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Une seringue (illustration).
Crédit : JUAN MABROMATA / AFP
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Une jeune femme de 25 ans a trouvé la mort dans un salon esthétique de Nice, lundi 27 juillet, où elle s'était rendue pour une injection clandestine de botox au niveau des fesses. Trois personnes, dont la femme qui a pratiqué l'injection et la gérante du salon, ont été mises en examen.
Le drame a eu lieu avant même que le botox ne soit inoculé : c'est à la suite d'une première injection de lidocaïne, un produit anesthésiant, que la victime a fait un malaise. Elle est morte sur place, en arrêt cardio-respiratoire.
Lors de la perquisition du salon, les enquêteurs ont trouvé 1.500 euros en liquide et "de nombreux produits neufs et usagés, notamment des médicaments, des seringues et des produits injectables manifestement en provenance d'Asie", selon un communiqué du procureur de Nice Damien Martinelli.
Rien n'a été fait dans les règles : la personne qui a pratiqué l'injection, âgée de 36 ans, n'avait aucune formation spécifique ni aucune autorisation pour cet acte médical. Selon les investigations, cela faisait déjà plus de quatre ans qu'elle travaillait ainsi de manière illégale, au bouche-à-oreille.
Installée en région parisienne, elle était en vacances dans le Var et avait été sollicitée par la gérante du salon niçois. Cette dernière, âgée de 28 ans, a ouvert le salon il y a deux ans et le louait à des intervenants extérieurs, le plus souvent contre des paiements en liquide. Après avoir pratiqué des injections, elle ne proposait elle-même que des soins du visage ou de blanchiment dentaire. Ce salon, par ailleurs, n'avait aucune existence administrative.
Les deux femmes ont été rapidement placées en garde à vue. Mardi, le mari de la seconde, qui avait emporté des produits juste après le drame, les a remis aux enquêteurs et a lui aussi été placé en garde à vue. À l'issue de celles-ci, une information judiciaire a été ouverte mercredi pour homicide involontaire, mise en danger d'autrui, exercice illégal de la profession de médecin ou encore pratique commerciale trompeuse. Les deux femmes ont été placées en détention provisoire et l'homme sous contrôle judiciaire.
L'affaire s'inscrit "dans un contexte de développement de ces activités illicites et dangereuses", a regretté Damien Martinelli. En juin, sa juridiction a connu deux affaires distinctes autour d'injections clandestines. Trois personnes ont été condamnées à 12 à 18 mois de prison avec sursis probatoire et une personne a été placée sous contrôle judiciaire en attente d'un procès.
Dans un communiqué, le Dr Eric Essayagh, médecin esthétique à Nice et coprésident du Cercle des bonnes pratiques en médecine esthétique, a dénoncé "une urgence de santé publique" : "Aujourd'hui, nous estimons que plus de 40% des injections esthétiques sont réalisées en dehors du cadre médical, dans des appartements, des instituts ou des lieux qui échappent à tout contrôle", a-t-il fait valoir.
En mars, une femme d'une quarantaine d'années est décédée après avoir reçu des injections de lidocaïne et d'acide hyaluronique dans les fesses dans un appartement à Villeurbanne, dans la banlieue lyonnaise.
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