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Ses proches n'ont jamais cru à un suicide : 47 ans après la mort de l'ancien ministre Robert Boulin, trois juges du pôle "cold cases" de Nanterre reprennent l'enquête

Près d'un demi-siècle après la mort de Robert Boulin, trois juges du pôle "cold cases" ont été désignés pour reprendre le dossier. Une étape décisive, selon l'avocat de la famille, qui réclame sur RTL que toute la lumière soit faite sur la mort de l'ancien ministre.

Robert Boulin, secrétaire d'État au Budget, le 1er septembre 1963

Crédit : ARCHIVES / AFP

Maître Didier Seban, avocat de la fille de Robert Boulin, est l'invité de Jérôme Florin

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Jérôme Florin & Jérémy Descours

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Plus de 45 ans après la mort de Robert Boulin, l'affaire connaît un nouveau développement judiciaire majeur. Trois juges d'instruction du pôle "cold cases" du tribunal judiciaire de Nanterre ont été désignés pour relancer les investigations sur la mort de l'ancien ministre du Travail de Valéry Giscard d'Estaing, retrouvé le 30 octobre 1979 dans un étang de la forêt de Rambouillet, dans les Yvelines.

À l'époque, la justice avait conclu à un suicide. Une version que la famille n'a jamais acceptée. Depuis des décennies, ses proches défendent la thèse d'un assassinat politique et réclament que l'enquête soit reprise en profondeur.

Invité de RTL Petit Matin ce mardi 30 juin, Me Didier Seban, avocat de Fabienne Boulin-Burgeat, la fille de Robert Boulin, voit dans cette désignation un véritable changement de dimension.

"Pour moi, c'est du sérieux", affirme-t-il. Selon lui, la nomination de trois magistrats spécialisés dans les crimes non élucidés et les affaires anciennes constitue "une étape essentielle". Le fait qu'un collège de juges soit saisi montre, à ses yeux, "l'importance qui est accordée à la résolution de cette affaire".

Une affaire relancée à plusieurs reprises

L'avocat rappelle toutefois que ce n'est pas la première tentative de relance. Dans les années 1980 déjà, la famille avait obtenu une nouvelle enquête, qui s'était soldée par un non-lieu en 1991. Mais cette fois, estime Me Didier Seban, le cadre est différent : le dossier est désormais confié à une structure spécialisée dans les affaires criminelles anciennes.

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Pour la famille Boulin, cette nouvelle étape intervient après un très long combat judiciaire. Fabienne Boulin-Burgeat, qui se bat depuis des années pour faire reconnaître les zones d'ombre du dossier, y voit elle aussi un espoir. En avril dernier, elle confiait à RTL attendre "la vérité" et croire qu'en remettant "tout à plat", des magistrats spécialisés pourraient enfin faire émerger ce qui s'est réellement passé.

"Scandales judiciaires" selon l'avocat de la famille Boulin

Me Didier Seban évoque une affaire marquée par de nombreux dysfonctionnements. Il parle de "scandales judiciaires" et cite notamment la destruction de scellés ou encore les conditions de l'autopsie. L'avocat affirme que la famille a découvert sur des photographies un visage "totalement tuméfié", ce qui nourrit depuis longtemps ses doutes sur la thèse du suicide. L'objectif, dit-il, reste inchangé : "savoir qui a tué Robert Boulin".

Car malgré les 47 ans écoulées, l'avocat assure que des pistes existent encore. Il affirme avoir reçu le témoignage d'un ancien membre du Service d'action civique, organisation dissoute en 1981, qui aurait évoqué des confidences et cité des noms. Ce témoignage, souligne-t-il, devra être vérifié par la justice.

Autre attente majeure : l'accès à des archives encore non déclassifiées. Me Didier Seban appelle les autorités françaises à ouvrir les documents des services secrets dans cette affaire. Il évoque aussi l'existence d'un rapport de la CIA qui n'a jamais été transmis à la famille.

Pour l'avocat, ces éléments pourraient permettre aux juges de reprendre le dossier dans son ensemble, de réexaminer les incohérences relevées depuis des années et, peut-être, d'identifier enfin les circonstances exactes de la mort de Robert Boulin.

Un enjeu qui dépasse la seule famille Boulin

Robert Boulin occupait une place importante dans la vie politique française à la fin des années 1970. Ministre influent, il était considéré comme une personnalité de premier plan. Pour Me Didier Seban, c'est aussi ce contexte politique qui explique pourquoi l'affaire continue de susciter autant d'interrogations.

Sans désigner formellement de responsable, l'avocat estime que Robert Boulin "connaissait des secrets de la Ve République" et que certains pouvaient avoir intérêt à le faire taire. Aujourd'hui, dit-il, l'enjeu dépasse la seule famille : il s'agit aussi, selon ses mots, d'un impératif "pour la République" et "pour l'histoire de notre société".

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