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"Plus d'un aimerait me voir disparaître de la vie publique" : échange tendu entre Rachida Dati et le PNF à son procès pour corruption

Le parquet national financier (PNF) soupçonne l'ancienne ministre de la Justice d'avoir noué un pacte de corruption et illégalement fait du lobbying au Parlement européen, dont elle était membre, pour le compte de Renault-Nissan entre octobre 2009 et février 2013.

Rachida Dati est jugée pour corruption et trafic d'influence dans l'affaire Renault-Nissan

Crédit : AFP

Sophie Neumayer & La rédaction numérique de RTL

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Les 3 infos à retenir
  • Depuis le 16  septembre, Rachida Dati est jugée pour "un pacte de corruption" avec Carlos Ghosn, pour le compte de Renault-Nissan entre octobre 2009 et février 2013. 
  • Lors du deuxième jour de l'interrogatoire de l'ex-garde des Sceaux de Nicolas Sarkozy, cette dernière a déclaré : "Je n'ai jamais été en situation de conflit d'intérêts (...). Tous mes actes, que ce soient mes votes ou mes prises de parole, se sont toujours conformés aux engagements politiques de mon groupe". 
  • Seul témoin cité au procès par le PNF, l'eurodéputé (Verts) Daniel Freund, a déclaré : "Pour moi, faire une prise de contact, suggérer une stratégie, on rentre dans le lobbying. C'est le coeur du lobbying". 
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Rachida Dati "très choquée" par les questions du PNF

Le PNF demande à Rachida Dati pourquoi elle a indiqué au comité d'éthique du Parlement européen qu'elle travaillait comme avocate en faveur des violences faites aux femmes, mais pas pour une filiale de Renault-Nissan. 

"Je suis très choquée ! Vous m'accusez de mentir ! Vous me condamnez !" s'énerve Rachida Dati. Et de poursuivre : "Vous n'étiez pas à ce comité. J'ai été interrogée. J'ai répondu très clairement. Ils m'ont demandé si j'avais un client. J'ai répondu très clairement."

"On m'a parlé d'une entreprise, était-elle mon client ? Non et après on est passé à autre chose", s'agace-t-elle.

Un nouveau témoin appelé à la barre

Un nouveau témoin arrive à la barre. Retraité de Renault, Christian Madrusa rejoint l'entreprise en 1999. Il a été nommé directeur à la présidence Alliance en 2011.

5 lobbyistes au sein du Parlement européen

La témoin précise que Renault avait 5 lobbyistes au sein du Parlement européen. Me Pardo, avocat de Rachida Dati, demande : "Est-ce que Mme Dati aurait pu faire du lobbying sans que les lobbyistes le sachent ?". "Je ne vois pas comment et je ne vois pas sur quel sujet", indique Véronique Dosdat.

Quelles missions ont été confiées à rachida dati ?

Me Pardo, avocat de Rachida Dati, prend la parole. "Lors de cette réunion, Rachida Dati était présente en tant qu'avocate ?". "Oui", répond Véronique Dosdat. "Ça vous a étonné ?", relance-t-il. "De part ses fonctions et ses origines, Carlos Ghosn avait dû être informé qu'elle avait de bonnes connaissances. Il était pragmatique. Je n'ai pas été étonnée", répond-elle.

le réseau de rachida dati

"Les 2 parties étaient déterminées à aboutir ? Les problèmes pouvaient être résolus ?", demande le PNF. "Oui mais mettre de l'huile dans les rouages pouvait servir. C'est pour ça que Mme Dati était présente. M. Ghosn voulait être sur que les Marocains soient rassurés", dit-elle. 

"M. Ghosn aurait pu les rassurer lui même", reprend le PNF. "Oui M. Ghosn aurait pu le faire". "Et vous ?", reprend le PNF. "Moi je n'avais pas les entrées de Mme Dati", répond Véronique Dosdat.

une réunion visant à rassuser sur l'engagement de renault

L'objet de cette réunion au printemps 2011 ? "Il y avait des questions sur les subventions décidées et des doutes sur les retards. Un besoin de rassurer. Voilà ce dont je m'en souviens et pourquoi on l'a sollicitée", explique Véronique Dosdat


"Il y a eu un échange sur les contacts auxquels on pourrait avoir besoin au cabinet royal. De mémoire Mme Dati avait des relations au cabinet royal. Il s'agissait de rassurer sur l'engagement de Renault", ajoute-t-elle.

une réunion entre Carlos Ghosn, Rachida Dati et Véronique Dosdat

Après avoir évoqué une réunion entre Carlos Ghosn, Rachida Dati et elle-même, Véronique Dosdat explique : "On était sur un plan international pour Mme Dati, elle était connue et reconnue. On parlait d'international ça n'avait pas trop de rapport avec son activité passée de ministre de la Justice. Le fait qu'elle parlait arabe pouvait nous aider"

reprise de séance

La séance reprend avec l'audition de Véronique Dosdat, témoin qui était à la direction des relations extérieures pour la groupe Renault. "Qui était Mme Dati pour vous ?", demande le PNF. "Je savais qu'elle était ancienne garde des Sceaux et députée européenne."

Rachida dati s'agace

Agacée par les questions du PNF sur ses compétences dans le cadre du contrat avec RNBV la filiale de Renault Nissan, Rachida Dati déclare : "Qu'est-ce qui me disqualifie ? Qu'est-ce qui fait que je ne peux pas être capable ? J'ai une compétence une expérience sur des sujets sensibles". 

Et d'ajouter : "Je sais qu'il y en a plus d'un qui aimerait me voir disparaître de la vie publique mais je sais ce que j'ai fais et je sais ce que je suis capable de faire"

Rachida dati : "J'avais une personnalité qui compte. Ça fait partie du taux horaires"

L'audience se poursuit. "Ça ne vous apparaît pas extraordinaire de signer à la sortie du gouvernement un contrat avec une alliance de deux grands groupes qui pèse des milliards", interroge le PNF.  

"J'avais l'expérience, j'ai négocié avec des états, j'avais une compétence ça surprend mais j'avais une compétence. J'avais une personnalité qui compte aussi. Ça fait partie du taux horaires. Qu'est ce qui serait anormal, voire illégal ? Je vois pas la difficulté", dit Rachida Dati.

Le PNF reprend : "À nous, ça nous paraît étonnant qu'en sortant de la place Vendôme, vous puissiez signer un tel forfait avec un grand groupe industriel pour 300.000 euros". 

Réponse de Rachida Dati : "C'est un jugement moral"

Forfait et niveau de compétence

"Comment étaient fixes les honoraires avec Renault ?", demande le PNF. "Ca a été une négociation conforme aux pratiques dans le domaine des avocats internationales. C'est au forfait en fonction de la notoriété et des compétences", répond Rachida Dati

Rachida dati : "Je ne me conforme pas aux polémiques médiatiques"

Le PNF poursuit ses question sur la société la cuisine toujours sur la société "La Bourdonnais Consultants". "Je ne me conforme pas aux polémiques médiatiques. J'ai fait un choix qui était tout à fait légal", indique Rachida Dati

Le PNF reprend son interrogatoire

Le PNF reprend : "Vous connaissiez les passerelles magistrat/avocat et donc quel était réellement la nature de vos doutes quand à la possibilité de devenir avocate : parcours de magistrate, participation à élaboration de la loi, garde des Seaux ?" 

"Mes doutes étaient ceux du directeur des services judiciaire et de l'ordre des avocats. Ça n'est pas automatique et donc je n'avais pas de certitudes à ce moment-là", dit Rachida Dati

Interruption de la présidente

Le PNF revient sur des échanges entre Rachida Dati et Carlos Ghosn en juin 2009. La présidente interrompt Rachida Dati : "Pensez à bien me regarder (et non regarder le PNF, ndlr) comme ça en plus, on vous entendra mieux dans le micro". 

"En plus, ça va me détendre !", lance Rachida Dati.

Rachida dati "Le Parlement a décidé que j'avais respecté la loi !"

Place aux questions du parquet national financier. Le PNF revient sur le sentiment d'urgence de créer la société 'La Bourdonnais Consultants' avant le début de son mandat. "Vous avez un sentiment, moi je me conforme à la loi comme d'autres députés l'ont fait", dit Rachida Dati. 

Le PNF reprendr : "Trois jours avant le début son mandat.Est ce conforme au texte de debuter une activité de conseil ?"

"Le Parlement a décidé que j'avais respecté la loi !", répond le Parlement. "Ah bon le Parlement a dit ça ?", réplique le PNF.  "Ca n'était pas interdit, dit Rachida Dati. Le Parlement européen demande de déclarer les activités rémunérées. 'La Bourdonnais Consultants' n'avait pas d'activité rémunérée".

Rachida Dati : "Le conflit d'intérêts ne se présume pas"

L'assesseuse poursuit sur le règlement intérieur de 2009 du Parlement européen pour la transparence financière des députés européens. "Auriez vous dû signaler ce contrat ?", demande-t-elle.

"Le conflit d'intérêts ne se présume pas. Là il n'y avait pas conflit d'intérêts. Je n'ai jamais entendu Mme lepage dire : 'Je suis en conflit d'intérêts'. Donc elle légifère sur des positions de ses clients et ça va. Moi je prends une décision contre mes clients et ça ne va pas !", s'emporte Rachida Dati.

Rachida dati : "Ma position est constante"

La magistrate évoque des documents envoyés par Renault à Rachida Dati qui porte sur la réglementation européenne. "C'était totalement hors sujet. Il n'y a aucune commande", dit l'ancienne ministre. "Ma position est constante et établie en octobre, je prends une décision contraire aux constructeurs. Janvier, je maintiens ma position. Vote en plénière de la résolution contre les constructeurs"

Rachida Dati : "J'ai vérifié la légalité de tout ce que je pouvais faire"

"J'ai toujours fait les choses dans les règles. Ensuite, quand je suis certaine de devenir avocate je signe ma convention (avec la filiale de Renault-Nissan) et je mets en sommeil la société de conseils. J'ai vérifié la légalité de tout ce que je pouvais faire", déclare Rachida Dati.

"pourquoi avoir créer une société de conseil", interroge la magistrate

Le tribunal interroge Rachida Dati sur sa volonté de devenir avocate lorsqu'elle quitte la place Vendôme. L'ancienne ministre assure que l'ordre des avocats l'a appelée en septembre pour lui confirmer qu'elle pourrait devenir avocate.

"Et pourquoi créer la société de conseil 'La Bourdonnais Consultants' ?", demande la magistrate. "C'est concomitant, je n'avais pas de visibilité sur les délais pour devenir avocate. J'ai suivi ce que l'on m'a conseillée", dit Rachida Dati

Rachida dati : "Je faisais mon travail comme tout député de base"

"Sur la 2e mandature j'étais plus impliquée", assure Rachida Dati. "Je faisais mon travail. Il n'y a pas de dilettantisme. Ce n'est pas parce que vous êtes présent seulement lorsque que vous y avez des choses à faire,  que c'est du dilettantisme. Je faisais mon travail comme tout député de base"

Rachida dati : "On a gagné, j'ai considéré que la tâche était remplie"

À la question : "Il a pu être évoqué que vous étiez peu impliquée, rarement à Strasbourg,  jamais rapporteur. Pourquoi ?", Rachida Dati répond : "Moi, je n'ai pas une polémique par jour mais une polémique par demi-journée".


"Le livre sorti aujourd'hui n'est sûrement pas un livre qui me rend hommage bien au contraire. J'étais dans une instabilité personnelle, je venais d'accoucher il fallait que je tienne la rampe pour ma fille, pour ma famille. On a gagné, j'ai considéré que la tâche était remplie quand je suis arrivée au Parlement européen, je ne voulais pas de responsabilités", dit-elle

Rachida Dati : "le président m'a demandé de me présenter (...) j'ai cédé par loyauté"

"Pourquoi avez-vous été candidate à la députation européenne en 2019", demande l'autre assesseuse. "Quand j'ai accouché, j'ai été très abîmée par la vie publique et politique", déclare Rachida Dati. 

"Ma fille a eu des soucis de santé, j'ai choisi de quitter la vie politique. Puis, le président de la République m'a demandé de me présenter (aux élections européennes, ndlr), j'ai d'abord refusé, puis j'ai cédé par loyauté. Aussi bien le président de la République, que le parti m'ont permis d'avoir des responsabilités exceptionnelles", ajoute-t-elle.

Focus sur une question posée par rachida dati au parlement européen

Le magistrat revient sur la question posée par Rachida Dati au Parlement européen sur les niveaux sonores. "L'alliance Renault-Nissan risquait d'être impactée par cette mesure ?", dit-il. 

"Renault-Nissan n'était pas concerné par ces enjeux technologiques, nous l'avons documenté", répond Rachida Dati.

"un sentiment de désinvolture", s'interroge le magistrat

Le magistrat revient sur le fait que Rachida Dati ne se faisait pas rembourser les trajets en justifiant qu'elle couplait ces voyages professionnels avec des voyages privés. Il s'interroge compte tenu de l'importance stratégique de ce projet : "Comment vous pouvez traiter ces questions au détour de séjours privés que vous faites au Maroc notamment ? Ça donne un sentiment de désinvolture". 

"Je n'ai jamais d'air de vacances balnéaires. Quand j'allais là-bas, j'avais toujours un lieu de travail. Mon père, retraité, avait perdu maman, je l'ai installé là-bas donc à chaque occasion d'un déplacement d'un séjour, j'habite chez mon père qui est en plein Casablanca ou à Oran en Algérie et j'y travaille au même titre que quand je suis chez moi à Paris", dit-elle.

Rachida dati : "sous mon ministère, on a éradiqué l'ETA"

Puis, Rachida Dati retrace son parcours et rappelle le moment où elle a intégré la magistrature et jusqu'à sa nomination comme garde des Sceaux où elle rappelle qu'elle a lutté contre le terrorisme : "Sous mon ministère, on a éradiqué l'ETA."

"des contrats privés"

Autre question : "En quoi dans votre parcours avez-vous acquis la compétence d'élaboration de contrats en droit international ?"

Réponse de Rachida Dati : "Ce sont des contrats privés qui se font de gré à gré. Il faut parfois s'adapter aux usages sur place. La réglementation est faite quasiment sur mesure pour les besoins des pays", explique-t-elle. "Ce sont les législations sur mesure et qui sont faites par les décisionnaires. Dans mon expérience professionnelle, j'ai travaillé à la Banque européenne à Londres, j'ai été auditeur", ajoute-t-elle. 

"En quoi consistait votre travail ?", demande le magistrat

"En quoi consistait votre travail ? Vous participiez à l'élaboration des contrats ? Les accords de financement ?", demande le magistrat. 

"C'était de remettre le Maroc dans le financement à travers des offices. Moi je ne suis pas ingénieure, à un moment donné ça a bloqué et c'était d'avoir l'assurance que le Maroc finançait une partie", répond Rachida Dati

Rachida dati de retour à la barre

L'un des assesseurs du tribunal souhaite interroger l'ancienne garde des Sceaux sur l'usine Renault à Tanger.

Rachida Dati sur le gril du PNF

La tension est montée d'un cran aujourd'hui avec le début de l'interrogatoire par le parquet national financier (PNF) de l'ex-ministre, accusée d'avoir illégalement fait du lobbying pour Renault-Nissan alors qu'elle siégeait au Parlement européen. 

Ce direct est désormais terminé. Rendez-vous demain sur RTL.fr et l'application RTL pour continuer à suivre ce procès.

"Je n'ai pas envoyé de notes d'Alexandra à Renault !"

Les échanges tendus se poursuivent avec le PNF. "Je n'ai pas envoyé de notes d'Alexandra à Renault ! Vous pouvez le dire cent fois je n'ai pas d'envoyé de notes d'Alexandra à Renault", martèle Rachida Dati.

Rachida Dati "très choquée" par les questions du PNF

Le PNF demande à Rachida Dati pourquoi elle a indiqué au comité d'éthique du Parlement européen qu'elle travaillait comme avocate en faveur des violences faites aux femmes, mais pas pour une filiale de Renault-Nissan. 

"Je suis très choquée ! Vous m'accusez de mentir ! Vous me condamnez !" s'énerve Rachida Dati. Et de poursuivre : "Vous n'étiez pas à ce comité. J'ai été interrogée. J'ai répondu très clairement. Ils m'ont demandé si j'avais un client. J'ai répondu très clairement."

"On m'a parlé d'une entreprise, était-elle mon client ? Non et après on est passé à autre chose", s'agace-t-elle.

Rachida Dati fait son retour à la barre

Rachida Dati va continuer d'être interrogée par le PNF.

Alexandra Nicole est appelée à la barre

Un nouveau témoin est appelé à la barre. Il s'agit d'Alexandra Nicole, l'assistante parlementaire agréée de Rachida Dati.

Un nouveau témoin appelé à la barre

Un nouveau témoin arrive à la barre. Retraité de Renault, Christian Madrusa rejoint l'entreprise en 1999. Il a été nommé directeur à la présidence Alliance en 2011.

5 lobbyistes au sein du Parlement européen

La témoin précise que Renault avait 5 lobbyistes au sein du Parlement européen. Me Pardo, avocat de Rachida Dati, demande : "Est-ce que Mme Dati aurait pu faire du lobbying sans que les lobbyistes le sachent ?". "Je ne vois pas comment et je ne vois pas sur quel sujet", indique Véronique Dosdat.

Quelles missions ont été confiées à rachida dati ?

Me Pardo, avocat de Rachida Dati, prend la parole. "Lors de cette réunion, Rachida Dati était présente en tant qu'avocate ?". "Oui", répond Véronique Dosdat. "Ça vous a étonné ?", relance-t-il. "De part ses fonctions et ses origines, Carlos Ghosn avait dû être informé qu'elle avait de bonnes connaissances. Il était pragmatique. Je n'ai pas été étonnée", répond-elle.

le réseau de rachida dati

"Les 2 parties étaient déterminées à aboutir ? Les problèmes pouvaient être résolus ?", demande le PNF. "Oui mais mettre de l'huile dans les rouages pouvait servir. C'est pour ça que Mme Dati était présente. M. Ghosn voulait être sur que les Marocains soient rassurés", dit-elle. 

"M. Ghosn aurait pu les rassurer lui même", reprend le PNF. "Oui M. Ghosn aurait pu le faire". "Et vous ?", reprend le PNF. "Moi je n'avais pas les entrées de Mme Dati", répond Véronique Dosdat.

une réunion visant à rassuser sur l'engagement de renault

L'objet de cette réunion au printemps 2011 ? "Il y avait des questions sur les subventions décidées et des doutes sur les retards. Un besoin de rassurer. Voilà ce dont je m'en souviens et pourquoi on l'a sollicitée", explique Véronique Dosdat


"Il y a eu un échange sur les contacts auxquels on pourrait avoir besoin au cabinet royal. De mémoire Mme Dati avait des relations au cabinet royal. Il s'agissait de rassurer sur l'engagement de Renault", ajoute-t-elle.

une réunion entre Carlos Ghosn, Rachida Dati et Véronique Dosdat

Après avoir évoqué une réunion entre Carlos Ghosn, Rachida Dati et elle-même, Véronique Dosdat explique : "On était sur un plan international pour Mme Dati, elle était connue et reconnue. On parlait d'international ça n'avait pas trop de rapport avec son activité passée de ministre de la Justice. Le fait qu'elle parlait arabe pouvait nous aider"

reprise de séance

La séance reprend avec l'audition de Véronique Dosdat, témoin qui était à la direction des relations extérieures pour la groupe Renault. "Qui était Mme Dati pour vous ?", demande le PNF. "Je savais qu'elle était ancienne garde des Sceaux et députée européenne."

la séance est suspendue

Rachida dati s'agace

Agacée par les questions du PNF sur ses compétences dans le cadre du contrat avec RNBV la filiale de Renault Nissan, Rachida Dati déclare : "Qu'est-ce qui me disqualifie ? Qu'est-ce qui fait que je ne peux pas être capable ? J'ai une compétence une expérience sur des sujets sensibles". 

Et d'ajouter : "Je sais qu'il y en a plus d'un qui aimerait me voir disparaître de la vie publique mais je sais ce que j'ai fais et je sais ce que je suis capable de faire"

Rachida dati : "J'avais une personnalité qui compte. Ça fait partie du taux horaires"

L'audience se poursuit. "Ça ne vous apparaît pas extraordinaire de signer à la sortie du gouvernement un contrat avec une alliance de deux grands groupes qui pèse des milliards", interroge le PNF.  

"J'avais l'expérience, j'ai négocié avec des états, j'avais une compétence ça surprend mais j'avais une compétence. J'avais une personnalité qui compte aussi. Ça fait partie du taux horaires. Qu'est ce qui serait anormal, voire illégal ? Je vois pas la difficulté", dit Rachida Dati.

Le PNF reprend : "À nous, ça nous paraît étonnant qu'en sortant de la place Vendôme, vous puissiez signer un tel forfait avec un grand groupe industriel pour 300.000 euros". 

Réponse de Rachida Dati : "C'est un jugement moral"

Forfait et niveau de compétence

"Comment étaient fixes les honoraires avec Renault ?", demande le PNF. "Ca a été une négociation conforme aux pratiques dans le domaine des avocats internationales. C'est au forfait en fonction de la notoriété et des compétences", répond Rachida Dati

Rachida dati : "Je ne me conforme pas aux polémiques médiatiques"

Le PNF poursuit ses question sur la société la cuisine toujours sur la société "La Bourdonnais Consultants". "Je ne me conforme pas aux polémiques médiatiques. J'ai fait un choix qui était tout à fait légal", indique Rachida Dati

Le PNF reprend son interrogatoire

Le PNF reprend : "Vous connaissiez les passerelles magistrat/avocat et donc quel était réellement la nature de vos doutes quand à la possibilité de devenir avocate : parcours de magistrate, participation à élaboration de la loi, garde des Seaux ?" 

"Mes doutes étaient ceux du directeur des services judiciaire et de l'ordre des avocats. Ça n'est pas automatique et donc je n'avais pas de certitudes à ce moment-là", dit Rachida Dati

Interruption de la présidente

Le PNF revient sur des échanges entre Rachida Dati et Carlos Ghosn en juin 2009. La présidente interrompt Rachida Dati : "Pensez à bien me regarder (et non regarder le PNF, ndlr) comme ça en plus, on vous entendra mieux dans le micro". 

"En plus, ça va me détendre !", lance Rachida Dati.

Rachida dati "Le Parlement a décidé que j'avais respecté la loi !"

Place aux questions du parquet national financier. Le PNF revient sur le sentiment d'urgence de créer la société 'La Bourdonnais Consultants' avant le début de son mandat. "Vous avez un sentiment, moi je me conforme à la loi comme d'autres députés l'ont fait", dit Rachida Dati. 

Le PNF reprendr : "Trois jours avant le début son mandat.Est ce conforme au texte de debuter une activité de conseil ?"

"Le Parlement a décidé que j'avais respecté la loi !", répond le Parlement. "Ah bon le Parlement a dit ça ?", réplique le PNF.  "Ca n'était pas interdit, dit Rachida Dati. Le Parlement européen demande de déclarer les activités rémunérées. 'La Bourdonnais Consultants' n'avait pas d'activité rémunérée".

Rachida Dati : "Le conflit d'intérêts ne se présume pas"

L'assesseuse poursuit sur le règlement intérieur de 2009 du Parlement européen pour la transparence financière des députés européens. "Auriez vous dû signaler ce contrat ?", demande-t-elle.

"Le conflit d'intérêts ne se présume pas. Là il n'y avait pas conflit d'intérêts. Je n'ai jamais entendu Mme lepage dire : 'Je suis en conflit d'intérêts'. Donc elle légifère sur des positions de ses clients et ça va. Moi je prends une décision contre mes clients et ça ne va pas !", s'emporte Rachida Dati.

Rachida dati : "Ma position est constante"

La magistrate évoque des documents envoyés par Renault à Rachida Dati qui porte sur la réglementation européenne. "C'était totalement hors sujet. Il n'y a aucune commande", dit l'ancienne ministre. "Ma position est constante et établie en octobre, je prends une décision contraire aux constructeurs. Janvier, je maintiens ma position. Vote en plénière de la résolution contre les constructeurs"

signer un contrat avec carlos ghosn alors qu'elle n'a pas prété serment d'avocat ? "Tout a fait classique", assure Dati

La magistrate s'interroge : comment Rachida Dati peut-elle signer le contrat avec Carlos Ghosn alors qu'elle n'a pas encore prêté le serment d'avocat ? "C'est tout à fait classique. Plein de collaborateurs le fond avec la réserve 'sous condition de la prestation de serment'", répond Rachida Dati

Rachida Dati : "J'ai vérifié la légalité de tout ce que je pouvais faire"

"J'ai toujours fait les choses dans les règles. Ensuite, quand je suis certaine de devenir avocate je signe ma convention (avec la filiale de Renault-Nissan) et je mets en sommeil la société de conseils. J'ai vérifié la légalité de tout ce que je pouvais faire", déclare Rachida Dati.

"pourquoi avoir créer une société de conseil", interroge la magistrate

Le tribunal interroge Rachida Dati sur sa volonté de devenir avocate lorsqu'elle quitte la place Vendôme. L'ancienne ministre assure que l'ordre des avocats l'a appelée en septembre pour lui confirmer qu'elle pourrait devenir avocate.

"Et pourquoi créer la société de conseil 'La Bourdonnais Consultants' ?", demande la magistrate. "C'est concomitant, je n'avais pas de visibilité sur les délais pour devenir avocate. J'ai suivi ce que l'on m'a conseillée", dit Rachida Dati

Rachida dati : "Je faisais mon travail comme tout député de base"

"Sur la 2e mandature j'étais plus impliquée", assure Rachida Dati. "Je faisais mon travail. Il n'y a pas de dilettantisme. Ce n'est pas parce que vous êtes présent seulement lorsque que vous y avez des choses à faire,  que c'est du dilettantisme. Je faisais mon travail comme tout député de base"

Rachida dati : "On a gagné, j'ai considéré que la tâche était remplie"

À la question : "Il a pu être évoqué que vous étiez peu impliquée, rarement à Strasbourg,  jamais rapporteur. Pourquoi ?", Rachida Dati répond : "Moi, je n'ai pas une polémique par jour mais une polémique par demi-journée".


"Le livre sorti aujourd'hui n'est sûrement pas un livre qui me rend hommage bien au contraire. J'étais dans une instabilité personnelle, je venais d'accoucher il fallait que je tienne la rampe pour ma fille, pour ma famille. On a gagné, j'ai considéré que la tâche était remplie quand je suis arrivée au Parlement européen, je ne voulais pas de responsabilités", dit-elle

Rachida Dati : "le président m'a demandé de me présenter (...) j'ai cédé par loyauté"

"Pourquoi avez-vous été candidate à la députation européenne en 2019", demande l'autre assesseuse. "Quand j'ai accouché, j'ai été très abîmée par la vie publique et politique", déclare Rachida Dati. 

"Ma fille a eu des soucis de santé, j'ai choisi de quitter la vie politique. Puis, le président de la République m'a demandé de me présenter (aux élections européennes, ndlr), j'ai d'abord refusé, puis j'ai cédé par loyauté. Aussi bien le président de la République, que le parti m'ont permis d'avoir des responsabilités exceptionnelles", ajoute-t-elle.

Focus sur une question posée par rachida dati au parlement européen

Le magistrat revient sur la question posée par Rachida Dati au Parlement européen sur les niveaux sonores. "L'alliance Renault-Nissan risquait d'être impactée par cette mesure ?", dit-il. 

"Renault-Nissan n'était pas concerné par ces enjeux technologiques, nous l'avons documenté", répond Rachida Dati.

"un sentiment de désinvolture", s'interroge le magistrat

Le magistrat revient sur le fait que Rachida Dati ne se faisait pas rembourser les trajets en justifiant qu'elle couplait ces voyages professionnels avec des voyages privés. Il s'interroge compte tenu de l'importance stratégique de ce projet : "Comment vous pouvez traiter ces questions au détour de séjours privés que vous faites au Maroc notamment ? Ça donne un sentiment de désinvolture". 

"Je n'ai jamais d'air de vacances balnéaires. Quand j'allais là-bas, j'avais toujours un lieu de travail. Mon père, retraité, avait perdu maman, je l'ai installé là-bas donc à chaque occasion d'un déplacement d'un séjour, j'habite chez mon père qui est en plein Casablanca ou à Oran en Algérie et j'y travaille au même titre que quand je suis chez moi à Paris", dit-elle.

Rachida dati : "sous mon ministère, on a éradiqué l'ETA"

Puis, Rachida Dati retrace son parcours et rappelle le moment où elle a intégré la magistrature et jusqu'à sa nomination comme garde des Sceaux où elle rappelle qu'elle a lutté contre le terrorisme : "Sous mon ministère, on a éradiqué l'ETA."

"des contrats privés"

Autre question : "En quoi dans votre parcours avez-vous acquis la compétence d'élaboration de contrats en droit international ?"

Réponse de Rachida Dati : "Ce sont des contrats privés qui se font de gré à gré. Il faut parfois s'adapter aux usages sur place. La réglementation est faite quasiment sur mesure pour les besoins des pays", explique-t-elle. "Ce sont les législations sur mesure et qui sont faites par les décisionnaires. Dans mon expérience professionnelle, j'ai travaillé à la Banque européenne à Londres, j'ai été auditeur", ajoute-t-elle. 

"En quoi consistait votre travail ?", demande le magistrat

"En quoi consistait votre travail ? Vous participiez à l'élaboration des contrats ? Les accords de financement ?", demande le magistrat. 

"C'était de remettre le Maroc dans le financement à travers des offices. Moi je ne suis pas ingénieure, à un moment donné ça a bloqué et c'était d'avoir l'assurance que le Maroc finançait une partie", répond Rachida Dati

Rachida dati : "Mon rôle etait de voir si le financement pouvait tenir"

Le magistrat demande à Rachida Dati des détails sur les filiales impliquées et le financement. "Moi j'interviens quand Carlos Ghosn me demande d'intervenir (...) La crainte de Carlos Ghosn c'est que cette participation ne soit pas totalement stabilisée", explique-t-elle. 


"Je n'étais pas dans la technique la plus profonde, j'étais avec les décisionnaires. Les Marocains ont douté du financement de la phase 2. Moi j'étais à la croisée de ces chemins-là, lors de réunions avec le ministre des Finances, le conseiller du roi du Maroc et l'ancien patron de la sécurité nationale", détaille Rachida Dati. Et d'ajouter : "Mon rôle était de voir si le financement pouvait tenir, en rendre compte à Carlos Ghosn."

Un premier protocole signé en 2007

Rachida Dati explique qu'un premier protocole d'accord est signé en 2007, puis il y a eu des avenants à cet accord. Au départ, cette usine devait être prise en charge par Renault Nissan. Le financement a ensuite été réduit à cause de la crise financière. 

Rachida dati de retour à la barre

L'un des assesseurs du tribunal souhaite interroger l'ancienne garde des Sceaux sur l'usine Renault à Tanger.

Le procès de Rachida Dati reprend

Bonjour et bienvenue dans ce direct consacré au suivi du procès de Rachida Dati, jugée pour corruption et trafic d'influence. L'audience a repris peu après 13h30 reprend avec l'appel des témoins. L'avocate de Transparency Clémence Witt évoque le livre sorti aujourd'hui au sujet de Rachida Dati.

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