2 min de lecture Peine de mort

Qui est Patrick Henry, le meurtrier détenu depuis 40 ans ?

Patrick Henry devrait sortir de prison samedi 16 septembre pour raison médicale. Emprisonné pour le meurtre du petit Philippe Bertrand en 1977, il symbolise aussi la fin de la peine de mort en France.

Patrick Henry (à gauche), le meurtrier du petit Philippe Bertrand, est emmené par les policiers après son arrestation, le 18 février 1976
Patrick Henry (à gauche), le meurtrier du petit Philippe Bertrand, est emmené par les policiers après son arrestation, le 18 février 1976 Crédit : AFP
Océane Blanchard
Océane Blanchard

Emprisonné depuis 40 ans pour le meurtre du petit Philippe Bertrand, 7 ans, Patrick Henry a obtenu vendredi 15 septembre une suspension de peine pour raisons médicales. Atteint d'un cancer en stade terminal, il devrait pouvoir sortir de prison prochainement.

Patrick Henry a marqué l'histoire de France. D'abord pour la symbolique judiciaire : son cas est resté dans les annales pour avoir marqué l'arrêt de l'application de la peine de mort en France. Défendu par l'avocat Robert Badinter, ce procès représentera la lutte contre la peine létale, définitivement abolie en 1981.

"Vous ne le regretterai pas", avait-il dit à Robert Badinter lors de son procès, alors qu'il venait d'échapper à la guillotine. Le meurtrier du petit Philippe Bertrand avait alors été condamné à perpétuité.

Assassin et détenu modèle

Mais Patrick Henry, c'est aussi l'histoire d'un homme insaisissable. D'un tueur d'enfant, qui a enlevé en 1976 le petit Philippe Bertrand pour une rançon, avant de le tuer. Libéré dans un premier temps faute de preuve, il a clamé son innocence et déclaré aux médias que le véritable tueur "mérit(ait) la peine de mort", juste avant que la police ne finisse par trouver le corps de l'enfant sous son lit, dans sa chambre d'hôtel.

Emprisonné à vie, il est par la suite devenu "un détenu modèle" : il a décroché de nombreux diplômes, travaillé dans une imprimerie ou pour des ateliers d'informatique. Avant d'obtenir une liberté conditionnelle en 2001 : mais le détenu modèle a alors été arrêté avec plusieurs kilos de haschisch sur lui, ce qui lui a valu un retour en prison quelques mois plus tard.

"Le cancer est sa libération"

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Il n'en est depuis pas sorti, malgré de nombreuses demandes de liberté conditionnelles. Pourtant selon l'une de ses amies, sa première période de liberté avait été "un enfer" pour l'homme que tout le monde reconnaissait. "Il était beaucoup plus emprisonné qu'en prison" a-t-elle déclaré à Libération

Patrick Henry devrait sortir samedi 16 septembre, pour être suivi au quotidien médicalement. Son avocat, Maître Hugo Lévy, a précisé à Libération que "ce qui est éprouvant, c’est de comprendre que la perspective d’une mort prochaine provoque une sorte de joie chez Patrick Henry, parce que cela signifie qu’il pourrait enfin sortir. Le cancer est sa libération, c’est terrible".

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