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RATP : M. Chat remporte sa première victoire

Les poursuites contre l'artiste M. Chat ont été déclarées nulles

Une personne passe le 29 décembre 2007 à Orléans, devant un mur sur lequel est peint "M. Chat", un personnage créé par l'artiste Thomas Vuill. (archives)
Une personne passe le 29 décembre 2007 à Orléans, devant un mur sur lequel est peint "M. Chat", un personnage créé par l'artiste Thomas Vuill. (archives)
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La rédaction numérique de RTL
et AFP

Le graffeur franco-suisse M. Chat, alias Thoma Vuille, s'est retrouvé mercredi 29 octobre devant le tribunal correctionnel de Paris pour avoir dessiné ses fameux matous dans une station de métro. Finalement, les poursuites ont été déclarées nulles.

Ce procès "me terrifiait... Je suis un peintre, je peins et puis c'est tout", a déclaré l'artiste de 37 ans, qui essaime un peu partout ses félins jaunes au large sourire. Il était poursuivi pour des dessins remontant au mois de mai dernier à la station Châtelet les Halles, en plein coeur de la capitale. Or son avocate, Me Agnès Tricoire, a soulevé que sa convocation était entachée d'un problème de procédure, en vertu d'une disposition législative qui a été abrogée.

Thoma Vuille, a-t-elle expliqué, ne savait pas exactement quelle infraction lui était reprochée: une dégradation légère passible de 3.750 euros d'amende et de travaux d'intérêt général, ou une dégradation plus grave, punie au maximum de deux ans de prison et 30.000 euros d'amende.

Tout en concédant à l'audience une "irrégularité flagrante", la magistrate du parquet a estimé que le prévenu, "déjà poursuivi pour des infractions similaires", savait ce qui lui était reproché. Selon une source judiciaire, il a été condamné à des amendes de l'ordre de quelques centaines d'euros, dont une avec sursis, en 2007 à Orléans et en janvier à Paris.

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Mais le tribunal correctionnel de Paris a fait droit à l'argumentation de la défense, constaté la nullité de la procédure et renvoyé le parquet à mieux se pourvoir. Pour Me Tricoire, il s'agit d'un "désaveu" pour la RATP et l'accusation.

Pas des tags

Assurément chats de gouttière plutôt que chats d'intérieur, les matous de Thoma Vuille ne s'invitent pas n'importe où. Les usagers du métro peuvent les croiser sur des pans de mur qui attendent leur nouveau carrelage, ou des panneaux d'affichage publicitaire en friche.

Ainsi, son avocate considère qu'il n'y avait de toute façon "pas d'infraction": l'artiste "n'a rien dégradé, il a peint des chats sur des supports qui étaient destinés à être recouverts par la RATP et qui l'ont été progressivement par les travaux". Selon elle, la RATP ne s'apprêtait finalement à ne demander qu'un euro de dommages et intérêts.

Risquer d'être poursuivi ne fait-il pas partie du jeu dans le "street art" ? "De quel jeu ?", balaie Thoma Vuille d'un petit coup de patte, "mon grand-père était peintre en bâtiment, mon père est maçon. Peindre sur les murs c'est pas un délit dans ma famille". Il voulait "humaniser un lieu, un couloir de transit, qui est complètement gris, moche, c'est dégueulasse quoi", "j'ai juste mis de la couleur".

Peindre, c'est de famille

Le maire UMP d'Orléans, Serge Grouard, venu pour témoigner en faveur de l'artiste, se souvient que Thoma Vuille s'était fait attraper en 2004 dans sa ville avec un seau de peinture. La police l'avait fait descendre de son échelle, raconte l'élu, qui avait pris position contre "l'éradication" du chat dans sa ville.

En 2007, M. Chat était présent aux Beaux-Arts d'Orléans, c'était "noir de monde", raconte Grouard, rappelant qu'à l'époque, Thoma Vuille s'était "fait engueuler" car certains lui reprochaient d'être "récupéré par le pouvoir politique".

L'animal a "apporté le sourire, c'est quand même pas négligeable", estime l'élu, qui peste contre la "judiciarisation" de ce genre d'affaires. Pour le maire PS du XIIIe arrondissement de Paris, Jérôme Coumet, qui jugeait ce procès "tout simplement injuste", il ne s'agissait pas de tags et "la RATP n'a pas eu à nettoyer".

La RATP rappelait le mois dernier que la lutte contre les graffitis lui coûtait 20 millions d'euros par an et qu'elle avait mis en place une "procédure de signalement systématique" donnant lieu à une plainte, sans "appréciation de la qualité des dessins incriminés".

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2014-10-29 20:02:00
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