Afrique
Crédit : FRED TANNEAU / AFP
William Vuillez & AFP

Une juge du tribunal judiciaire de Paris a estimé "nécessaire", ce vendredi 26 février, un procès de l'homme d'affaires Vincent Bolloré pour des faits notamment de corruption au Togo. En revanche, la juge a validé une amende de 12 millions d'euros pour le groupe Bolloré, permettant ainsi la fin des poursuites contre la multinationale.

Vincent Bolloré, Gilles Alix, directeur général du groupe Bolloré, et Jean-Philippe Dorent, directeur international de l'agence Havas, filiale de Bolloré, avaient accepté une comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC), une sorte de "plaider-coupable" à la française, et le paiement d'une amende de 375.000 euros.

Mais lors de l'audience, la juge a refusé d'homologuer cette CRPC, estimant que les peines étaient "inadaptées au regard" de la gravité des faits reprochés et considérant qu'il était "nécessaire qu'ils soient jugés" par un tribunal correctionnel. Les faits ont "gravement porté atteinte à l'ordre public économique" et "à la souveraineté du Togo", a déclaré la juge.

Il appartient désormais à un magistrat d'ordonner ou non un procès pour messieurs Bolloré, Alix et Dorente.

Des faits commis entre 2009 et 2011

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En revanche, la juge a validé la convention judiciaire d'intérêt public (CJIP) visant le groupe Bolloré, qui prévoit une amende de 12 millions d'euros. La société s'est engagée à verser cette amende "au Trésor public sous dix jours", a précisé le Parquet national Financier dans un communiqué. Si les conditions sont remplies, la fin des poursuites sera définitive.

Lors de l'audience, la holding et messieurs Bolloré, Alix et Dorente ont reconnu avoir utilisé les activités de conseil politique de la filiale Havas afin de décrocher la gestion des ports de Lomé, au Togo, et de Conakry, en Guinée, via une autre de ses filiales, Bolloré Africa Logistics, anciennement appelée SDV.

Une information judiciaire avait été ouverte fin 2013 pour "corruption d'agent public étranger, abus de confiance et complicité d'abus de confiance" commis entre 2009 et 2011. La mise en examen des protagonistes pour une partie des infractions concernant la Guinée avait été annulée par la cour d'appel de Paris en juin 2019, pour cause de prescription.

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