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Extraction d'un détenu en lien avec le trafic de drogue, le 14 octobre 2025, au centre de détention provisoire d’Alençon-Condé-sur-Sarthe, dans le nord-ouest de la France.
Crédit : JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP
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Le nouveau statut de criminels repentis, officiellement appelés "collaborateurs de justice", prévu dans la loi de lutte contre le narcotrafic votée en juin 2025, entrera en vigueur le 1ᵉʳ avril, a annoncé le ministère de la Justice.
Ce dispositif marque un tournant : jusqu'ici, la France était restée frileuse, excluant les auteurs de crimes de sang du statut de repenti. Désormais, il est élargi aux crimes, notamment aux auteurs d’assassinats.
Concrètement, les suspects pourront, en échange d'informations circonstanciées et vérifiées - sur des crimes déjà commis ou à venir, notamment sur leurs commanditaires -, obtenir une réduction de peine pouvant aller jusqu'à deux tiers. Ils pourront également bénéficier d'un programme de protection et de réinsertion.
Ce modèle s'inspire de la loi italienne adoptée en 1991, qui a permis de réduire drastiquement les assassinats mafieux. En Italie, le nombre d'homicides est ainsi passé d'environ 2.000 en 1990 à près de 300 en 2023.
Le statut de collaborateur de justice sera accordé par la justice, sur proposition des juges d'instruction ou des procureurs saisis des dossiers concernés. Les mesures de protection - anonymat, changement de vie - et de réinsertion seront supervisées par une commission dédiée.
En cas de déclarations fausses ou notoirement incomplètes, le statut pourra être révoqué, ainsi que les mesures accordées. Une réforme qui vise donc à instaurer un véritable modèle "à l'italienne" pour inciter à dénoncer complices et commanditaires.
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Cette évolution était attendue de longue date par certains spécialistes, comme Fabrice Rizzoli, expert des mafias et président de Crim'HALT, qui militait depuis plusieurs années pour sa mise en place. Il explique :
"Face à une criminalité corse très professionnalisée et à un taux d'élucidation des assassinats extrêmement faible, nous pourrons très certainement avoir des personnes qui vont s'accuser d'assassinat. Et il n'y a pas que la Corse : quand on voit la DZ Mafia, il n'est pas à exclure que des personnes, en échange d'une protection et non pas de l'impunité, dénoncent les commanditaires. On va réduire le nombre d'assassinats".
D'après la chancellerie, deux suspects liés à la DZ Mafia, actuellement incarcérés, ont récemment écrit au garde des Sceaux, Gérald Darmanin, afin de bénéficier du dispositif. Aucun autre détail n'a été divulgué.
S'ils sont acceptés, à l'issue d'un processus annoncé comme long et rigoureux, ils bénéficieront d'une protection renforcée : anonymat total, réinstallation, accompagnement. Mais en cas de révélations fausses ou trop partielles, le statut pourra être révoqué sans avertissement.
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