3 min de lecture Evry

Six ans de prison pour le policier "cow-boy" qui a tiré sur des voleurs de magrets

Qualifié d'homme "impulsif" et "enfermé dans sa vérité", l'homme a écopé de six ans de prison pour avoir tiré à sept reprises sur deux voleurs de nourriture.

Une cour d'assises
Une cour d'assises Crédit : LOIC VENANCE / AFP
Leia Hoarau
Leia Hoarau
et AFP

Un vol de magrets de canard, sept coups de feu... et six ans de prison. Un policier qui avait tiré sur des voleurs à l'étalage en fuite a été condamné, vendredi 8 février à Évry, pour tentative de meurtre.

Pour cet homme au comportement de "cow-boy", l'avocat général avait demandé à la cour d'assises de l'Essonne "une peine lourde, qui lui permettra de comprendre la gravité des faits". Car, après des années d'instruction et trois jours de procès, Gwenaël Leroux est toujours dans un "déni" qui le rend "dangereux", avait-il estimé, requérant huit ans de réclusion.

En 2011, alors âgé de 39 ans, il assiste hors service, à un vol à l'étalage dans un supermarché de Limours (Essonne). Deux voleurs ont chacun glissé sous leurs tee-shirts un sachet de magrets de canards et réussi à prendre la fuite en grimpant à l'arrière d'une fourgonnette qui les attendait sur le parking.

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Sept balles tirées sur les voleurs

Il décide de les pourchasser, au volant de sa voiture. Bras passé par la fenêtre, il tire à plusieurs reprises en direction des fuyards. Une balle traverse le bras du premier voleur, finit dans la cuisse du second. La fourgonnette s'arrête, l'un des voleurs en descend. "J'ai trois enfants, pourquoi tu nous tires dessus ?", implore le jeune homme. Le policier sort de sa voiture et en marchant dans leur direction, tire à nouveau à trois reprises

En dépit des mots des fuyards, de témoins et des expertises balistiques, tous concordants, Gwenaël Leroux a continué à soutenir une version "farfelue", selon l'avocat général et l'enquêteur de l'IGPN (police des polices) qui l'avait entendu : la fourgonnette aurait reculé soudainement sur sa voiture et, se sentant en danger, il a tiré sept fois de suite. Les trois hommes "ont failli mourir", insiste l'avocat général. Celui blessé au bras en a gardé des séquelles.

Un manque homme "imprévisible, impulsif"

Tout au long du procès, l'ancien policier, en brigade de nuit à l'époque et aujourd'hui ingénieur informatique, est apparu posé et sûr de sa vérité, avançant arguments improbables face aux preuves accablantes. "Est-ce qu'il y a un moment où vous estimez avoir été en tort ?", finit par lui demander la présidente. Il réfléchit longuement. "J'aurais pu rester simplement chez moi".

Comme plusieurs fois durant le procès, la cour échange des regards dépités. "Il n'a rien compris à cette histoire", résume l'avocat général. "Il n'écoute rien, il est renfermé dans sa vérité", déplore-t-il, rappelant les témoignages d'anciens collègues décrivant un homme "qui manque d'humilité, imprévisible, impulsif", "capable de débloquer, de commettre des actes hallucinants" comme pointer son arme sur un collègue pour mimer ce qui arriverait si quelqu'un au commissariat s'adressait à sa femme, ou "jouer les cow-boys" en prenant en chasse des automobilistes alors qu'il n'est pas en service.

Un policier à "l'enfance traumatique"

Dans sa plaidoirie, la défense a, elle, insisté sur "la responsabilité de la police". "Tout le monde explique qu'on a tout de suite su qu'il y avait un problème", mais personne n'a rien fait dit-elle, soulignant que l'accusé, "fantastique quand il est dans son élément", avait été "lâché à une vitesse sidérante" par sa hiérarchie. La salle d'audience est restée quasiment vide pendant le procès.

Les avocats de la défense ont aussi rappelé "l'enfance traumatique" du policier, entre un père violent et alcoolique et une mère peu aimante. L'avocat général, lui, dit avoir été "touché" par cet homme "qui ne s'est jamais aimé". Depuis sa chaise, Gwenaël Leroux tourne la tête vers lui. "Vous n'êtes pas un monstre, mais simplement un homme, avec des failles", continue l'avocat général, qui conclut ses réquisitions en citant Albert Camus : "Un homme, ça s'empêche".

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Six ans de prison pour le policier "cow-boy" qui a tiré sur des voleurs de magrets
Six ans de prison pour le policier "cow-boy" qui a tiré sur des voleurs de magrets
Qualifié d'homme "impulsif" et "enfermé dans sa vérité", l'homme a écopé de six ans de prison pour avoir tiré à sept reprises sur deux voleurs de nourriture.
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2019-02-09 03:23:00
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