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Procès libyen en appel : Nicolas Sarkozy évoque sa "fureur et son indignation" après l'exploitation d'une clé USB concernant des flux financiers

L'ancien président est interrogé, ce mercredi 29 avril, sur les affirmations inédites de son ex-bras droit Claude Guéant qui concrétisent leur rupture dans l'affaire du financement libyen présumé de la campagne présidentielle de 2007.

Nicolas Sarkozy le 29 avril 2026

Crédit : AFP

La rédaction numérique de RTL

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Les 3 infos à retenir
  • Nicolas Sarkozy a maintenu lors de l'audience ce mercredi matin, que Claude Guéant n'a jamais évoqué avec lui son rendez-vous avec Abdallah Senoussi, le beau-frère de Khadafi. Il a aussi contredit son ex-bras droit en assurant que le sort judiciaire de Senoussi n'a pas été évoqué lors d'un dîner officiel à Tripoli en 2007 avec Khadafi. 
  • Claude Guéant, malade, a coupé les ponts avec Nicolas Sarkozy et prévient qu'il a encore des choses à dire si l'ex-président s'avisait de le mettre de nouveau en cause au procès libyen. 
  • Dans deux attestations versées aux débats devant la cour d'appel de Paris, Claude Guéant a riposté à ce que son avocat, Me Philippe Bouchez El Ghozi, a décrit comme des "insinuations" de Nicolas Sarkozy mettant en doute la probité de son ancien collaborateur. Un tournant majeur du procès en appel, selon plusieurs avocats.
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Nicolas sarkozy s'agace des questions de Me Vincent Brengarth

L'ancien président perd patience face aux questions de Me Vincent Brengarth. "On vous apporte la preuve que la moitié de l'argent des Libyens, ils l'ont récupéré via des rétrocommissions. Vous devriez plutôt crier Hosanna ! À moins que votre but soit de me détruire. (...) Et si j'étais pas corrompu, ce serait une bonne nouvelle pour vous qui luttez contre la corruption !". 

Après une nouvelle question de l'avocat Nicolas Sarkozy s'emporte : "Mais vous avez pris des substances hallucinatoires ou quoi !?". Le président de la Cour d'appel le reprend : "Il y a des limites". 

"ça me touche que Claude Guéant ne puisse pas être là", assure Nicolas Sarkozy

Me Vincent Brengarth, l’avocat de l’association Sherpa questionne Nicolas Sarkozy sur les deux attestations de Claude Guéant versées aux débats. "C'est la première fois qu'il y a un changement de position de M. Guéant. Pourquoi ce retranchement aujourd'hui ?"

"Je ne vois pas de brutalité dans ce changement de position. Dès 2018, Claude Guéant avait évoqué un entretien avec Bechir Saleh sur le statut juridique de Senoussi puis il évoque cette discussion avec un Libyen. Il n'y a pas de retranchement", remarque Nicolas Sarkozy. 

"Pour vous, ces attestations sont un non-événement dans ce procès ?", le relance l'avocat. Nicolas Sarkozy répète que ni lui ni Claude Guéant n’ont voulu intervenir en faveur d’Abdallah Senoussi et souligne que ces documents indiquent eux-mêmes qu’à aucun moment, ils n’ont laissé entendre qu’ils feraient quelque chose pour lui.

Nicolas Sarkozy insiste sur un point qu’il juge essentiel : selon lui, "il n’y a pas un centime libyen" dans sa campagne. Pour le reste, il relativise l’importance de certains détails : "Si je connaissais sa femme, s'il est venu déjeuner à la mairie de Neuilly ou pas je ne suis pas sûr que ce soit des éléments structurants de ma campagne de 2007. À titre personnel, ça me touche que Claude Guéant ne puisse pas être là, car son état de santé est fragile. Ça me touche qu'il souffre d'une situation où son honneur est mis en cause". 

"J'ai une colère intense" : Nicolas Sarkozy dénonce la révélation tardive d'éléments connus de l'enquête

Nicolas Sarkozy répond aux accusations de contradiction en expliquant avoir fait évoluer sa position au fil des investigations. "J'ai évolué sur le sujet au fur et à mesure des investigations et des éléments que je n'avais pas. Parce que maintenant on a des éléments, ce sont des rétrocommissions. C'est le scandale dans le scandale", explique-t-il. 

L'ancien président de la République dit éprouver une "colère intense" et se dit sidéré d’avoir appris seulement à ce stade de la procédure que la moitié de l’argent versé par les Libyens à Ziad Takieddine serait revenue à la famille Senoussi via des factures émises par le fils.

"Je suis estomaqué que ces documents ne sont portés à la connaissance de la cour qu'après plus de 10 ans d'instruction alors que les juges d'instruction et les enquêteurs en avait connaissance. J'en ai les bras et les jambes coupées et le cœur au bord des lèvres", confie-t-il. "Qu'aurait-on dit si c'était moi qui avais fait une chose pareille ?!", ajoute-t-il. 

"Je ne dis pas que M. Guéant ment, mais sa mémoire a pu évoluer", déclare Nicolas Sarkozy

Alerte

L'ancien président de la République contredit Claude Guéant et assure que le sort judiciaire du beau-frère de Kadhafi ne l'a jamais concerné. Même lors de son échange téléphonique avec Kadhafi le 23 mai 2007. "Une quinzaine de minutes c'est assez long au téléphone entre deux chefs d'État. À aucun moment, le compte-rendu ne fait état de la situation judiciaire de M. Senoussi". "Vous-même la cour avez cité une partie du compte-rendu", précise-t-il. 

Nicolas Sarkozy assure que le sort judiciaire de Senoussi n'a pas non plus été évoqué lors d'un dîner officiel à Tripoli en 2007, contrairement à ce qu'a assuré l'ancien secrétaire général de l'Elysée. 

"Je ne suis pas le porte-parole de Claude Guéant. Il s'est dévoué sans compter pour la fonction. Je ne peux pas parler à sa place. Je ne dis pas que M. Guéant ment, mais sa mémoire a pu évoluer", ajoute Nicolas Sarkozy. 

Nicolas Sakozy appelé à la barre pour répondre aux lettres de Claude Guéant

Le président de la cour appelle Nicolas Sarkozy à la barre pour lui poser quelques questions sur les deux lettres de Claude Guéant. Sur l’ancienneté de ses liens avec son proche conseiller avant 2002, il affirme avoir pu croiser Claude Guéant avant cette date. 

"Je peux vous dire que je ne me souviens pas du dîner qu'il évoque, il y a 45 ou 50 ans. Je confirme que la vraie discussion que nous ayons eue sur sa nomination, c'est 2002. Pas avant ma nomination par Jacques Chirac, mais après. Une discussion ou une proximité, c'est vraiment à partir de 2002", précise-t-il. 

"La dernière fois, vous avez semblé exclure d'avoir eu à travailler avec lui avant 2002 ?" Le relance le président de la cour. 

"Je ne me souviens pas avoir eu un déjeuner de travail avec M. Guéant. Pour être tout à fait précis, et pour que personne ne soit blessé, j'ai sans doute rencontré M. Guéant avant, mais nos rapports étaient si peu proches que je n'ai pas envisagé une collaboration avec lui avant que Jacques Chirac ne me nomme. Que nous nous soyons croisés sans doute, que nous nous soyons serré la main, sans doute, mais une confiance réciproque, c'est mai 2002", assure-t-il.

Reprise de l'audience lundi 4 mai

L'audience est suspendue pour la journée. Elle reprendra lundi 4 mai, à 13h30. C'est la fin de ce direct, merci de l'avoir suivi.

Brice Hortefeux "croit" Sarkozy, qu'il connaît depuis 50 ans

"Connaissant la nature de Claude Guéant, aurait-il pu inviter cette scène de juillet 2007 à Tripoli ?", demande le président.

"Inventer, non. Mais ce sont des souvenirs. J'ai lu ces lettres et je n'ai pas trouvé qu'il y avait d'éléments nouveaux incroyables et spectaculaires [...] Je respecte totalement les épreuves qu'il a traversées mais je connais M. Sarkozy depuis 50 ans, et je crois ce qu'il dit."

Brice Hortefeux interrogé par le président de la cour

Le président de la cour réinterroge maintenant Brice Hortefeux, à savoir si son directeur de cabinet lui "faisait tout remonter" lorsqu'il était ministre de l'Intérieur.

"Il ne me rendait pas compte de l'accessoire [...] Claude Guéant avait une autonomie plus forte compte tenu de son expérience et de sa personnalité". 

"Pensiez-vous qu'il fallait rendre compte de la rencontre Senoussi à Nicolas Sarkozy ?", questionne le président. "S'il en avait rendu compte, il me l'aurait dit."

"Il n'y a pas un centime de ma campagne", assure Nicolas Sarkozy

"Au regard de ces éléments pensez-vous que rien ne permet d'affirmer qu'il n'y a pas eu de rétrocommissions ?", questionne Tristan Gautier.

"Il faut vraiment que je garde mon calme, car mon indignation, ma fureur sont à leur comble. Que de souffrance, que d'humiliation alors que le tableau est implacable. C'est horrible qu'il ait fallu 10 ans pour trouver cela. 10 ans que l'on prétendait jusqu'au jugement que cet argent était allé dans ma campagne. C'est horrible", répond Nicolas Sarkozy.

"Il n'y a pas un centime de ma campagne", martèle-t-il.

Nicolas Sarkozy se dit "impressionné" du travail de ses avocats

L'ex-président salue le travail de ses avocats. "Je suis impressionné du travail de recherches qu'il a fallu faire pour trouver la vérité dans le maquis des comptes de Ziad Takieddine." 

"Il ne peut plus y avoir d'ambiguïté", assure Sarkozy

L'ex-femme de Takieddine a ainsi identifié plusieurs virements de son mari qui partent vers une société nommée "Globs". D'autres transactions sont intitulées "Libya", trois mouvements qui vont vers un certain Mohammed. 

Nicolas Sarkozy intervient : "Mohammed Senoussi, le fils Senoussi. Il ne peut plus y avoir d'ambiguïté ce n'est pas écrit 'secret financement Sarkozy' c'est écrit Mohammed et Libye."

"Près de 900.000 euros sont directement verses par Takieddine à la famille Senoussi. On cherchait des rétrocommissions, les voilà ! Il ne s'agit pas de ma campagne mais des yachts, avocats, médecins, logements de la famille Senoussi."

Des traces des flux financiers de l'argent libyen

Après une suspension d'audience, la défense de Sarkozy prend la parole. Me Tristan Gautier projette, sur un écran, un document Excel portant sur les flux financiers de l'argent libyen. 

Il s'agit d'une synthèse de l'ex-femme de Takieddine à partir des relevés bancaires qu'elle a retrouvés. Elle a retracé les dépenses de son ex-mari pour évaluer son patrimoine dans le cadre de sa procédure de divorce.

"Le problème n'est pas d'avoir rencontré Senoussi"

Au tour de Me Florence Bourg pour Brice Hortefeux. Elle revient sur les propos de Sarkozy, qui aurait serré la main à Senoussi s'il l'avait rencontré. "Froidement", précise l'intéressé. 

"Il aurait été difficile pour Brice Hortefeux de tourner les talons et de partir", poursuit l'avocate. "Le problème n'est pas d'avoir rencontré Senoussi, mais moi j'aurais dit à M. Takieddine de sortir, ça ne m'aurait pas gêné."

"Quelles consignes pourrais je donner à un collaborateur qui sait que rien ne peut être fait ?"

Interrogé à propos des attestations de Claude Guéant, Nicolas Sarkozy revient sur sa rencontre avec la femme de l'ancien bras droit. "On est sur des détails. Je n'avais pas de vie spéciale avec le couple Guéant", souffle l'ex-président.

Revenant sur le cœur des débats, Nicolas Sarkozy affirme que Claude Guéant savait que "rien ne pouvait être fait" concernant Abdallah Senoussi. "Quelles consignes pourrais je donner à un collaborateur qui sait que rien ne peut être fait ?"

Nicolas Sarkozy n'a pas "le même souvenir" que Claude Guéant

Me Philippe Bouchez El Ghozi revient sur les allégations de son client selon lesquelles Nicolas Sarkozy lui a demandé d'examiner le cas Senoussi lors d'un dîner avec Kadhafi à Tripoli en juillet 2007. Il précise que cette scène a été évoquée par Claude Guéant devant le tribunal en janvier. 

"Je n'ai pas le même souvenir que votre client [...] Je ne lui fais pas le reproche, c'est si loin", répond Nicolas Sarkozy.

"Moi j'ai présenté des faits incontestables. Et moi je n'ai jamais été interrogé là dessus. C'est la première fois que je m'explique sur le sujet. C'est pour cela que je n'ai pas réagi à l'audience mais la présidente ne m'a pas posé la question".

Au tour de l'avocat de Claude Guéant de questionner Nicolas Sarkozy

Le ministère n'a pas de questions sur les deux attestations. Vient le tour de l'avocat de Claude Guéant, Me Philippe Bouchez El Ghozi. 

"Auriez-vous eu le sentiment d'être piégé si Kadhafi vous avais présenté M. Senoussi en 2025 lors de votre visite ?" Nicolas Sarkozy répond assurément "oui". "Je n'aurais sans doute pas pu m'empêcher de lui serrer la main rapidement et froidement pour ne pas froisser la délégation", dit-il, précisant qu'il n'aurait "pas fait d'incident" en tant que ministre.

L'audience est suspendue

L'audience reprendra avec les questions du ministère public.

Nicolas sarkozy répond sur les comptes-rendus de Claude Guéant et de ses voyages en Libye

Me François de Cambiaire interroge Nicolas Sarkozy sur les comptes-rendus que Claude Guéant aurait pu lui faire à son retour de ses quatre voyages en Libye, notamment au sujet de la situation judiciaire d’Abdallah Senoussi. 

"Pourquoi voudriez vous un compte-rendu sur la situation judiciaire de M. Senoussi pour lequel je n'ai jamais demandé qu'on fasse quoi que ce soit, pour lequel il n'a rien été fait", lance-t-il. 

Il répète que rien n’a été tenté pour améliorer sa situation, qu’il n’existe donc pas de dossier en ce sens, et que ni Claude Guéant ni lui n’ont voulu agir, d’autant que, selon lui, rien ne pouvait être fait.

Nicolas Sarkozy répond À l'avocat de Transparency International

Aux questions de Me François de Cambiaire, pour Transparency International, Nicolas Sarkozy répète qu’il a déjà répondu sur les raisons pour lesquelles Claude Guéant ne lui aurait pas parlé de sa rencontre avec Abdallah Senoussi. 

"Je pense qu'il était gêné d'avoir été piégé, d'ailleurs, il ne dit pas qu'il m'en a rendu compte dans ces attestations", déclare-t-il. 

Lorsque l’avocat lui fait remarquer que l’ancien secrétaire général a écrit au contraire qu’il l’en avait bien informé, Nicolas Sarkozy se contente de hausser les épaules.

Nicolas sarkozy s'agace des questions de Me Vincent Brengarth

L'ancien président perd patience face aux questions de Me Vincent Brengarth. "On vous apporte la preuve que la moitié de l'argent des Libyens, ils l'ont récupéré via des rétrocommissions. Vous devriez plutôt crier Hosanna ! À moins que votre but soit de me détruire. (...) Et si j'étais pas corrompu, ce serait une bonne nouvelle pour vous qui luttez contre la corruption !". 

Après une nouvelle question de l'avocat Nicolas Sarkozy s'emporte : "Mais vous avez pris des substances hallucinatoires ou quoi !?". Le président de la Cour d'appel le reprend : "Il y a des limites". 

"ça me touche que Claude Guéant ne puisse pas être là", assure Nicolas Sarkozy

Me Vincent Brengarth, l’avocat de l’association Sherpa questionne Nicolas Sarkozy sur les deux attestations de Claude Guéant versées aux débats. "C'est la première fois qu'il y a un changement de position de M. Guéant. Pourquoi ce retranchement aujourd'hui ?"

"Je ne vois pas de brutalité dans ce changement de position. Dès 2018, Claude Guéant avait évoqué un entretien avec Bechir Saleh sur le statut juridique de Senoussi puis il évoque cette discussion avec un Libyen. Il n'y a pas de retranchement", remarque Nicolas Sarkozy. 

"Pour vous, ces attestations sont un non-événement dans ce procès ?", le relance l'avocat. Nicolas Sarkozy répète que ni lui ni Claude Guéant n’ont voulu intervenir en faveur d’Abdallah Senoussi et souligne que ces documents indiquent eux-mêmes qu’à aucun moment, ils n’ont laissé entendre qu’ils feraient quelque chose pour lui.

Nicolas Sarkozy insiste sur un point qu’il juge essentiel : selon lui, "il n’y a pas un centime libyen" dans sa campagne. Pour le reste, il relativise l’importance de certains détails : "Si je connaissais sa femme, s'il est venu déjeuner à la mairie de Neuilly ou pas je ne suis pas sûr que ce soit des éléments structurants de ma campagne de 2007. À titre personnel, ça me touche que Claude Guéant ne puisse pas être là, car son état de santé est fragile. Ça me touche qu'il souffre d'une situation où son honneur est mis en cause". 

La séance reprend avec des questions des parties civiles

Nicolas Sarkozy est de retour à barre pour répondre aux questions des parties civiles. Il est d'abord questionné par Me Vincent Ollivier pour les victimes du DC10 qui demande s'il confirme que Senoussi n'a jamais été interlocuteur. 

"Je n'ai jamais rencontré M. Senoussi, je n'ai jamais eu de contact avec lui", assure l'ancien président. Ce dernier, répondant à une question de l'avocat, "confesse" ne pas avoir lu le livre de Claude Guéant. 

La séance a été suspendue

Le président de la Cour d'appel a suspendu la séance qui doit reprendre à 13h30. 

"J'ai une colère intense" : Nicolas Sarkozy dénonce la révélation tardive d'éléments connus de l'enquête

Nicolas Sarkozy répond aux accusations de contradiction en expliquant avoir fait évoluer sa position au fil des investigations. "J'ai évolué sur le sujet au fur et à mesure des investigations et des éléments que je n'avais pas. Parce que maintenant on a des éléments, ce sont des rétrocommissions. C'est le scandale dans le scandale", explique-t-il. 

L'ancien président de la République dit éprouver une "colère intense" et se dit sidéré d’avoir appris seulement à ce stade de la procédure que la moitié de l’argent versé par les Libyens à Ziad Takieddine serait revenue à la famille Senoussi via des factures émises par le fils.

"Je suis estomaqué que ces documents ne sont portés à la connaissance de la cour qu'après plus de 10 ans d'instruction alors que les juges d'instruction et les enquêteurs en avait connaissance. J'en ai les bras et les jambes coupées et le cœur au bord des lèvres", confie-t-il. "Qu'aurait-on dit si c'était moi qui avais fait une chose pareille ?!", ajoute-t-il. 

Contrat Miksa : "Il n'y a pas un centime d'argent qui est allé dans ma campagne", assure Nicolas sarkozy

Nicolas Sarkozy s'agace lorsqu’est évoqué le contrat Miksa négocié à l’époque avec l’Arabie Saoudite, et rejette tout lien avec le financement de sa campagne. "Il n'y a pas un centime d'argent qui est allé dans ma campagne".

"À chaque fois qu'il y a une porte qui se ferme, je dois me justifier sur une autre. Maintenant, c'est le contrat Miksa qui n'a rien à voir avec le financement de ma campagne ni de près ni de loin. J'ai dit pour Claude Guéant et Brice Hortefeux que c'était une erreur d'avoir des relations avec Takieddine", assure-t-il. 

"Je me serai bien passé de tout ça. Je ne vais pas m'expliquer sur un contrat dont je me suis occupé trois fois dans la vie et qui n'a donné lieu à aucune rétrocommission", lance-t-il. 

Nicolas Sarkozy revient sur ses déclarations concernant les voyages de claude guéant en Libye

Questionné sur les quatre voyages de Claude Guéant en Libye mentionnés dans ces deux lettres, Nicolas Sarkozy reconnaît une erreur de mémoire. "C'est une erreur, je ne m'en souvenais plus. Il a raison. Ces voyages étaient autorisés notamment pour obtenir des contrats", répond-il.

"J'ai essayé de toujours être constant. Je ne pense pas que le mot contradictoire puisse être utilisé me concernant", estime Nicolas Sarkozy devant la Cour. "Le temps est passé. Il y a pu y avoir des oublis comme les 4 voyages de Claude Guéant. Il n'y a pas de contradictions, mais au contraire la volonté d'être le plus précis et le plus honnête possible", insiste-t-il. 

EN 2008 "Senoussi et Kadhafi sont le cadet de mes soucis", lance Nicolas Sarkozy

Interrogé sur le fait que Claude Guéant ne l’ait pas informé à l’époque, des démarches entreprises par Abdallah Senoussi pour faire évoluer sa situation judiciaire, Nicolas Sarkozy relativise. 

"À ce moment-là, on est en pleine crise financière, je suis président de la République et de l'UE donc Senoussi et Kadhafi sont le cadet de mes soucis. Je ne lui en ferai pas le reproche vu le contexte, la crise en 2008, c'est un non-événement", explique-t-il. 

Nicolas sArkozy maintient que Claude Guéant n'a jamais évoqué avec lui son rendez-vous avec Abdallah Senoussi

En octobre 2005, à son arrivée sous la tente de Mouammar Kadhafi, Nicolas Sarkozy dit ne pas savoir que Claude Guéant avait déjà rencontré Abdallah Senoussi. Dans l’avion, François de Bousquet de Florian l’aurait simplement mis en garde contre un éventuel piège. Sur place, Kadhafi lui montre des ruines en affirmant que "les terroristes, ce sont les Américains, pas mon beau-frère". "Il n'y avait pas une demande précise", assure l'ancien président. 

"Vous maintenez que M. Guéant ne vous a jamais parlé de son rendez-vous avec Abdallah Senoussi ?", le questionne le président de la Cour.  "Je le maintiens absolument", répond Nicolas Sarkozy. 

Nicolas sarkozy évoque les flux financiers entre Ziad Takieddine et la famille Senoussi

L'ancien président profite de ce nouvel interrogatoire pour évoquer les flux financiers exhumés en marge de l'audience par ses avocats entre Ziad Takieddine et la famille Senoussi. "La réalité c'est que Ziad Takieddine était en affaire avec Abdallah Senoussi", assure-t-il. 

"C'est à se taper la tête contre les murs" : Nicolas Sarkozy s'agace

Nicolas Sarkozy s’agace lorsqu’il est relancé sur les comptes-rendus que Claude Guéant dit lui avoir faits au sujet de la situation judiciaire d’Abdallah Senoussi. Il souligne que, dans ses deux attestations, son ancien conseiller reconnaît lui-même qu’"il n’y avait rien à faire". Dès lors, plaide-t-il, il n’y avait rien à lui rapporter. Il insiste aussi sur les "150 pages" du dossier judiciaire, dans lesquelles, selon lui, rien ne laisse apparaître le début d’une quelconque intervention.

"Je ne voulais que rien soit fait. Rien n'a été fait donc rendre compte de quoi !? Quel est le suivi puisque rien n'a été fait !?" lance-t-il. Emporté, il lance encore : "C’est à se taper la tête contre les murs", avant d'imaginer une conversation absurde entre lui et Claude Guéant. "On ne peut rien faire ! Mais je le sais mon vieux !?!". "Rendre compte de quoi ! De rien puisqu'il n'y a rien..", martèle-t-il, avant de se reprendre dans un bref "pardon". 

"Je ne dis pas que M. Guéant ment, mais sa mémoire a pu évoluer", déclare Nicolas Sarkozy

Alerte

L'ancien président de la République contredit Claude Guéant et assure que le sort judiciaire du beau-frère de Kadhafi ne l'a jamais concerné. Même lors de son échange téléphonique avec Kadhafi le 23 mai 2007. "Une quinzaine de minutes c'est assez long au téléphone entre deux chefs d'État. À aucun moment, le compte-rendu ne fait état de la situation judiciaire de M. Senoussi". "Vous-même la cour avez cité une partie du compte-rendu", précise-t-il. 

Nicolas Sarkozy assure que le sort judiciaire de Senoussi n'a pas non plus été évoqué lors d'un dîner officiel à Tripoli en 2007, contrairement à ce qu'a assuré l'ancien secrétaire général de l'Elysée. 

"Je ne suis pas le porte-parole de Claude Guéant. Il s'est dévoué sans compter pour la fonction. Je ne peux pas parler à sa place. Je ne dis pas que M. Guéant ment, mais sa mémoire a pu évoluer", ajoute Nicolas Sarkozy. 

Nicolas Sarkozy questionné sur le fameux diner de 2007

Claude Guéant affirme que Nicolas Sarkozy lui a demandé d'examiner la situation judiciaire du beau-frère de Kadhafi, Abdallah Senoussi. Le président de la cour relève que Claude Guéant avait déjà évoqué cette scène devant les services de police pendant l'enquête. "Qu'avez-vous à dire sur cet épisode qu'il relate ?", le questionne-t-il. 

"Je confirme d'abord ce qu'affirme M. Guéant : jamais ni lui ni moi n'avons jamais rien fait pour Senoussi, jamais ni lui ni moi n'avons jamais donné au sentiment aux Libyens que nous allons faire quelque chose pour Senoussi", affirme Nicolas Sarkozy. 

"Ça fait maintenant une dizaine d'années que je me bats contre ces accusations invraisemblables, et je suis d'accord avec mon ancien collaborateur : nous ne voulions ni ne pouvions rien faire", martèle-t-il. 

"Lorsque je fais campagne pour la présidentielle, je prends une position publique et ferme : pas de grâce pas d'amnistie. Cette voie a été fermée pour Senoussi courant 2006", ajoute-t-il. 

Nicolas Sakozy appelé à la barre pour répondre aux lettres de Claude Guéant

Le président de la cour appelle Nicolas Sarkozy à la barre pour lui poser quelques questions sur les deux lettres de Claude Guéant. Sur l’ancienneté de ses liens avec son proche conseiller avant 2002, il affirme avoir pu croiser Claude Guéant avant cette date. 

"Je peux vous dire que je ne me souviens pas du dîner qu'il évoque, il y a 45 ou 50 ans. Je confirme que la vraie discussion que nous ayons eue sur sa nomination, c'est 2002. Pas avant ma nomination par Jacques Chirac, mais après. Une discussion ou une proximité, c'est vraiment à partir de 2002", précise-t-il. 

"La dernière fois, vous avez semblé exclure d'avoir eu à travailler avec lui avant 2002 ?" Le relance le président de la cour. 

"Je ne me souviens pas avoir eu un déjeuner de travail avec M. Guéant. Pour être tout à fait précis, et pour que personne ne soit blessé, j'ai sans doute rencontré M. Guéant avant, mais nos rapports étaient si peu proches que je n'ai pas envisagé une collaboration avec lui avant que Jacques Chirac ne me nomme. Que nous nous soyons croisés sans doute, que nous nous soyons serré la main, sans doute, mais une confiance réciproque, c'est mai 2002", assure-t-il.

L'audience reprend ce matin avec la lecture des lettres de Claude Guéant

En ce début d'audience, le président de la Cour d'appel donne la lecture des deux lettres de Claude Guéant. Une première attestation a été versée au débat le 14 avril dernier et a provoqué un tournant dans le procès. L'ancien secrétaire général de l'Élysée a démenti point par point les accusations de Nicolas Sarkozy. Une seconde a été transmise dimanche dernier.

L'ancien président de la République est présent et écoute attentivement la lecture de ces lettres, un papier et un stylo à la main.

Claude Guéant "n'a pas digéré" les mises en cause de Nicolas Sarkozy

L'ancien secrétaire général de l'Élysée ne sera pas présent à l'audience pour des raisons de santé. Sur France Inter, son avocat, Me Philippe Bouchez El Ghozi, a indiqué que Claude Guéant est "encore extrêmement choqué" par les mises en cause de l'ancien président. 

Il "n'a pas digéré ce qui est véritablement plus qu'une trahison, un véritable coup de poing dans l'estomac", ajoute-t-il. 

Nicolas Sarkozy attendu à la barre aujourd'hui

Bienvenue dans ce direct consacré au procès en appel sur les soupçons de financement libyen de la campagne de Nicolas Sarkozy de 2007. L'ancien président revient à la barre aujourd'hui. Il doit répondre à deux attestations de Claude Guéant, son ancien bras droit, absent pour raisons de santé, mais désormais au cœur des débats. 

Mis en cause à distance par l’ex-président, qui a laissé entendre qu’il avait pu agir dans une logique d’enrichissement personnel, Claude Guéant a répliqué par écrit les 11 et 26 avril. Sans accuser directement Nicolas Sarkozy, il conteste sa version des faits et acte une rupture nette entre les deux hommes, jusque-là unis dans leur défense.

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