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"Des blessures de guerre" : l'avocat du lycéen amputé à Lens annonce le dépôt d'une plainte pour "des faits de nature criminelle"

D'après la version de son conseil, Evan, 15 ans, dément avoir ramassé la grenade qui a arraché sa main gauche le 5 octobre dernier, en marge du mouvement des lycéens.

Le lycée Auguste-Behal de Lens où est scolarisé Evan, dont la main a été arrachée, en octobre 2026.

Crédit : Sameer AL-DOUMY / AFP

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Evan, 15 ans, est dans "un état de santé très compliqué". Au détour d'une conférence de presse, l'avocat Bertrand Wattez a pris la parole pour revenir sur le drame qui a touché son client, dont la main gauche a été arrachée à Lens par une grenade assourdissante en marge de la mobilisation des lycéens en début de semaine dernière, mercredi 14 octobre. Selon lui, l'adolescent, contraint d'être amputé, a été victime de ce qui s'apparente à des "blessures de guerre" et il est toujours à l'hôpital.

"On ne sait pas quand il sortira", a fait savoir son conseil, précisant qu'il a également vu son autre main "abîmée", comme d'autres parties de son corps" depuis ce 5 octobre dernier.

"Evan se rend à son lycée pour assister à ses cours et découvre que l'établissement est bloqué, sans avoir été préalablement informé. Malgré sa volonté, il ne peut pas accéder à l'établissement. Craignant que sa mère ne pense qu'il a séché, Evan entreprend de ramasser des débris d'engins pyrotechniques lancés par les forces de l'ordre", a rejoué Me Bertrand Wattez.

"À 10h30, après avoir ramassé un débris de la main droite, une explosion s'est produite sur son côté gauche. Evan est droitier, c'est sa main gauche qui est impactée", a ajouté l'avocat. "Sous le choc, il se met à courir sans immédiatement prendre conscience que la déflagration vient de lui arracher la main. Alerté par des lycéens qui lui signalent la gravité de sa blessure, le jeune homme finit par s’effondrer". C'est une riveraine qui l'a secouru, avant son transport au CHR de Lille.

"Des faits de nature criminelle", une plainte déposée

Une plainte avec constitution de partie civile a été déposée devant le doyen du juge d'instruction de Béthune pour "violences volontaires ayant entraîné une infirmité permanente". L'avocat dénonce "des faits de nature criminelle", alors que l’enfant a été entendu longuement mardi par l'IGPN. Autrement dit, selon lui, les faits pourraient être jugés devant une cour d'assises ou une cour criminelle.

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"Nous avons été particulièrement choqués de voir le parquet prendre fait et cause pour la version policière, disant que mon client était en quelque sorte responsable de son propre préjudice", a-t-il précisé, faisant allusion à la version - qu'il réfute -, selon laquelle l'adolescent a ramassé lui-même une grenade au sol, avant qu'elle n'explose. Il rappelle d'ailleurs que le parquet s'est exprimé avant d'entendre Evan.

"Nous souhaitons connaître la vérité : pourquoi un gamin plein de projets voit ses rêves s'effondrer parce qu'une grenade a été lancée", a continué Me Bertrand Wattez, rappelant qu'Evan est en filière professionnelle.

"La famille est bouleversée, ce sont de braves gens qui n'ont jamais rien demandé à personne", a-t-il conclu. Pour l'avocat, la communication initiale du parquet de Béthune, "c'est un peu comme si on lui amputait la deuxième main : n dénie à cet enfant d'être reconnu comme victime".

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