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Suicide en direct sur Periscope : ce que l'on sait du drame

ÉCLAIRAGE - Une jeune femme a mis fin à ses jours en direct mardi 10 mai en se jetant sur les rails d'un train de banlieue, dans une vidéo diffusée sur l'application Periscope devant plus de 1.000 spectateurs.

Un RER (illustration).
Un RER (illustration).
Crédit : AFP
Benjamin Hue
Benjamin Hue

L'horreur en direct sur Periscope. Une nouvelle affaire braque les projecteurs sur l'application de diffusion de vidéo en direct sur mobile. Cette fois, les circonstances sont autrement plus dramatiques que l'interview improvisée par le défenseur du PSG Serge Aurier, qui avait insulté son entraîneur Laurent Blanc et plusieurs coéquipiers sans ciller, ou l'opération de communication ratée de François Hollande, moquée dans les commentaires des internautes.

Mercredi 11 mai, le parquet d'Evry a ouvert une enquête après le suicide d'une jeune femme qui a mis fin à ses jours en direct en se jetant sur les rails d'un train de banlieue, dans une vidéo diffusée sur l'application Periscope devant plus de 1.000 spectateurs. Outre la motivation de la jeune femme, ce drame soulève la question de la responsabilité de Periscope et de sa maison-mère, Twitter.

Quelles sont les circonstances du drame ?

La victime s'est jetée mardi après-midi sous un RER à la gare d'Egly, dans l'Essonne. Il était 16h29, selon un communiqué du parquet d'Evry. C'est un utilisateur de Periscope qui visionnait sa vidéo en direct qui a prévenu les gendarmes. "Nous avons été alertés vers 16H30 par un utilisateur de Periscope qui était connecté avec la victime et nous disait qu'elle n'allait pas bien", ont rapporté les gendarmes. La jeune femme s'était déjà suicidée quelques instants plus tôt. La ligne C du RER a été paralysée pendant plus de deux heures, le temps que les secours interviennent.

Quelles étaient les motivations de la jeune fille ?

La lumière doit encore être faite sur les motivations de la jeune femme. Au regard des premiers éléments de l'enquête, celle-ci, née en 1997, aurait évoqué dans sa vidéo "un viol et désigné un agresseur", a affirmé à l'AFP une source judiciaire, qui reste très prudente sur la réalité des faits allégués. France Info avançait également cette version dans un premier temps, avant de supprimer ce passage de son article. 

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Quelques heures avant son passage à l'acte, la jeune femme, "au profil psychologique fragile selon ses proches", a envoyé un SMS à un ami de son ex-compagnon dans lequel elle évoque "des violences et un viol" que celui-ci lui aurait fait subir, a déclaré mercredi à la presse le procureur d'Evry Eric Lallement, mercredi en fin de journée. "L'audition de cette personne est en cours", a-t-il précisé, ajoutant que l'enquête, confiée à la brigade de gendarmerie de Palaiseau, serait "réorientée" si les faits de violences et viol étaient avérés.

Que voit-on sur la vidéo ?

Au total, la jeune femme aurait enregistré cinq vidéos, dont deux tests, avant de passer à l'action. Toutes ont depuis été supprimées du flux de Periscope.  "Ce qui va se passer risque d'être très très choquant. S'il y a des gens qui sont mineurs, ne restez pas", avertit-elle dans une séquence, tout en rassurant: "non mais je ne vais pas me suicider, arrêtez-vous!" Ces vidéos "sont en cours d'exploitation", a dit Eric Lallement, à l'exception de la dernière, juste avant le passage à l'acte, qui sera remise aux enquêteurs "dans les prochaines heures".

Un extrait où elle se filme avant son suicide, republié par des internautes, était encore toutefois visible mercredi sur YouTube. Assise, elle se confie à la caméra, dit habiter à Arpajon, une commune située près d'Egly, et travailler à mi-temps dans une maison de retraite. Elle affirme que sa vidéo "n'est pas faite pour faire le buzz" mais "pour faire réagir les gens, ouvrir les esprits". Puis, elle est coupée par un écran noir pendant un long moment et l'on perçoit, difficilement audibles, les voix de secours venus récupérer le corps. La séquence s'achève avec des images d'un secouriste qui semble saisir le téléphone. 

Image de la vidéo de la jeune fille qui s'est suicidée sur Periscope
Image de la vidéo de la jeune fille qui s'est suicidée sur Periscope
Crédit : Capture d'écran
Image de la vidéo de la jeune fille qui s'est suicidée sur Periscope
Image de la vidéo de la jeune fille qui s'est suicidée sur Periscope
Image de la vidéo de la jeune fille qui s'est suicidée sur Periscope
Image de la vidéo de la jeune fille qui s'est suicidée sur Periscope
Image de la vidéo de la jeune fille qui s'est suicidée sur Periscope Crédits : Capture d'écran
Image de la vidéo de la jeune fille qui s'est suicidée sur Periscope Crédits : Capture d'écran
Image de la vidéo de la jeune fille qui s'est suicidée sur Periscope Crédits : Capture d'écran
Image de la vidéo de la jeune fille qui s'est suicidée sur Periscope Crédits : Capture d'écran
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La jeune femme n'indique pas clairement ce qu'elle s'apprête à faire. Les spectateurs ont découvert par la suite la réalité de son geste. Certains ont même alerté les services de police, en vain. Selon BuzzFeed"dans les premières vidéos diffusées le 10 mai vers midi et encore disponibles sur Periscope, elle évoque à demi-mot son suicide". Elle annonce un "fameux live" et des explications pour 16 heures. Elle prononce des phrases comme "c'est pas ma journée mais ça va être ma journée en quelque sorte".

Comment réagit Periscope (via Twitter) ?

Contacté par RTL.fr, Twitter, maison-mère de Persicope, refuse de commenter l'affaire pour des raisons de sécurité et de vie privée. Moins de douze mois après son lancement, ce drame met un coup d'arrêt à une période faste pour le service vidéo qui a séduit jusqu'ici plus de 10 millions d'utilisateurs dans le monde et cumulé plus de 200 millions de retransmissions en direct. Il pose la question de la responsabilité du service et de son propriétaire Twitter face aux agressions, aux actes de délinquance ou aux situations d'urgence qui se multiplient ces dernières semaines.

Periscope permet de diffuser gratuitement avec un smartphone un flux vidéo en direct. La vidéo reste accessible pendant 24 heures puis disparaît. Mais ni les images ni les commentaires en direct ne sont contrôlés au préalable par Twitter qui, comme les autres réseaux sociaux, fonctionne sur le système du signalement par les internautes de contenus jugés illégaux ou choquants. Ses équipes vérifient alors ces contenus, en fonction de la loi du pays et de ses propres critères et décident alors de mettre un avertissement ou de les retirer.

Twitter précise que la vidéo du suicide de la jeune femme n'est plus disponible sur Periscope mais n'exprime aucun regret à propos de l'absence d'un dispositif de signalement d'urgence qui aurait permis d'éviter le drame. La société renvoie vers ses outils actuels qui permettent aux utilisateurs de faire remonter des problèmes en écrivant à l'adresse safety@periscope.tv ou de signaler des menaces de suicide ou d'automutilation via un formulaire sur Twitter.

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