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EN DIRECT - Procès en appel de Nicolas Sarkozy : "C'est aussi une humiliation pour mon pays", estime l'ancien président après son séjour en prison

L'audience du procès en appel de Nicolas Sarkozy se poursuit ce jeudi 9 avril. Après deux jours d'interrogatoire, le débat reprend avec, notamment, les questions des avocats des parties civiles.

Nicolas Sarkozy arrive au palais de justice de Paris le 9 avril 2026 .

Crédit : Thomas SAMSON / AFP

La rédaction numérique de RTL

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Les informations à retenir
  • Le procès en appel du financement libyen de la campagne de 2007 de Nicolas Sarkozy se poursuit jeudi 9 avril. Après deux jours d'interrogatoire de l'ancien président, les parties civiles doivent aujourd'hui poser leurs questions. 
  • Condamné pour association de malfaiteurs en première instance, mais relaxé de trois des quatre infractions, Nicolas Sarkozy continue de clamer son innocence. Alors que des documents ont été évoqué mercredi concernant une discussion entre dignitaires libyens sur un financement de sa campagne en avril 2007, Nicolas Sarkozy a pointé du doigt une "haine" du clan Kadhafi face au rôle de la France dans l’intervention militaire de 2011. 
  • Qestionné par le président de la cour sur sa crédibilité, Nicolas Sarkozy estime avoir tenu "des propos cohérents" durant son interrogatoire, gage selon lui d'une certaine "crédibilité". Mardi, cette crédibilité avait été  questionnée par le président de la cour, qui avait remis en cause la version des faits de Nicolas Sarkozy. 
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L'audience reprend avec les questions de Me Vincent Brengarth

Reprise des débats.

Me Vincent Brengarth, pour l'association Sherpa (partie civile), annonce une dizaine de questions réparties par thèmes.

Il commence par des questions sur l'Arabie saoudite et les déplacements de Brice Hortefeux.

Nicolas Sarkozy : "23 ans ont passé... Vous me demandez si j'ai donné des indications à celui qui était alors mon ami... Je ne m’en souviens pas".  

"c'est aussi une humiliation pour son pays"

Sur une question sur ses propos après sa condamnation à la sortie de l'audience, Nicolas Sarkozy précise :


"Lorsque je sors de l'audience de première instance, est-ce que vous pouvez comprendre le choc de celui qui apprend qu'il a été condamné à cinq ans de prison et que, de surcroît, il y aura une application immédiate, alors que cela n'a fait l'objet d'aucun débat à l'audience ?

J'ai probablement utilisé le mot "haine" ; pour moi, il visait les kadhafistes, il visait l'officine Mediapart, qui me poursuit de cette haine depuis des années, et il visait aussi, je dois dire, une partie du réquisitoire du Parquet national financier, qui a tenu des propos peu juridiques et plus politiques...

S'il y en a un qui a le droit de contester une décision de justice, c'est celui qui la subit. Je crois avoir démontré tout au long de mon calvaire judiciaire que je respecte l'institution. J'ai essayé de répondre à ma manière ; parfois, j’ai dû m'adapter. Quand un ancien président de la République franchit les portes de la Santé, c'est aussi une humiliation pour son pays". 

"C’est un complot de basse comédie, de basse politique"

Me Vincent Ollivier le questionne maintenant sur la note de Moussa Koussa, que l'ancien président continue de désigner comme un faux, malgré des décisions de justice la concernant.

Nicolas Sarkozy : "C’est un complot de basse comédie, de basse politique. Et s'il y a bien quelqu'un qui a le droit de le dire, c'est celui qui est mis en cause". 

"Je n'aurais pas accepté que des otages français restent en Iran pendant des années"

Me Vincent Ollivier interroge Nicolas Sarkozy sur la libération des infirmières bulgares.

Nicolas Sarkozy : "Je n'aime pas le mot cynisme, je suis le contraire du cynisme". 

Il ajoute, en référence à l'actualité : "Je n'aurais pas accepté que des otages français restent en Iran pendant des années".

"Je n'ai aucune compétence sur le sort judiciaire de M. Senoussi"

Me Vincent Ollivier l'interroge à nouveau sur sa version selon laquelle Claude Guéant ne l'aurait pas informé de sa rencontre avec Abdallah Senoussi, numéro deux du régime libyen et condamné en France pour terrorisme.

Nicolas Sarkozy s'agace : "Je suis ministre de l'Intérieur, je n'ai aucune compétence sur le sort judiciaire de M. Senoussi. Je n'ai rien de plus à dire. J'ai déjà répondu plusieurs fois". 

L'ancien chef d'État poursuit : "J'ai maîtrisé ma réponse..." Il se reprend aussitôt : "Pardon, je veux dire : c'est vraiment ce qui s'est passé !"

"On a vu que même avec un casque, on vous reconnaît"

Me Vincent Ollivier l'interroge maintenant sur un éventuel agenda secret entre 2005 et 2007.

Nicolas Sarkozy assure : "Tous mes faits et gestes étaient scrutés déjà à cette époque-là.

L''agenda caché', c'est une expression que vous pouvez garder pour certains de mes successeurs. Mais pour moi, ça n'était pas possible.

Et on a vu que même avec un casque, on vous reconnaît". 

"Sa crédibilité est faible"

Me Vincent Ollivier évoque la volte-face de M. Ziad Takieddine, dans une affaire dans laquelle Nicolas Sarkozy est notamment mis en examen pour recel de subornation de témoin.

Nicolas Sarkozy relève : "Vous avez employé une formule que je partage : 'énième revirement de M. Takieddine'. Vous avez raison, je suis d'accord. M. Takieddine, c'est un tout, et ce tout montre que sa crédibilité est faible.

Quand c'est Mediapart qui reçoit M. Takieddine, qui enregistre l'entretien mais refuse de tout donner à la justice, là c’est du travail d'enquête journalistique. Mais quand c'est M. Gattegno qui l'interviewe, alors là, c'est une manipulation. Je n'ai jamais échangé avec M. Gattegno à ce sujet.

Je n'irai pas plus loin sur une procédure qui est parallèlement en cours". 

"Les droits de l'homme ne s'appliquent pas qu'aux Français"

Me Vincent Ollivier a rappelé qu'habituellement, le président de la République se mobilise sur le sort des personnes ayant, a priori, un lien avec la France, tout en soulignant qu'il était tout à l'honneur de Nicolas Sarkozy de s'être soucié du sort des infirmières bulgares.

Réponse immédiate de Nicolas Sarkozy : "Il me semble qu'il y a certaines prises de position actuellement sur Gaza... Il y a même un avocat de partie civile (faisant référence à Me Vincent Brengarth, avocat notamment de Rima Hassan) qui s'occupe du sort des Palestiniens. Les droits de l'homme ne s'appliquent pas qu'aux Français".

Pour rappel,  Me Vincent Brengarth est présent au procès libyen pour l'association Sherpa, une organisation à but non lucratif dont l'objet est de protéger et défendre les populations victimes de crimes économiques. 

L'audience reprend

Reprise des débats avec les questions des avocats des parties civiles à l'ancien chef d'État.

Me Vincent Ollivier, qui représente des familles de victimes du DC 10, a indiqué qu'il était question des notes de M. Takieddine, notamment "sur l'osmose inverse... Usine qui permet de réduire les coups de manière drastique dans le processus de dessalement de l'eau de mer".

Nicolas Sarkozy : "Ça n'a jamais fait l'objet de la moindre demande des Libyens. Vous vous étonnez donc que je ne sois pas au courant. Je ne suis pas omniscient et je suis navré de vous décevoir si c'est l'image que vous aviez de moi".

des accusations montées de toutes pièces selon nicolas sarkozy

Interrogé sur ses rapports avec Khadafi, qu'il a décrit devant la cour comme "tendus", Nicolas Sarkozy a réaffirmé que les accusations étaient montées de toutes pièces par le clan Kadhafi. Il a pointé du doigt une a pointé du doigt une "haine" du du clan Kadhafi face au rôle de la France dans l’intervention militaire de 2011.

Troisième jour d'interrogatoire pour nicolas sarkozy

Bonjour à tous et bienvenue dans ce direct dédié au procès en appel du financement libyen de la campagne de 2007 de Nicolas Sarkozy. Après deux jours d'interrogatoire, l'audience se poursuit ce jeudi à la cour d'appel de Paris. Les parties civiles doivent notamment poser leurs questions.

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