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Secte de l'Ordre du Temple Solaire : 74 morts... et pas de coupable

PODCAST - En 2006 s'ouvre le procès pour association de malfaiteurs de Michel Tabachnik, suspecté d'être "le troisième homme" de la secte de l'Ordre du Temple Solaire. Alain Vuarnet, dont la mère et le frère, ont péri dans ce qui est qualifié d'un "suicide collectif" lié à l'OTS, se remémore l'enquête et ses zones d'ombre : pour lui, il pourrait s'agir d'un assassinat.

Michel Tabachnik, "troisième homme" de la secte de l'Ordre du Temple Solaire, et son avocat Francis Szpiner à la cour d'appel de Grenoble le 24 octobre 2006.
Michel Tabachnik, "troisième homme" de la secte de l'Ordre du Temple Solaire, et son avocat Francis Szpiner à la cour d'appel de Grenoble le 24 octobre 2006.
Crédit : JEAN-PIERRE CLATOT / AFP
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Jean-Alphonse Richard & Marie Zafimehy

Le 23 décembre 1995, quand Alain Vuarnet apprend que sa mère Édith et son frère Patrick ont trouvé la mort avec quatorze autres personnes sur un plateau du Vercors, il n'a pas de doute. Il s'agit d'un suicide collectif liée à la secte de l'Ordre du Temple Solaire (OTS).

Un an auparavant, la famille Vuarnet - dont le père est l'ancien champion de ski Jean Vuarnet - avait découvert la double-vie d'Édith et Patrick à la suite d'un premier massacre de l'OTS en Suisse. Cette secte, fondée par le gourou Jo Di Mambro, repose sur la croyance suivante : le suicide permettrait l'accès de l'âme à une autre planète, c'est ce qu'il appelle "le transit". 

"Quand on organise la sépulture des nôtres à Morzine, on est dans la logique du suicide collectif. Et là se trouve quelque part, on va dire la bonne foi de la famille", raconte Alain Vuarnet dans Les Voix du Crime. Les enquêteurs et la justice française adhèrent aussi à cette thèse. Dans ce cadre, l'étau se resserre autour d'un seul homme : Michel Tabachnik renvoyé devant le tribunal correctionnel pour "associations de malfaiteurs".

L'enquête a prouvé qu'il était le troisième homme le plus important de la secte

Alain Vuarnet

Michel Tabachnik est un chef d'orchestre franco-suisse. "L'enquête a prouvé qu'il était le troisième homme le plus important de la secte, explique Alain Vuarnet. C'est lui qui avait écrit Les Archers, une littérature ésotérique qui a été enseignée à tous les membres de cette secte." En 2006, il comparaît seul : Jo Di Mambro et son bras-droit Luc Jouret sont décédés dans des précédents massacres.

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Le procès ne se déroule pas sereinement. "Au fur et à mesure du procès, on a l'impression d'être devenus des parasites", se souvient Alain Vuarnet qui fait partie des parties civiles. Celui qui se trouve à la tête de l'empire familial et au cœur de la tornade médiatique a eu accès au dossier et demande à de multiples reprises que la piste de l'assassinat soit explorée.

"On nous a débouté sur plein de demandes judiciaires en permanence", raconte-t-il. Les parties civiles ont notamment fait appel à un expert en incendie, le Professeur Gilbert Lavoué. Celui-ci conclut qu'un lance-flamme a pu être utilisé pour faire disparaître les corps, ce qui corrobore la thèse de l'assassinat et non du suicide. "Des propos de café du commerce" s'enquiert le Président de la cour. À ce moment-là, Alain Vuarnet sort de la salle en furie.

Le juge instructeur et ses experts judiciaires combattaient beaucoup plus les parties civiles que Michel Tabachnik

Alain Vuarnet

"Le lendemain, j'ai eu la possibilité de prendre la parole", explique-t-il. Il s'adresse au Président. "Je lui ai dit un peu tout ce que j'avais sur le cœur, j'ai été assez libre pour m'exprimer, il ne m'a pas interrompu et à la fin, il m'a dit 'oui, j'ai le sentiment que je vous ai blessé. Je vous prie d'accepter mes excuses personnelles et publiques'. C'était assez incroyable." S'en suit un autre moment "rarissime" : une minute de silence dans la cour d'audience. 

Michel Tabachnik est finalement relaxé par deux fois, en première instance puis en appel. Au désespoir d'Alain Vuarnet. "Pendant cinq ans d'instruction en tant que parties civiles, j'ai eu l'impression que le juge instructeur et ses experts judiciaires combattaient beaucoup plus les parties civiles que Michel Tabachnik", regrette-t-il aujourd'hui.

En 2007, Alain Vuarnet a publié un livre, Ma Rage de vivre (éditions du Rochers) dans lequel il raconte en détails cette période qu'il qualifie de "tunnel". Quinze ans plus tard, et plus de 25 ans après le drame, il affirme "être passé à autre chose". "Il faut quand même être un peu résilient dans la vie, il faut savoir laisser un petit peu les choses qui qui vous nuisent, et puis essayer de trouver la lumière et continuer à être heureux. C'est ce que j'ai fait", conclut-il.

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>> Les Voix du crime sont avocats ou avocates, enquêteurs ou enquêtrices, proches de victimes, de suspects ou de coupables. Ces témoins-clefs se confient au micro des journalistes de RTL. Des témoignages inédits, qui apportent un éclairage nouveau sur la justice et les grandes affaires criminelles d’aujourd’hui.

Deux fois par mois, l'une de ces Voix du crime nous raconte son point de vue sur une affaire criminelle. Un podcast RTL. 

Cet épisode des Voix du crime a été réalisé en partenariat avec Le Nouveau Détective

Le Nouveau Détective
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Crédit : Le Nouveau Détective
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