3 min de lecture

Mort de Jean Pormanove : le parquet de Paris ouvre une information judiciaire contre la plateforme Kick et requiert des mandats d'arrêt contre ses gérants

Le parquet de Paris a annoncé mardi 27 janvier l'ouverture d'une information judiciaire à l'encontre de la plateforme Kick et ses gérants à la suite du décès du vidéaste Jean Pormanove le 18 août 2025.

Le streamer Raphael Graven surnommé Jean Pormanove, décédé dans la nuit du 17 au 18 août, lors d'un direct sur la plateforme Kick.

Crédit : Instagram - @jeanpormanove

La rédaction numérique de RTL & AFP

Je m'abonne à la newsletter « Infos »

Mettre RTL en favori sur Google

Une information judiciaire a été ouverte par le parquet de Paris, ce mardi 27 janvier, à l’encontre de la société Kick et de ses gérants de droit, à la suite du décès de Jean Pormanove le 18 août 2025. Le ministère public a expliqué avoir convoqué les gérants de Kick à Paris, mais ces derniers ne se sont pas présentés, d'où ces mandats d'arrêt. Les mis en cause se trouvent en Australie, d'après une source proche du dossier. 

Comme l'a indiqué la procureure de la République Laure Beccuau dans un communiqué, la société ainsi que ses gérants sont visés pour "fourniture illicite de plateforme en ligne en bande organisée", "blanchiment d’un crime ou délit en bande organisée", "non-assistance à personne en danger", "non empêchement crime ou délit contre l’intégrité corporelle" et "diffusion d’enregistrement d’image d’atteinte volontaire à l’intégrité de la personne".

Cette information judiciaire permettra d'approfondir "l'analyse de différents montages et schémas financier de la société qui demeurent opaques à ce stade", peut-on lire.  

À écouter aussi

Raphaël Graven, 46 ans, connu sous le pseudo Jean Pormanove, est décédé près de Nice lors d'une diffusion en direct le 18 août sur la plateforme de vidéos australienne Kick. Il avait déjà subi plus de 12 jours de direct le montrant, ainsi qu'un autre homme, violenté et humilié par deux personnes. 

À lire aussi

Suivie par près de 200.000 personnes, la chaîne "Jeanpormanove" montrait depuis des mois Raphaël Graven se faire insulter, frapper, tirer les cheveux, menacer ou encore tirer dessus sans protection avec des projectiles de paintball. Des contenus scénarisés, selon les promoteurs de la chaîne. Deux enquêtes ont été ouvertes. 

"Des flux financiers suspects ont été identifiés"

Plus tôt dans la journée à Nice, les streamers Naruto et Safine, partenaires de Jean Pormanove, ont été placés en garde à vue dans le cadre d'une enquête ouverte en 2024, a annoncé le parquet de Nice. Ils ont été convoqués par la police judiciaire de Nice pour les chefs notamment de violences en réunion sans ITT, violences en réunion avec arme sans ITT sur mineurs de 15 ans, abus de faiblesse, provocation à la haine et à la discrimination en raison du handicap, de l'orientation sexuelle, enregistrement et diffusion d'images de violences, a indiqué le procureur de la République de Nice, Damien Martinelli. 

L'information judiciaire "devra également clarifier les liens économiques" entre le vidéaste décédé et la plateforme". "Des flux financiers suspects ont été identifiés, permettant de suspecter un financement direct de cette chaîne par la société Kick et ses dirigeants", a souligné le parquet. 

Kick conteste ces accusations et dénonce "des fausses informations"

Dans un communiqué transmis à RTL, Kick a vivement contesté les accusations qui pèsent sur la plateforme et ses gérants. La société "rejette catégoriquement toute accusation d'opacité d'entreprise", assurant qu'elle est "une entreprise technologique mondiale, pleinement établie, dont les activités se situent en Australie" et que ses "documents sociaux obligatoires sont accessibles aux autorités compétentes". 

La plateforme souligne "qu'elle n'a jamais directement rémunéré les streamers en question pour un contenu spécifique" et que les créateurs de contenus n'ont pas de lien contractuel au-delà de ses conditions générales d'utilisation.

Dans son communiqué, l'entreprise assure qu'"à ce jour, aucune convocation formelle, inculpation ou notification judiciaire n'a été émise à l'encontre de KICK ou de toute personne associée à l'entreprise". "Il est donc difficile de comprendre pourquoi une mesure aussi grave aurait été prise sans avoir préalablement suivi une procédure légale appropriée", s'interroge la société, qui se dit prête à "travailler de manière constructive  avec les autorités françaises afin de corriger les fausses informations qui circulent actuellement".

La rédaction vous recommande

L’actualité par la rédaction de RTL dans votre boîte mail.

Grâce à votre compte RTL abonnez-vous à la newsletter RTL info pour suivre toute l'actualité au quotidien

S’abonner à la Newsletter RTL Info

Ne laissez pas Google décider de vos sources.

Ajouter RTL comme source préférée