2 min de lecture Faits divers

Lyon : une dentiste, dénoncée pour ses tatouages nazis, licenciée

Une dentiste a été dénoncée par des militants antifascistes pour ses tatouages nazis. La praticienne, salariée dans un cabinet dentaire près de Lyon, a été licenciée avec "effet immédiat".

Un tatouage (illustration)
Un tatouage (illustration) Crédit : iStock / Getty Images Plus
Florise Vaubien
Florise Vaubien et AFP

D’après des militants antifascistes lyonnais, une dentiste d’un des cabinets du groupe Labelia, situé à Sathonay-Camp, près de Lyon, aurait réalisé plusieurs tatouages nazis. "Une dentiste nazie est absolument contraire à l'idée même de la médecine", explique le groupe "antifa" sur son site internet. La dentiste a été licenciée et une enquête a été ouverte par le parquet de Lyon.

La praticienne a publié plusieurs photos de tatouages à la gloire du IIIe Reich sur son compte Instagram qu’elle a depuis supprimé : le "groupe antifa Lyon" les a postées sur Twitter, mardi 13 octobre. Ces clichés ont également été signalés sur le site d’information LyonMag

Un de ces tatouages reproduit la "Totenkopf" (tête de mort en allemand), un insigne de la 3e division SS qui a sévi notamment dans les camps de concentration du régime nazi. Un autre dessin, tatoué sur le bras, représente une bouteille de "Zyklon B", le poison mortel utilisé dans les chambres à gaz. Les photos en question ont été placardées sur les murs du centre dentaire par les militants qui ont pu identifier nommément la mise en cause. 

Deux enquêtes en cours

Le cabinet dentaire a porté plainte mercredi 14 octobre "pour identifier les auteurs de cette campagne de dénigrement". Le groupe a dénoncé "la campagne médiatique" qui "indépendamment de son objet et du but poursuivi", entraîne "des dégâts collatéraux potentiels inacceptables sur l'image de Labelia".

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Deux enquêtes sont menées par les autorités : la dentiste avait déjà porté plainte mardi et une enquête a été ouverte "du chef d'atteinte à la vie privée en vue de troubler la tranquillité d'autrui", indique le parquet de Lyon. Ce dernier a parallèlement ouvert une enquête pour "provocation à la haine raciale", visant cette fois la jeune femme.

De son côté, la direction de Labelia assure qu'elle n'était pas au courant "ni de ces tatouages, ni de leur signification". "Pour comprendre précisément le contexte" dans lequel les dessins en question ont été réalisés "et la signification qu'elle leur attribue", l'intéressée a été convoquée par ses employeurs. Le groupe a décidé de la licencier "avec effet immédiat", n’ayant pas été convaincu par les explications de cette dentiste, salariée depuis plus d’un an dans ce centre dentaire.

Des poursuites disciplinaires ?

Jeudi, le Conseil de l'Ordre des chirurgiens-dentistes du Rhône a également convoqué la praticienne. De fait, les opinions politiques de ses membres ne concernent pas le conseil "à moins que cela nuise à l'éthique ou à l'honneur de la profession", explique son président, Alain Chantreau.

"Ce qui est préjudiciable, c'est de s'afficher avec des tatouages comme ça sur un réseau social ouvert à tout le monde, en se montrant dans sa salle de soins et en tenue professionnelle", a-t-il expliqué. "On a un rappel à l'ordre à lui faire et en fonction de ses réponses, on décidera d'éventuelles poursuites disciplinaires", précise le président du conseil.

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