2 min de lecture Justice

Maître Eolas, l'avocat star de Twitter, jugé pour diffamation

Avocat-blogueur et star de la twittosphère, Maître Eolas sera jugé ce mardi 7 juillet à Nanterre pour diffamation et injure face à l'Institut pour la justice (IPJ), qui l'accuse notamment d'avoir mis en cause la crédibilité d'une pétition réclamant un durcissement de la politique pénale.

L'intérieur du Palais de justice de Paris en 2013 (illustration)
L'intérieur du Palais de justice de Paris en 2013 (illustration) Crédit : THOMAS SAMSON / AFP
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La rédaction numérique de RTL
et AFP

Alors qu'il refuse que son nom soit étalé publiquement, il va devoir décliner son identité comme tout justiciable. Ambassadeur reconnu du droit pour les nuls, star honnie ou adorée de la twittosphère, le blogueur Maître Eolas est jugé ce mardi 7 juillet à Nanterre pour diffamation et injure face à l'Institut pour la justice (IPJ), qui l'accuse notamment d'avoir mis en cause la crédibilité d'une pétition réclamant un durcissement de la politique pénale. L'affaire, qui conduit pour la première fois cet avocat du barreau de Paris à la place du prévenu devant un tribunal correctionnel, remonte à novembre 2011.

Ce qui lui est reproché

À six mois de la présidentielle, l'IPJ, association classée à droite, avait appelé les citoyens à signer sur internet le "Pacte 2012 pour la justice" réclamant notamment "l'impunité zéro pour les atteintes aux personnes et aux biens". Dans la foulée, Maître Eolas avait mis en cause la fiabilité du système de comptage de cette pétition qui a revendiqué plus de 1,7 million de signatures.

"Compteur bidon des signatures de l'IPJ" avait-il raillé sur Twitter, en reproduisant le graphique de l'un de ses followers faisant apparaître la progression des soutiens comme anormale. Ces propos litigieux avaient notamment  été repris dans les médias en ligne Slate.fr et Metronews.fr, également poursuivis pour "diffamation". 

"Il nous explique que nous avons mystifié cette pétition qui lui a causé un vif déplaisir, ces affirmations ont jeté une ombre sur l'IPJ, ça nous a fait mal", affirme Me Gilles-William Goldnadel, avocat de l'association. "Nous disons juste que la réalité des signatures et des identités était invérifiable et incontrôlable", rétorque l'avocat du blogueur Me Jean-Yves Moyart, sur la foi d'une expertise.

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À l'appui de sa pétition, l'IPJ avait diffusé une vidéo-témoignage émouvante d'un père de famille et ex-policier Joël Censier, dénonçant "le naufrage judiciaire" de la procédure sur le meurtre de son fils, poignardé en août 2009 lors d'une fête dans les Pyrénées-Atlantiques.

"Le procès d'un conflit entre deux visions"

L'affaire qui a abouti en 2013 à trois condamnations à des peines de 15, 4 et 3 ans de prison (dont un avec sursis), avait été marquée par plusieurs coups de théâtre (remise en liberté d'un mis en examen, annulation de PV de garde à vue...).

Dans son célèbre blog "Journal d'un avocat", Me Eolas, qui préserve son anonymat sur la toile, avait publié un billet critique envers l'IPJ et les propos de M. Censier sous le titre "Attention manip" dans lequel il dénonçait l'instrumentalisation de "la douleur d'une victime". 

Maître Eolas est également jugé pour des propos injurieux à caractère scatologique visant l'IPJ lors d'échanges sur Twitter sur la pétition. En creux, son conseil voit surtout "le procès d'un conflit entre deux visions, entre le tout répressif et les bases de la justice moderne". Le procès de Maître Eolas a déjà été renvoyé trois fois. 

Lundi soir, à la veille de son procès, l'avocat a ironisé sur Twitter. "On est d'accord qu'un avocat prévenu en vaut deux ? À partir de demain, je double mes honoraires".

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