3 min de lecture Faits divers

Rouen : condamné à perpétuité pour un double meurtre et un viol

L'homme, qui affirme être Rwandais, se serait inventé de nombreuses identités au fil des années. On lui reproche le viol d'une jeune femme en 2015, ainsi qu'un double meurtre par strangulation de deux autres personnes.

Une cour d'assises (illustration)
Une cour d'assises (illustration) Crédit : PASCAL GUYOT / AFP
Leia Hoarau
Leia Hoarau
et AFP

Un homme, qui se dit Rwandais, a été condamné, vendredi 5 avril à Rouen, à la réclusion criminelle à perpétuité pour un double meurtre et un viol en 2015, alors qu'il aurait dû être expulsé un mois plus tôt.

Conformément aux réquisitions de l'avocat général, la cour d'assises de Seine-maritime a assorti cette peine de 22 ans de sûreté et d'une interdiction définitive de séjour en France. Ce "pervers mais certainement pas psychotique a tué deux personnes pour violer", résume l'avocat général Patrice Lemonnier dénonçant un "schéma de violence extraordinaire".

L'accusé, qui dit ne pas se souvenir des faits et s'en remettre à la justice, se présente devant la cour comme étant Jean-Claude Nsengumukiza, Rwandais né en Ouganda et âgé de 38 ans. Confondu par son ADN, il était jugé depuis lundi pour le meurtre par strangulation de Julien, 31 ans, et Élise, 24 ans, ainsi que pour le viol de la jeune femme dans la nuit du 19 au 20 décembre 2015.

"L'accusé est un menteur. Il habite dans le temple du mensonge. Pour le reste, son nom je ne le connais pas, sa date de naissance, connais pas", martèle M. Lemonnier. Le magistrat relève 14 alias, quatre pays de naissance, six dates de naissance différentes pour l'accusé déjà condamné pour viol en 2011.

Contrôlé, mais pas arrêté

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Le drame avait fait polémique car Jean-Claude Nsengumukiza avait bénéficié mi-novembre 2015 d'une remise de peine et était sorti de prison alors qu'il était expulsable. La ministre de la Justice d'alors, Christiane Taubira, avait ordonné une enquête administrative.

"Honte à l'État", a tonné un des avocats de la partie civile, Dominique Lemiegre, selon qui l'enquête administrative a relevé des "fautes lourdes de l'État". "Je suis écœuré qu'il ait bénéficié de 23 mois de remise de peine pour bonne conduite", ajoute-t-il annonçant des procédures à venir contre l'État.

L'avocate de la défense, Julia Massardier, affirme de son côté que son client n'avait pas demandé à sortir de prison. "Il aurait suffi qu'on le place en rétention pour que le drame ne se produise pas", a renchéri Yves Mahiu, autre avocat d'une des parties civiles, faisant allusion au fait que l'accusé avait été contrôlé le 2 décembre 2015, et avait simplement été convoqué ultérieurement devant la PAF.

Un ancien enfant soldat ?

L'histoire de l'accusé, déjà condamné en 2011 pour viol, demeure mystérieuse après cinq jours de procès. "Je ne sais pas ce qu'il a vécu au Rwanda (...) Il a utilisé une technique pour tuer. Peu de gens sont capables d'agir de la sorte à mains nues", note l'avocat général relevant la carrure "balaise" de l'accusé.

Me Lemiegre dénonce "un homme rusé, sans scrupule, qui n'hésite pas à instrumentaliser le génocide du Rwanda", 25 ans presque jour pour jour après le début du massacre. La famille d'Élise pleure. L'accusé écoute tête baissée, mains jointes devant la tête.

"Il a fui la mort dans un pays pour apporter la mort chez nous", plaide de son côté Me Mahiu, estimant "incurable" l'accusé. "Quelle part a-t-il pu prendre dans ce drame (le génocide rwandais, ndlr) ? Était-il un enfant soldat armé d'une machette pour aller massacrer l'ethnie rivale ?", a-t-il poursuivi.

Des troubles psychotiques

Pour la défense, "les peines définitives sont inhumaines" et l'accusé n'est "pas incurable". "Des troubles psychotiques ont été relevés chez lui en 2009", a argumenté Me Massardier. "Il a vécu le génocide", a-t-elle poursuivi.

D'après l'enquête, Jean-Claude Nsengumukiza avait rencontré les deux victimes à la sortie d'un établissement de nuit de Rouen. Prétextant vouloir aider à soutenir le jeune homme éméché, il a accompagné les deux amis jusqu'au studio de la jeune femme, où s'est produit le drame. 

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