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Violences près d’un lycée de Saint-Denis : les gardes à vue de 54 jeunes prolongées

Des policiers ont été visés par des jets de projectiles et des poubelles ont été incendiées aux abords d'un lycée le 7 mars, suite à un appel lancé sur les réseaux sociaux.

Des lycéens affrontent des CRS lors d'une manifestation en soutien à Théo, le 23 février à Paris
Des lycéens affrontent des CRS lors d'une manifestation en soutien à Théo, le 23 février à Paris Crédit : GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP
François Quivoron
François Quivoron
et Eléanor Douet

Les gardes à vue de 54 jeunes ont été prolongées mercredi 8 mars, au lendemain de leurs interpellations pour des violences près d'un lycée de Saint-Denis qui ont suscité l'indignation dans la classe politique, a-t-on appris de source judiciaire. Cinquante-cinq jeunes, dont 44 mineurs, avaient été placés en garde à vue mardi pour "violences volontaires", "attroupement armé" et "incendie volontaire". Un mineur a été relâché, a précisé cette source. "Ce sont des actes gravissimes (...) qu'il faudra sanctionner fermement", a déclaré la ministre de l'Éducation, Najat Vallaud-Belkacem, sur BFMTV.

"Une digue semble avoir sauté (avec) l'introduction de la violence non plus seulement sur le parvis des établissements mais à l'intérieur des établissements", a-t-elle estimé, appelant à "poursuivre la sécurisation renforcée". Le premier syndicat des proviseurs, le SNPDEN-Unsa, s'est alarmé dans un communiqué de "graves dérives, dont le caractère chronique et l'escalade régulière (...) menacent les communautés éducatives d'un drame".

Pécresse demande à Le Roux la protection des lycées

La présidente de la région Île-de-France, Valérie Pécresse (LR), a condamné dans un communiqué des violences et dégradations "inacceptables". Rappelant que la région avait investi "près de 15 millions d'euros" pour la sécurisation des lycées, elle a "renouvelé" sa demande au ministre de l'Intérieur "de protéger les abords des lycées franciliens, qui depuis plusieurs semaines sont le théâtre d'incidents violents".

"Ce type d'événements ne surprend plus", ont affirmé Wallerand de Saint Just, président du groupe FN au conseil régional, et Jordan Bardella, conseiller régional et secrétaire de la fédération de Seine-Saint-Denis. "Certains territoires sont devenus de véritables parcs d'attraction pour des jeunes criminels toujours plus violents et sans limite", ont-ils dénoncé dans un communiqué.

L'affaire Théo en toile de fond

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Lors des violences de mardi, des "fumigènes" ont été lancés dans l'enceinte du lycée Suger, situé dans le quartier réputé difficile du Franc Moisin, a expliqué une source proche de l'enquête. L'établissement, évacué et fermé dans la foulée, a rouvert mercredi matin, a indiqué un professeur. Après l'évacuation du lycée, "80 à 100 jeunes" avaient pris la direction du centre-ville. Sur leur chemin, "ils ont caillassé des policiers, incendié des poubelles et détruit du mobilier urbain", selon une source policière. 
En toile de fond, "des reliquats de l'affaire Théo", selon les sources policières. "On a pu entendre quelques slogans du type ‘vengeance pour Théo’", a témoigné l'une d'entre elles. La semaine dernière, les accès à plusieurs lycées à Paris et en région parisienne ont été bloqués ou perturbés par des jeunes qui protestaient contre "les violences policières".

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