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Un relief représentant le blason de la justice et sa balance à Paris.
Crédit : JACQUES DEMARTHON / AFP
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Faute de pouvoir partir en Syrie ou en Palestine, ils ont déclaré "aspirer au martyr" en France. Deux frères soupçonnés d'avoir nourri un projet "mortifère et antisémite" sont présentés dimanche 15 mars à un juge antiterroriste, en vue de leur mise en examen. L'aîné, Elyasse H., âgé de 22 ans, est étudiant en école d'ingénieur quand le cadet, Moad H., 20 ans, est sans emploi.
Tous deux sont de nationalités italienne et marocaine. Ils ont été arrêtés mardi à l'aube dans une voiture stationnée près de la prison de Longuenesse (Pas-de-Calais), a indiqué le parquet national antiterroriste (Pnat) dans un communiqué.
À bord, les policiers du commissariat de Saint-Omer (Pas-de-Calais) avaient découvert une arme semi-automatique chargée de munitions de 9 mm, une bouteille d'acide chlorhydrique et de l'aluminium - des produits pouvant servir à la confection d'engins explosifs - ainsi qu'un drapeau de l'organisation jihadiste État islamique (EI).
Le Pnat s'est saisi de l'affaire, découvrant ensuite que ces deux frères, arrivés en France avec leurs parents en 2017 après plusieurs années passées en Italie, avaient consulté depuis plusieurs mois une "abondante propagande jihadiste". En garde à vue, les deux frères ont reconnu "nourrir depuis quelques semaines, face au constat de l'impossibilité de partir mener le jihad au Sham [Syrie] ou en Palestine, un projet terroriste en France pour lequel ils aspiraient au martyr", a précisé le Pnat.
"L'exploitation des supports numériques saisis ainsi que les déclarations de leur entourage familial traduisent une radicalisation des deux frères depuis deux ans", a-t-il poursuivi. Quelques jours avant leur interpellation, "leur engagement jihadiste et les démarches entreprises dans un projet terroriste dont le caractère mortifère et antisémite apparaît établi" ont connu "une nette intensification", a souligné le ministère public.
Au point de laisser "présager de l'imminence d'un passage à l'acte violent", après "des échanges avec différents interlocuteurs sur des messageries cryptées dans les jours et semaines précédant leurs interpellations, visant notamment à la recherche d'armes de poing ou de fusils d'assauts", a détaillé le Pnat.
Une vidéo d'allégeance à l'État islamique réalisée par Moad H. le 7 mars a aussi été découverte, et il apparaît "en contact avec plusieurs personnes radicalisées ou mises en examen ou condamnées pour une infraction terroriste", a noté le parquet. Sur d'autres photos et vidéos, "ils se mettent en scène en utilisant des armes à feu ou en exhibant un couteau, en tenue de combattant, l'index levé vers le ciel devant le drapeau de l'État islamique", a ajouté le Pnat.
Ces éléments ont conduit à l'ouverture dimanche d'une information judiciaire pour association de malfaiteurs terroriste criminelle, ainsi que pour acquisition et port d'arme. Le parquet a demandé la mise en examen d'Elyasse et Moad H. ainsi que leur placement en détention provisoire.
Lors de la perquisition au domicile des deux frères, les policiers ont retrouvé plus de 7.000 euros en espèces. Avant d'être placée en garde à vue, leur mère a tenté de cacher une arme 8 mm et un ensemble de munitions (30 munitions de calibre 9 mm et 50 cartouches), selon le parquet. Cette mesure a été levée samedi, même si l'enquête se poursuit pour soustraction de l'objet d'un crime.
À l'origine, les policiers de Saint-Omer avaient été appelés pour des survols de drone au-dessus de la prison de Longuenesse. "Au cours de leurs auditions en garde à vue, les deux frères ont reconnu avoir véhiculé" un individu mineur "pour assurer une livraison par drone au centre pénitentiaire de Longuenesse moyennant rémunération", a complété le Pnat.
Cinq personnes, ce mineur et quatre détenus de Longuenesse, ont été placées en garde à vue dans le cadre de l'enquête sur ces types de livraisons. Mais en l'absence "de lien avéré" à ce stade avec le "projet terroriste", l'enquête se poursuit sous l'autorité du parquet local de Saint-Omer.
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