2 min de lecture Justice

Tariq Ramadan : avant de le représenter, ses avocats ont été en contact avec des plaignantes

VU DANS LA PRESSE - Deux actuels conseils de Tariq Ramadan auraient été en contact auparavant avec deux de ses plaignantes dans le but d'assurer leur défense. C'est ce que révèlent des notes obtenues par le "Nouvel Obs". Les bâtonniers de Paris et Bobigny ont été saisis pour atteinte à la déontologie.

L'islamologue Tariq Ramadan, accusé de viols.
L'islamologue Tariq Ramadan, accusé de viols. Crédit : MEHDI FEDOUACH / AFP
Camille Descroix
Camille Descroix

Deux actuels avocats de Tariq Ramadan, désignés au début du mois de mai, auraient été en contact avec deux des plaignantes qui accusent de viol le prédicateur suisse. Les deux jeunes femmes dénoncent une atteinte à la déontologie et la justice a été saisie.

Avant de devenir les conseils de Ramadan, Me Ouadie Elhamamouchi et Me William Bourdon auraient proposé à deux plaignantes d'assurer leur défense après leurs plaintes pour viols contre l'islamologue suisse. Des notes, consultées par le Nouvel Obs, attestent de leurs échanges qui compromettent les règles de déontologie propres à la profession.

La première note date du 7 novembre 2017. Henda Ayari a déposé plainte pour viol contre Tariq Ramadan le 20 octobre de la même année. William Bourdon, ancien secrétaire général de la Fédération internationale des Droits de l’Homme et fondateur de l’association Sherpa, la reçoit dans son cabinet pour discuter de l'affaire. Ce dernier la rassure alors qu'elle s'inquiète des poursuites engagées par Tariq Ramadan, contre elle, pour dénonciation calomnieuse.

"Il s’agit d’un acte systématique de communication de toute personne publique mise en cause. Par ailleurs, au vu de la définition de ce délit, la plainte de M. Tariq Ramadan apparaît vouée à l’échec", lui écrit l'avocat. Ce dernier lui propose également ses services "pour l’aider dans ses démarches pour de futurs contrats d’éditions", rapporte le Nouvel Obs.

Saisis, les bâtonniers de Paris et de Bobigny doivent bientôt se prononcer

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Mounia Rabbouj, la 2e plaignante, qui avait déposé plainte contre Tariq Ramadan cinq mois après Henda Ayari, accuse Me Ouadie Elhamamouchi de l'avoir "harcelée" en novembre 2018. L'avocat de Seine-Saint-Denis, installé à Bobigny, qui voulait la représenter, est revenu plusieurs fois à la charge par téléphone, s'adressant à elle en arabe pour établir "un lien plus proche". La victime décidera finalement de choisir un autre défenseur.

Fait d'autant plus étrange, Me Ouadie Elhamamouchi représente le Comité contre l’Islamophobie en France (CCIF), une organisation réputée proche des Frères musulmans, qui avait notamment appelé à la libération de Tariq Ramadan, en février 2018.

Les bâtonniers de Paris et de Bobigny ont été saisis par les actuels avocats des deux plaignantes et devraient se prononcer rapidement. Les avocats mis en cause reconnaissent des prises de contact mais nient en bloc avoir parlé du fond du dossier avec les deux femmes.

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Justice Agression sexuelle Tariq Ramadan
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