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Procès Merah : le témoignage de Naoufal Ibn Ziaten, frère de la première victime

INVITÉ RTL - Naoufal Ibn Ziaten dénonce le manque de "dignité" d'Éric Dupond-Moretti, avocat d'Abdelkader Merah. Le frère de la première victime de Mohamed Merah avoue sa "peur" à quelques heures du verdict après cinq semaines de procès.

Naoufal Ibn Ziaten, frère d'Imad Ibn Ziaten, le 2 novembre 2017
Naoufal Ibn Ziaten, frère d'Imad Ibn Ziaten, le 2 novembre 2017
Crédit : Capture d'écran / RTL
Procès Merah : le témoignage de Naoufal Ibn Ziaten, frère de la première victime
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6 minutes pour trancher du 02 novembre 2017
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Yves Calvi & Claire Gaveau

Mentor religieux ayant téléguidé sept assassinats ou bouc-émissaire expiatoire des crimes de son frère ? Après cinq semaines d'un procès particulièrement intense, la cour d'assises de Paris doit rendre son verdict ce jeudi 2 novembre concernant le rôle joué par Abdelkader Merah et Fettah Malki dans les tueries perpétrées par son frère, Mohamed, à Toulouse et Montauban en mars 2012. 

Un jugement attendu mais aussi craint par les proches des victimes alors qu'Éric Dupond-Moretti, avocat d'Abdelkader Merah, a demandé l'acquittement. "J'ai confiance en la justice de mon pays mais je suis humain et j'ai peur. J'ai le stress qui monte", confie à RTL Naoufal Ibn Ziaten, frère d'Imad Ibn Ziaten, la toute première victime de Mohamed Merah.

Selon lui, le ténor du barreau a "oublié qu'il y avait des parties civiles, des victimes qui ont été touchées". "Il n'a pas respecté sa dignité. Je suis conscient que tout homme a droit à son avocat mais un avocat doit être humble et respectueux, c'est ça qui fait un bon avocat", explique-t-il avouant avoir été "touché" par ses propos.

Je n'avais pas le droit de lâcher le regard parce qu'Imad ne s'est pas mis à genoux

Naoufal Ibn Ziaten

Malgré la peine et l'émotion notables ces dernières semaines, Naoufal Ibn Ziaten continue le combat et refuse de céder face à Abdelkader Merah. "Tous les jours sur le banc, je n'ai fait que le regarder. On s'est fixé du regard pendant cinq minutes, parfois pendant trente minutes. On ne se lâchait pas du regard. C'était difficile car je me disais que je n'avais pas le droit de lâcher parce qu'Imad, lui, ne s'est pas mis à genoux", raconte-t-il.

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Un geste symbolique alors que son frère, selon lui, "n'a pas voulu mettre la France à genoux". "Je voulais montrer à Abdelkader Merah qu'on est plus forts que lui et que justement, ce n'est pas ça l'islam. On est des musulmans en face de toi, je suis un musulman et je ne suis pas comme toi", poursuit-il rejetant les nombreux amalgames. 

Dans l'attente d'une décision "ferme"

Dès lors, Abdelkader Merah espère une décision "ferme". "Je veux une décision à la hauteur de ces actes, je veux qu'il soit condamné pour ce qu'il a fait car aujourd'hui, c'est une affaire qui rentre dans l'histoire de la France. Il a touché nos soldats, il a touché nos enfants de la République. Il faut qu'on montre qu'on est plus fort qu'eux", détaille-t-il au micro de RTL. Le ministère public a requis lors de son réquisitoire la perpétuité pour Abdelkader Merah, assortie d'une peine de sûreté de 22 ans, et 20 ans de prison pour Fettah Malki.

Surtout que l'implication du frère de Mohamed Merah ne fait aucun doute selon lui. "On a pu démontrer qu'Abdelkader Merah était le mentor, le cerveau, le bras droit. C'était lui qui s'investissait dans chaque action menée, c'est lui qui lui a monté la tête, c'est lui qui l'a emmené dans cette branche de criminels."

Des excuses, des mots, de l'amour... C'est ce qui manquait au procès

Naoufal Ibn Ziaten

Alors qu'il voit ces cinq semaines de procès comme un "cauchemar qui continue, qui ne s'arrêtera pas", Naoufal Ibn Ziaten espère malgré tout la prise de parole d'Abdelkader Merah lors de ce dernier jour. "J'espère qu'il va parler, qu'il va dire ses dernières paroles et qu'on puisse vraiment savoir la vérité", lance-t-il. Et de conclure en souhaitant fortement : "Des excuses, des mots, de l'amour... C'est ce qui manquait au procès et on en a besoin". 

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