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Rhône-Alpes : un septuagénaire poursuit en diffamation ses fils l'accusant d'inceste sur Facebook

Les deux fils avaient profité du #mettooincest pour dénoncer leur père dans un long texte publié sur Facebook.

Une salle d'audience d'un tribunal (illustration)
Une salle d'audience d'un tribunal (illustration)
Crédit : Thomas COEX / AFP
Thibault Nadal & AFP

C'est une affaire peu banale qu'a dû traiter le tribunal de Lyon ce mardi. Deux frères sont poursuivis pour "diffamation" par leur père qu'ils ont dénoncé en janvier dernier sur Facebook pour des agressions sexuelles incestueuses présumées durant l'enfance. Des accusations que rejettent totalement l'homme de 77 ans.

"Je réfute totalement ces faits car ils n’étaient pas possibles", a déclaré à la barre le plaignant, un ancien notable de la région de Chambéry, détaillant devant la Cour la configuration des chambres du domicile familial à l'époque. "Je ne peux pas subir à partir du moment où tout cela est public et quand le nom de mes parents est sali", a-t-il ajouté, en réclamant la condamnation de ses deux fils aujourd'hui âgés de 50 et 52 ans.

Le 22 janvier 2021, le fils cadet avait publié sur son compte Facebook un texte précédé du hashtag #mettooincest, en affirmant qu’il avait été victime de faits incestueux de la part de son père dans les années 1980. Il expliquait qu’il avait pu se libérer grâce au livre de Camille Kouchner, La familia grande, traitant dans sa famille d'agressions sexuelles présumées par un proche. 

Un contexte familial conflictuel

Le frère aîné avait ensuite posté un commentaire, accompagné du même hashtag, écrivant: "c’est mon frère", suivi d’un cœur, puis: "c’est mon père" avec l’émoticône de la tête de diable. "Est-ce que la justice médiatique, la justice d’Internet, doit décider de son sort ?", a interrogé à l'audience l'avocat du plaignant, Thomas Fourrey, reprochant aux enfants d’avoir utilisé les réseaux sociaux "pour régler ses comptes à la face du monde". 

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"Depuis 40 ans il porte ce fardeau, il avait besoin de lever un tabou", a rétorqué la défense du fils cadet. Ce dernier, après l’enclenchement de la procédure en diffamation, avait déposé plainte pour agression sexuelle mais le dossier avait été classé sans suite en raison de la prescription. 

Dans son audition, il avait détaillé les attouchements présumés qu’il aurait subis dans le lit parental, et les longues thérapies qu’il avait suivies pour sortir de son mal être. Son frère aîné avait pour sa part attesté de l’emprise du père dans un contexte familial conflictuel.

Le procureur de la République, Alain Grellet, a suggéré au tribunal de se montrer indulgent à l’égard d'enfants "en souffrance". "La bonne foi doit s’appliquer avec plus de tolérance pour les particuliers, par rapport aux professionnels de la presse", a dit le magistrat, ouvrant la voie à une relaxe.

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