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Le commissaire d'Aulnay-sous-Bois condamné pour violences policières en 2008

Le commissaire d'Aulnay-sous-Bois, supérieur hiérarchique des quatre policiers mis en examen dans l'affaire Théo, a été condamné pour violences policières en 2008.

Un tag attaquant les forces de l'ordre à Aulnay-sous-Bois
Un tag attaquant les forces de l'ordre à Aulnay-sous-Bois Crédit : GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP
François Quivoron
François Quivoron

Dans cette période de tension dans les banlieues, liée à l'interpellation musclée de Théo à Aulnay-sous-Bois, une affaire judiciaire refait surface et fragilise un peu plus la défense des quatre policiers mis en examen. Leur supérieur hiérarchique, le commissaire divisionnaire qui a autorité sur tout le district nord-est de la Seine-Saint-Denis, a été condamné pour violences policières en 2008, pour une affaire qui remonte à février 2004.

Selon une information de journal L'Humanité, confirmée ce mardi 14 février par France Inter, le commissaire Vincent Lafon a écopé d'un an de prison avec sursis et un an d'interdiction professionnelle pour "non-empêchement d'un délit". Sous ses ordres, une interpellation de la brigade anti-criminalité de Paris a mal tourné, l'un de ses hommes a inséré un enjoliveur dans les fesses d'un conducteur arrêté en état d'ébriété. Des faits qui rappellent l'arrestation de Théo, pour laquelle l'un des policiers a été mis en examen pour viol.

Un cerceau d'enjoliveur entre les fesses

Le 19 février 2004 au petit matin, Vincent Lafon, alors chef adjoint de la BAC, et ses hommes se lancent dans une course-poursuite dans les rues de Paris pour stopper un homme en état d'ébriété et suspecté de violences envers une jeune femme assise à ses côtés dans la voiture. Au cours de cette "chasse", qui a débuté dans le quartier de Barbès, les véhicules filent à vive allure, jusqu'à 150 km/h. La voiture du fuyard stoppe sa course folle dans le muret d'une bretelle d'autoroute, près de Créteil. Mais le chauffeur redémarre et renverse un policier. Il est finalement appréhendé. Tabassé, il "finit sur le goudron, pantalon et slip baissés, un cerceau d'enjoliveur entre les fesses", d'après L'Humanité.

Dans sa déposition, le chauffeur accuse les policiers de l'avoir "menacé de sodomie". Impossible d'en avoir la preuve, les images vidéos de la scène ont été détruites. Une information judiciaire est ouverte pour "violences aggravées", Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur, s'en prend aux "brebis galeuses de la police". Après cette "affaire de l'enjoliveur", Vincent Lafon reprend du service dans le XIIIe arrondissement de Paris et rejoint le commissariat d'Aulnay-sous-Bois en 2014.

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Le parallèle entre ces deux dossiers est troublant mais Céline Berthon, du syndicat national des commissaires de police, juge ce "procédé parfaitement malhonnête". "J'oserais même dire que je le trouve tout à fait dégueulasse, a-t-elle lancé sur franceinfo. Parfois on doit rendre compte de faits pour lesquels nous ne sommes pas là parce que nous sommes les chefs et que nous sommes responsables".

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