3 min de lecture États-Unis

Emily Ratajkowski accuse un photographe d'agression sexuelle

VU DANS LA PRESSE - Dans un long texte publié dans le "New York Magazine", la célèbre mannequin américaine accuse le photographe Jonathan Leder de l'avoir violée avant d'exploiter son image sans son accord.

Emily Ratajkowski le 4 mars 2020 à New York.
Emily Ratajkowski le 4 mars 2020 à New York. Crédit : JP Yim / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP
Marie Zafimehy
Marie Zafimehy

"Dans quelle mesure une mannequin est-elle propriétaire de sa propre image ?" C'est la question posée par Emily Ratajkowski dans un long texte publié dans le New York Magazine mardi 15 septembre. La célèbre mannequin devenue actrice y interroge les pratiques de certains photographes, dont un certain Jonathan Leder qu'elle accuse d'agression sexuelle.

Dans ce témoignage découpé en quatre parties, Emily Ratajkowski, raconte comment ce dernier lui a proposé de poser pour lui en 2012. Âgée de 21 ans à l'époque, la mannequin accepte bien qu'elle sache ne pas être payée à l'issue du shooting, une pratique courante dans le milieu, explique-t-elle. Les photos doivent être publiées dans un magazine d'art et elle fait confiance à son agente.

Dès le début du récit de cette soirée, Emily Ratajkowski décrit une ambiance "étrange" et raconte comment de fil en aiguille, Jonathan Leder lui demande de se déshabiller pour poser, tout en lui servant du vin rouge à multiple reprises. Déterminée à lui prouver ses talents de jeune mannequin et habituée à poser nue, elle accepte. Puis la maquilleuse, présente jusqu'ici, décide d'aller dormir, la laissant seule avec lui.

La prochaine chose dont je me souviens est d'être dans le noir

Emily Ratajkowski
Partager la citation

"La prochaine chose dont je me souviens est d'être dans le noir", écrit la mannequin. C'est à ce moment, selon son récit, que Jonathan Leder l'agresse. "J'ai mis ma main sur son poignet et retiré ses doigts de force. Je n'ai rien dit. Il s'est levé brusquement et s'est précipité dans le noir des escaliers", écrit-elle. Le lendemain et pendant plusieurs années, la jeune femme décide d'oublier cet épisode traumatique (qui peut être qualifié de viol) occupée à poursuivre son mannequinat et à se lancer dans une carrière dans le cinéma.

Des photos, trois livres, une exposition

À lire aussi
Donald Trump, devant le cerceuil de Ruth Bader Ginsburg, le 24 septembre 2020 États-Unis
VIDÉO - Mort de Ruth Bader Ginsburg : sous les huées, Trump se recueille devant son cercueil

Pourtant, quelques années plus tard, Emily Ratajkowski apprend que les photos de Jonathan Leder s'apprêtent à être publiées... dans un livre. Elle ne se souvient pas avoir signé de document l'autorisant. Son (ex-)agente non plus. "Je me suis sentie terrifiée d'un coup, écrit la jeune femme. Si je n'avais pas été protégée pendant mon shooting avec Jonathan, qu'est-ce que cela signifiait pour les mille, peut-être millions, d'autres photos qui avaient été prises de moi pendant des années ?" 

De son côté, Jonathan Leder est formel : il possède un document signé d'Emily Ratajkowski dans lequel elle l'autorise à utiliser son image. Celle-ci renonce à le poursuivre en justice, manque de moyens. "Même si j'étais célèbre, je n'avais pas autant d'argent que ce que j'avais prédit à l'époque à Jonathan Leder". Le photographe a ensuite réédité son livre de photos dénudées de la mannequin, organisé une exposition, publié un deuxième, un troisième et même un quatrième ouvrage. Tout cela sans qu'Emily Ratajkowski puisse y faire quelque chose.

Vous pensez vraiment que les gens vont penser qu'elle est victime ?

Jonathan Leder
Partager la citation

"Vous savez de qui on parle ?" a réagi Jonathan Leder selon la mannequin lorsque le journaliste avec qui elle a écrit son essai l'a contacté. "C'est la fille qui était nue dans le magazine Treats! (magazine américain publiant des photos de célébrités dénudées, NDLR) et se dandinait nue dans le clip vidéo de Robin ThickeVous pensez vraiment que les gens vont penser qu'elle est victime ?".

Qui possède son image ?

Au-delà de ses accusations de violences sexuelles, Emily Ratajkowski questionne les pratiques des photographes. À partir de quel moment peut-on considérer que ceux-ci ont la propriété des images des mannequins dont ils prennent les clichés ? La mannequin cite l'exemple d'un paparazzi qui l'a poursuivie en justice après qu'elle a utilisé ironiquement une de ses photos sur son compte Instagram et celui d'un artiste à qui elle a acheté son propre portrait. 

Sans réponse concrète à cette question éthique, Emily Ratajkowski dit vouloir reprendre le contrôle. "Je resterai la vraie Emily ; l'Emily qui est propriétaire de son grand-art, et celle qui a écrit cet essai aussi." Une manière de "se racheter elle même", comme le suggère le titre de son texte "Buying Myself Back".

La rédaction vous recommande
Lire la suite
États-Unis Mode Cinéma
Restez informé
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants