2 min de lecture Justice

Procès du Cuba Libre à Rouen : les survivants de l'incendie racontent l'horreur

Les trois jeunes survivants de l'incendie du bar où 14 personnes ont péri en 2016 ont témoigné mercredi 11 septembre devant le tribunal correctionnel de Rouen.

La façade du Cuba Libre où 14 personnes sont décédées le 6 août 2016.
La façade du Cuba Libre où 14 personnes sont décédées le 6 août 2016. Crédit : Frédéric Veille
Léa Stassinet
Léa Stassinet
et AFP

"Aujourd'hui encore c'est difficile de parler. On fait avec. J'en rêve la nuit. J'ai encore des séquelles, des cicatrices. J'ai complètement perdu mon insouciance". Gauthier avait 20 ans lorsqu'il a échappé à la mort, en 2016, lors de l'incendie du bar rouennais Cuba Libre. Il a témoigné ce mercredi 11 septembre devant le tribunal correctionnel de Rouen, où sont jugés les propriétaires de l'établissement

"J'ai aperçu le feu dans la cage d'escalier. Il était trop tard pour l'éteindre. Plusieurs personnes dont moi se sont précipitées vers la porte de l'issue de secours pour l'ouvrir mais ça n'a pas ouvert", a expliqué celui qui a perdu sa cousine dans l'incendie responsable de la mort de 14 personnes. 

Les victimes fêtaient les 20 ans d'Ophélie dans le sous-sol de 24,4 m2 de ce bar aménagé sans autorisation en boîte de nuit et dont la porte de secours était fermée, lorsque deux bougies du gâteau d'anniversaire, des fontaines à étincelles, ont enflammé le plafond de l'escalier. "J'ai essayé d'éteindre le feu avec ma chemise (...) mais c'était impossible, déjà, la moitié de l'escalier était en feu. Tout le monde courait à l'intérieur, en bas, c'était la panique", a poursuivi le jeune homme.  

Si la porte de secours avait été ouverte je pense que personne ne serait mort

Yannis, un rescapé
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Arrivé vers 23h30, Yannis, encore 18 ans ce jour-là, voit une demi-heure plus tard les bougies d'anniversaire enflammer la mousse "en moins de 30 secondes". "Tout a pris feu, d'énormes flammes. Je suis resté tétanisé (...) J'ai vu la première personne passer (Gauthier, ndlr). (Il s'est dit) 'Si lui le fait je peux le faire'. Mes jambes ont bougé toutes seules je suis remonté, avec l'instinct de survie", raconte-t-il à la barre. 

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Brûlé au 2è degré, le jeune homme parle de ses cauchemars mais affirme qu'aujourd'hui, il n'a "pas de séquelles physiques". "Si la porte de secours avait été ouverte je pense que personne ne serait mort", dit-il. "Tu as cru mourir?", lui demande un des avocats. Réponse : "Bien sûr. Les pompiers m'ont dit 'T'es un miraculé'". Il finit en pleurs, comme plusieurs parties civiles.  

"Le bruit d'un steak sur une poêle"

Bilal, juste 20 ans lors du drame, explique: "J'ai senti la mort et j'ai foncé. J'ai suivi le mouvement en voyant Yannis et Gauthier passer dans l'escalier". "Je me souviens que lorsque je posais les mains par terre, cela faisait comme le bruit d'un steak sur une poêle", ajoute-t-il. 

Nacer et Amirouche Boutrif, deux frères de 48 et 40 ans, sont actuellement jugés pour "avoir involontairement causé la mort" de 14 personnesmortes asphyxiées, et involontairement blessé cinq autres grièvement, dans l'incendie de leur établissement dans la nuit du 5 au 6 août 2016. 

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