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Pourquoi l'affaire Grégory passionne la France ?

REPLAY - Cette mystérieuse affaire judiciaire refait la une de l'actualité après l'interpellation de trois personnes mercredi.

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Pourquoi l'affaire Grégory passionne la France ? Crédit Image : AFP | Crédit Média : RTLNET | Date :
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Adeline François
Adeline François
Journaliste RTL

"La famille ne partage plus toujours les mêmes valeurs". Titre de La Croix qui publie ce matin une enquête qui montre que si 91% des Français plébiscitent la famille, la nature de cet attachement est en pleine évolution. "On reconnait que l'on peut avoir des valeurs différentes et on préfère laisser de côté les sujets qui fâchent. On n'est pas ensemble parce qu'on se ressemble, on est différent et on se rassemble autour d'activités du quotidien, les loisirs, l'art, la culture. En revanche, on laisse la politique à la porte de la maison, la famille est perçue comme un refuge, où chacun aurait le sentiment de pouvoir y être accepté. Inversion des valeurs, il y a quelques décennies, la société paraissait source d'émancipation, alors que la famille passait pour oppressante."  Les temps ont donc changé à en croire La Croix. Mais pas dans toutes les familles.

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Affaire Grégory : qui sont les protagonistes ? Crédit Image : ERIC FEFERBERG / AFP | Crédit Média : RTLnet | Date :

Car c'est bien une famille oppressante qui fait la une des journaux ce matin, la famille Villemin et son membre le plus connu, Grégory. Son sourire, ses fossettes, ses oreilles un peu décollées s'affichent partout 33 ans après sa mort. "L'ultime coup de théâtre" en une du Parisien et de L'Est Républicain, "l'incroyable scénario" en une de Sud Ouest, "l'incroyable rebondissement" pour Le Télégramme, "la chasse au corbeau reprend", titre Libération. "Plus de trois décennies après les faits, la passion demeure donc intacte", constate Philippe Marcacci dans L'Est Républicain. Intacte aussi l'incertitude. "Comment ne pas constater, poursuit l'éditorialiste, que ce coup de théâtre suit une piste maintes fois empruntée ? Celle de la rancœur familiale. L'oncle et la tante, une belle-sœur, les grands-parents. Toutes les personnes entendues appartiennent au premier cercle. À l'un de ces clans où les secrets sont si bien gardés qu'on les emporte jusque dans la tombe."

Passion, incertitude et prudence dans toute la presse. "L'affaire Grégory est de celle qui doit inciter à la plus grande prudence tant les dérives judiciaires et médiatiques qu'elle a engendrées ont marqué les années 80. Elle reste une tache aussi bien pour la justice que pour la presse", écrit Le Figaro. "Se souvient-on, comme le rappelle Le Progrès, que même Marguerite Duras y avait mis du sien en signant une tribune dans Libération en juillet 85 pour pointer la culpabilité criminelle de Christine Villemin tout en l'exonérant." "Sublime, forcément sublime Christine V.", écrivait Marguerite Duras. "C'est une étrange sensation qui a parcouru hier les rédactions et la France entière, résume Jean-Louis Hervois dans La Charente Libre ce matin. Grégory, fantôme au visage d'ange qui appelle toujours au secours, a resurgi dans les conversations. Grégory fait partie de la famille. On aurait tant aimé ne jamais le connaître."

La fin de l'ISF

Dans la presse aussi ce matin, la fin de l'ISF. Bien souvent aussi c'est une affaire de famille, un héritage qui a fait de vous un riche assujetti à l'impôt sur la fortune. Le journal l'Opinion rappelle à sa une que ce 15 juin 2017 est à marquer d'une pierre blanche, celle de l'acte de décès de l'ISF. Ce soir à minuit, les contribuables dont le patrimoine excède 2 millions 570 mille euros sont censés avoir envoyé leur dernière déclaration d'ISF. "C'est une page de l'histoire fiscale qui se tourne, écrit Raphaël Legendre, qui rappelle que l'impôt de solidarité sur la fortune avait été créé en 1982. À l'époque, on l'appelait IGF, impôt sur les grandes fortunes, qui devait servir à financer le RMI. Il sera remplacé l'an prochain par l'IFI, l'impôt sur la fortune immobilière.

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"Et c'est tant mieux", s'exclame le journal libéral, qui tempête contre cet ISF, "l'impôt anti-économique par excellence, car il a envoyé bon nombre d'entrepreneurs hors des frontières de France, obliger des entreprises familiales à verser de gros dividendes, pousser de belles entreprises familiales dans les bras d'investisseurs étrangers. L'ISF est mort, vive l'IFI, grâce auquel ne seront plus taxés que les biens immobiliers." Le journal l'Opinion n'a pas de pensée émue pour les  petits retraités propriétaires à l'île de Ré.

Le bac fait débat

La presse parle aussi ce matin de la fin du baccalauréat. Va-t-on le réformer, le supprimer ? Le débat ressurgit chaque année au moins de juin. Libération ouvre même le débat sur "l'épreuve de philo qui consiste pour les élèves à s'attaquer à l'Himalaya en espadrilles ou à partir à la conquête de l'infini avec un petit vélo, tant l'épreuve est aussi impossible que l'élaboration d'un programme pour cette discipline". Sur le site Figarovox, Gaultier Bès, prof de lettres dans un lycée de Dreux, lui plaide pour le maintien du bac. "C'est l'un des derniers repères d'une société liquide".

"Certes, il ne sanctionne plus guère la capacité à poursuivre des études supérieures, mais il reste exigeant pour nos lycéens, ne serait-ce que parce qu'il leur demande de s'arracher un instant aux facilités du tout virtuel pour tâcher de trouver en eux-mêmes, et non pas en ligne, les réponses aux questions. Et puis c'est un repère familier, voire familial. Qu'un élève puisse se dire : 'Je passe mon bac comme mes parents avant moi, ou comme mon oncle, ma grande sœur, c'est une étape importante que je me dois de réussir'", me semble important dit notre prof. Claudel disait : "La mort est une formalité désagréable, mais tous les candidats sont reçus !" Pourrait-on en dire autant du bac ? Vous avez 4h.

Les différents rebondissements de l'affaire Grégory
Les différents rebondissements de l'affaire Grégory Crédit : VINCENT LEFAI, SABRINA BLANCHARD, THOMAS SAINT-CRICQ / AFP
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