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Le directeur de l'IUT de Saint-Denis appelle le ministère à prendre des sanctions

INVITÉ RTL - Toujours menacé de mort, le directeur de l'IUT de Saint-Denis espère que des décisions seront prises rapidement après la confirmation des dysfonctionnements qu'il a dénoncé il y a un dans son établissement.

L'Institut universitaire de technologie de Saint-Denis, en Seine-Saint-Denis
L'Institut universitaire de technologie de Saint-Denis, en Seine-Saint-Denis
Crédit : Raphaël Vantard
Le directeur de l'IUT de Saint-Denis appelle le ministère à prendre des sanctions
08:13
Benjamin Hue & AFP

Samuel Mayol est un homme seul. Menacé et agressé pour avoir dénoncé des dérives communautaristes et des irrégularités de gestion au sein d'un département de l'IUT de Saint-Denis, le directeur de l'établissement n'a reçu aucun soutien de la présidence de l'Université Paris XIII, dont dépend l'IUT, ni du ministère de l'Éducation nationale. "Depuis un an, alors que j'ai mis fin à ces dysfonctionnements, je suis quasiment menacé toutes les semaines. Rien n'a changé", confie-t-il à RTL. Dénonçant "une situation particulièrement dure à vivre" pour lui et sa famille - "les menaces arrivent jusque dans ma boîte aux lettres, on sonne à mon interphone, on laisse des mots dans ma voiture", Samuel Mayol est n'a pas de doute quant à l'objectif de ce harcèlement. "C'est une guerre psychologique qui est engagée pour que j'abandonne la direction de l'IUT", assure-t-il.

Cours facturés, payés mais "pas assurés", "système de copinage"... Un rapport remis début avril, et révélé par RTL en février, confirme pourtant les "dérives" dénoncées par le directeur de l'IUT de Saint-Denis. Il préconise au passage des "recommandations" que "le président de l'université s'est engagé à mettre en oeuvre, selon le ministère. "Une enquête administrative pourrait également sanctionner" les deux personnes mises en cause dans ce système de surfacturation, a-t-on ajouté rue de Grenelle tout en précisant que l'initiative revient à la direction de l'université. Samuel Mayol n'en attend pas plus. "Je souhaite simplement pouvoir diriger mon IUT, qu'on m'apporte les moyens d'être protégé dans l'exercice de mes fonctions, que les décisions soient prises et que les personnes qui doivent être écartées le soient", explique-t-il, concédant être arrivé "aux limites" de sa patience.

Les dysfonctionnements confirmés par un rapport

À son arrivée à la tête de l'IUT en 2014,Samuel Mayol a mis au jour un certain nombre de dérives sur des heures de cours, payées à des vacataires mais pas forcément assurées. Le nouveau directeur a alors fusionné les deux départements de techniques de commercialisation, évinçant Rachid Zouhhad, un ancien responsable, mis en cause dans le dossier. C'est également à cette époque que Samuel Mayol découvre qu'une association, L'Ouverture, cache dans son local des tapis de prière et vend, sans autorisation, des sandwichs halal. Après avoir pointé ces dysfonctionnements, Samuel Mayol a reçu plusieurs lettres de menaces de mort, certaines écrites en arabe. Il a porté plainte, tout comme l'université.

Une enquête, confiée à la police judiciaire de Seine-Saint-Denis, tente de retrouver l'auteur des menaces, toujours inconnu, et d'établir le lien entre les différents faits survenus à cette époque. Un rapport d'inspection, remis début avril au ministère de l'Enseignement supérieur, et qui sera rendu public prochainement, pointe ces dysfonctionnements et préconise des "recommandations" que "le président de l'université s'est engagé à mettre en oeuvre", a précisé le ministère, confirmant une information diffusée par plusieurs médias.

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"Une enquête administrative pourrait également sanctionner" les deux personnes mises en cause dans ce système de surfacturation, a-t-on ajouté rue de Grenelle tout en précisant que l'initiative revient à la direction de l'université. "Dès mi-juin Monsieur Salzmann devrait convoquer en conseil de discipline deux des protagonistes dont Monsieur Rachid Zouhhad", a précisé une source universitaire. Pour le président de l'université Paris XIII, critiqué pour la passivité de la direction, on ne peut l'accuser d'une "prétendue inaction de la direction". Et pour cause, "c'est moi qui ait demandé un rapport pour savoir ce que je devais faire", martèle Jean-Loup Salzmann, par ailleurs président de la Conférence des présidents d'université (CPU).

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