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De simple adjoint à numéro 1 en Ligue des champions : l’ascension express de Yannick Cahuzac à Lens

Promu il y a 26 jours en remplacement de Dino Toppmöller, l'ex-milieu, qui officiait depuis comme adjoint, doit toujours jongler avec sa formation pour obtenir son brevet d'entraîneur professionnel, alors qu'il s'apprête à diriger le RC Lens contre les Lisboètes, mardi 13 octobre à Bollaert.

Yannick Cahuzac sur le banc du RC Lens lors de la victoire contre Lyon en Ligue 1, le 9 octobre 2026 à Bollaert.

Crédit : Sameer AL-DOUMY / AFP

Gabriel Joly

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Dire que Yannick Cahuzac ne s'imaginait pas diriger une rencontre de Coupe d'Europe lorsqu'il a effectué son retour au club en tant qu'adjoint l'été dernier serait un peu osé, tant il semblait programmé pour un jour reprendre le poste de numéro 1 du RC Lens. Peut-être toutefois n'avait-il pas pensé que cela interviendrait si tôt. Car le voilà en passe de devenir le tout premier coach principal de l'histoire de la Ligue des champions à officier, alors même qu'il suit sa formation pour obtenir ses diplômes d'entraîneur, à l'occasion de la réception du Sporting Portugal, mardi 13 octobre, à Bollaert (18h45).

Capitaine des Sang et Or entre 2019 et 2022, l'ancien milieu de terrain corse a été promu il y a moins d'un mois pour prendre la suite de Dino Toppmöller, écarté après seulement six rencontres en raison d'un manque d'alchimie dans le staff et surtout du début de saison poussif - en dépit des victoires contre le PSG dans le Trophée des champions (1-0) et face au Slavia Prague pour lancer la C1 (3-2).

"Ça nous semblait évident, à ce moment-là, que c'était la bonne personne pour reprendre le fil de ce qu'on était en train de faire", expliquait le directeur sportif lensois Jean-Louis Leca, balayant tout lien entre ce choix et son amitié de longue date avec son ancien coéquipier à Bastia, et sa nomination sur la durée, sans statut d'intérimaire. "Dans ces murs, ce n'est pas mon ami. Dans ces murs, je suis son N+1".

Un jeune coach qui jongle encore avec ses diplômes

Après avoir intégré le staff de Franck Haise à Lens, au terme de sa carrière de joueur en 2022, Cahuzac a poursuivi son apprentissage auprès de Régis Le Bris et d'Olivier Pantaloni à Lorient, avec lesquels il a affûté un œil de tacticien déjà aiguisé. Ayant côtoyé une partie de ses ouailles comme joueur, il espère s'appuyer sur ce lien pour leur redonner de la confiance. "Mon premier contrat professionnel, c’était à Bastia, et il était mon capitaine. Il a toujours été bienveillant avec moi et m’a beaucoup aidé au début de ma carrière. Je suis très heureux d’être sous ses ordres et de pouvoir l’aider", soulignait d'ailleurs Florian Thauvin après le succès contre Lyon vendredi (2-1), durant lequel il a distribué deux passes décisives.

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À 41 ans, "Cahu" n'a "pas le 'package' encore" d'un numéro 1 selon ses dires mi-septembre. De fait, il passe cette saison son brevet d'entraîneur professionnel (BEPF) en parallèle de ses fonctions et doit jongler avec un emploi du temps particulièrement serré, lui qui coûte par ailleurs 25.000 euros à son club chaque match à cause de son statut non confirmé (sauf en Ligue des champions).

S'il avait toujours été assistant, il aurait raté le rendez-vous contre les Lisboètes - le premier en C1 à domicile pour les Artésiens depuis 2023 - puisqu'il se serait rendu à Clairefontaine afin de suivre un stage de mardi à jeudi. Autorisé à suivre les cours en visioconférence s'il le souhaite en amont de la rencontre, il ira mercredi dans les Yvelines, et si possible avec une deuxième victoire de rang.

Déjà de la suite dans les idées

Attaché à la défense à trois, à la possession et à mettre beaucoup d'intensité, l'ex-joueur également passé par Toulouse a mis à profit les trois semaines de trêve internationale pour soigner sa tactique, qu'il veut plus appuyée sur des pistons, lui qui avait déjà donné de l'entrain à ses hommes lors de la défaite contre le leader monégasque dans la foulée de sa prise de poste (1-2).

Face à l'OL, il a su composer en attaque sans Abdallah Sima, blessé avec le Sénégal et éloigné des terrains jusque fin novembre au moins, titularisant Florian Sotoca pour la première fois de la saison plutôt que les recrues estivales Franjo Ivanovic et Thorgan Hazard. Le vétéran le lui a bien rendu, ouvrant le score. "On a travaillé pas mal de phases et je me voyais mal titulariser un international qui était arrivé un ou deux jours avant, sans avoir les repères", a raconté Cahuzac. "On avait bien travaillé notre animation défensive pour être hyper proactifs et les empêcher de construire", a-t-il souligné.

"Je suis content du résultat mais surtout content du contenu. J'avais demandé à mon groupe de jouer avec personnalité, de retranscrire tout ce qu'ils avaient mis en place au quotidien et je suis très fier de ça", a félicité le jeune tacticien, qui était privé de 11 internationaux durant la fenêtre internationale qui l'a vu quitter le groupe quelques jours pour un autre stage du BEPF, sachant qu'il lui en reste encore sept et une semaine en immersion à l'étranger.

Contre le Sporting, vainqueur des Turcs de Galatasaray (3-1) lors de la 1re journée, Cahuzac devrait modifier son onze et pourrait d'ailleurs enregistrer le retour du défenseur autrichien Samson Baidoo comme titulaire, lui qui a joué près d'une période vendredi pour son retour. Nul doute que son expérience dans la plus grande des compétitions de clubs lui donnera quelques billes pour compléter le mémoire qu'il devra rendre en fin de cursus pour valider son diplôme.

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