3 min de lecture

INFO RTL - Ado tué à Villefranche-sur-Saône : un tir accidentel d'un camarade de 12 ans avec l'arme de son père comme scénario privilégié par les enquêteurs

Un rassemblement de soutien à la famille de Wissam, 13 ans, atteint mortellement d'une balle dans la gorge en début de semaine était organisé mardi 14 avril dans un gymnase du quartier Belleroche à Villefranche-sur-Saône. Pour le père de la victime, il s'agit d'un tir accidentel.

L'écusson de la Police nationale

Crédit : AFP

Thomas Prouteau & Bertrand Frachon & Gabriel Joly

Je m'abonne à la newsletter « Infos »

Un mineur et un adulte étaient toujours en garde à vue mardi 14 avril dans la soirée au lendemain de la mort de Wissam, un enfant de 13 ans tué par balles dans une épicerie de Villefranche-sur-Saône (Rhône), dans des circonstances qui restent floues. Lundi vers 13h15, cet adolescent inconnu de la justice a été retrouvé touché à la tête dans ce commerce du quartier populaire Belleroche, les secours ne parvenant pas à le réanimer. 

Au total, quatre mineurs, âgés de 12 à 16 ans, et un homme de 44 ans ont été interpellés. Si trois des jeunes ont ensuite été relâchés après avoir été entendus, le dernier est toujours en garde à vue, comme le gérant de l'épicerie quadragénaire, arrêté pour détention d'arme. Ce dernier est une connaissance de la famille de la victime et le père de l'un des mineurs auditionnés.

La procureure Laetitia Francart précise que les "circonstances des faits restent à déterminer". Même si la thèse de l'accident semble se préciser au vu des témoignages d'habitants du quartier, alors que l'arme n'a pas encore été retrouvée. C'est d'ailleurs la version que le fils du gérant de l'épicerie a livré lui-même aux enquêteurs, d'après des sources policières à RTL.

Le garçon de 12 ans exhibait, selon lui, l'arme de son père devant plusieurs copains dans un petit local attenant au commerce quand le coup est parti. Wissam, 13 ans, a été touché de plein fouet, mortellement blessé à la gorge. Une version corroborée par deux autres mineurs qui se sont présentés d'eux-mêmes à la police judiciaire, gardés à vue puis libérés. Le dernier adolescent, toujours entendu mardi soir, avait initialement donné une version différente, laissant croire à un règlement de comptes.

La possession d'une arme par le gérant était-elle légale, et surtout comment le pistolet a-t-il pu se retrouver dans les mains de son fils ? Cela reste à déterminer. Le mineur de 12 ans a été entendu pendant 24 heures, soit le maximum légal. On saura ce mercredi si c'est bien sa version qui est retenue par la justice.

"Mon fils, je ne le verrai plus"

En attendant de connaître les suites données par le juge des enfants. Ce mardi, une soixantaine de personnes - majoritairement des jeunes - se sont retrouvées dans un complexe sportif du quartier, où le rassemblement en mémoire de Wissam s'est déroulé à l'écart des médias.

Sur place, le père de la victime a tenu à livrer dignement son point de vue, micro coupé face aux journalistes. Pour lui aussi, il s'agit d'un tir accidentel : ce drame n'a rien à voir avec un quelconque trafic de drogue, d'ailleurs il n'y a pas de point de deal dans les alentours. Il explique que les adolescents étaient amis, qu'ils allaient à la piscine ensemble ou dormir les uns chez les autres. Le problème, c'est l'arme, qui n'avait rien à faire ici, martèle ce papa, le cheveu court et dans la force de l'âge.

Il ajoute que le tireur est traumatisé lui aussi et dit ne même pas lui en vouloir. Sa voix s'étrangle un peu quand il réalise : "Mon fils, je ne le verrai plus... J'attends avec impatience les résultats de l'enquête en faisant confiance à la justice pour que je puisse enterrer mon enfant et faire mon deuil".

Plusieurs professeurs du collège Maurice Utrillo, où était scolarisé Wissam en classe de quatrième, sont venus au rassemblement. Parmi eux, Céline, très émue, évoque un adolescent bon élève et sans histoire. "C'est dramatique, horrible. On ne peut pas imaginer ça. J'ai été bouleversée d'apprendre cette nouvelle", estime-t-elle. Sa professeure principale le décrit comme "sympa, ouvert d'esprit, content de réussir, sérieux, vraiment un très bon élève, souriant, toujours serviable, toujours poli". Elle a assuré au père qu'elle "garderait un très bon souvenir de son fils". "On pense fort à lui, à sa famille, à ses enfants".

La rédaction vous recommande

L’actualité par la rédaction de RTL dans votre boîte mail.

Grâce à votre compte RTL abonnez-vous à la newsletter RTL info pour suivre toute l'actualité au quotidien

S’abonner à la Newsletter RTL Info