2 min de lecture Justice

Lyon : le décrochage d'un portrait de Macron jugé "légitime" par les juges

Le tribunal correctionnel de Lyon a relaxé ce lundi 16 septembre des militants écologistes qui avaient décroché un portrait du chef de l'État en février 2019.

Une militante écologiste retire le portrait d'Emmanuel Macron de la salle du conseil municipal de la mairie de Saint-Sébastien-sur-Loire (Loire-Atlantique) le 4 mars 2019.
Une militante écologiste retire le portrait d'Emmanuel Macron de la salle du conseil municipal de la mairie de Saint-Sébastien-sur-Loire (Loire-Atlantique) le 4 mars 2019. Crédit : LOIC VENANCE / AFP
Félix Roudaut
Félix Roudaut
et AFP

La décision est inédite. Le tribunal correctionnel de Lyon a invoqué, lundi 16 septembre, "l'état de nécessité" et le "motif légitime" pour relaxer deux "décrocheurs" d'un portrait d'Emmanuel Macron en février 2019. Les prévenus étaient poursuivis pour vol en réunion.

"C'est une première et un très très bon signal pour nous", a déclaré une porte-parole du mouvement ANV-COP21 qui a salué cette "décision historique", actant "le non-respect des objectifs climatiques de la France et la légitimité des actions de désobéissance civile face à l'urgence climatique".

Le 2 septembre, le parquet avait requis une amende de 500 euros contre les deux militants, un homme et une femme âgés de 32 et 33 ans, qui avaient décroché le portrait du président de la République dans la mairie du 2e arrondissement de Lyon. "Le vol est constitué et il ne règle en rien le dérèglement climatique", avait alors estimé la procureure Rozenn Huon.

"Un acte citoyen"

Dans sa décision, le juge a reconnu que le vol de "l'objet d'une valeur fortement symbolique" était bien matérialisé. Mais, selon lui, la réalité du dérèglement climatique "affecte gravement l'avenir de l'humanité", ce qui légitime "d'autres formes de participation" des citoyens, "dans le cadre d'un devoir de vigilance critique". Pour lui, l'intrusion d'une vingtaine de militants dans la mairie a troublé l'ordre public de manière "très modérée". Le magistrat a estimé que l'action des militants a finalement constitué une interpellation légitime du président de la République.

"C'est la reconnaissance de plusieurs années de militantisme", a salué la militante à la sortie de la salle d'audience, très émue par cette décision. L'ancienne ministre du Logement, Cécile Duflot, avait défendu lors de l'audience début septembre "un acte citoyen au sens le plus noble du terme" et un scientifique du CNRS avait exposé "l'indiscutable urgence climatique".

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Le premier procès de "décrocheurs" s'était tenu fin mai à Bourg-en-Bresse (Ain). Un militant écologiste avait été condamné à une peine d'amende ferme de 250 euros et cinq autres à une amende avec sursis. Deux semaines plus tard, le tribunal correctionnel de Strasbourg avait relaxé trois militants qui avaient brièvement décroché un portrait du chef de l'État dans une mairie du Bas-Rhin. Douze autres procès de "décrocheurs" sont prévus jusqu'à septembre 2020.

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