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La jihadiste française condamnée à perpétuité demande à rentrer en France

Djamila Boutoutaou, 28 ans, est la première Française partie en terre de jihad à être condamnée à perpétuité en Irak. Elle implore la France de la rapatrier pour être jugée.

La jihadiste française Djamila Boutoutaou lors de son procès en Irak à Baghdad le 17 avril 2018 avant d'être condamnée à la prison à perpétuité
La jihadiste française Djamila Boutoutaou lors de son procès en Irak à Baghdad le 17 avril 2018 avant d'être condamnée à la prison à perpétuité Crédit : Ammar Karim / AFP

Elles sont plusieurs à implorer le gouvernement français de les rapatrier. Les femmes jugées en Irak, ou en Syrie, pour les liens qu'elles ont eus avec l'organisation Daesh veulent rentrer dans leur pays d'origine et répondre de leurs actes devant la justice française. 

C'est le cas de Djamila Boutoutaou. Le 17 avril, cette Française de 29 ans partie en zone irako-syrienne pour rejoindre le califat auto-proclamé de l'État islamique a écopé d'une peine de prison à perpétuité, jugée par les autorités irakiennes, à la fin d'un procès d'une durée de 20 minutes environ. Un procès que ses avocats, maîtres Martin Pradel et William Bourdon, dénoncent avec vigueur dans un communiqué.  

À l'issue de la décision de justice, elle s'est confiée au Parisien. "Pitié, aidez-moi à rentrer. C’est la seule chose que je demande. Je n’en peux plus !". D'après son témoignage relayé dans le quotidien régional, la Française est détenue dans une cellule de 30m² qu'elle partage avec 130 femmes et enfants. "Ma plus grande peur c'est qu'on m'enlève ma fille", ajoute-t-elle.

Pitié, aidez-moi à rentrer. C’est la seule chose que je demande. Je n’en peux plus !

Djamila Boutoutaou, jihadiste française condamnée à perpétuité en Irak
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Pour sa défense, elle met tout sur le dos de son mari qui l'aurait manipulée afin qu'elle le suive en terre de jihad. "Je suis une victime. Je le crie haut et fort. J’ai même été battue par mon mari car je ne voulais pas le suivre", argumente-t-elle. 

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Elle est soutenue par sa mère qui va dans le même sens : "Ma fille a été manipulée par son mari et sa belle-famille. Elle était sous emprise, comme dans une secte. Elle est uniquement coupable d’avoir fait une mauvaise rencontre."

Devant la cour, l'accusée a raconté, sans convaincre : "Nous sommes venus à Istanbul en vacances, et c'est en arrivant en Turquie que j'ai découvert que mon mari était un jihadiste. Il a été contacté par un homme nommé al-Qourtoubi qui nous a emmené mes enfants et moi vers un endroit où nous nous sommes cachés dans une cave".

Six Françaises détenues en Irak

Peu de chance que Paris intervienne dans la justice irakienne. Seule une condition pousserait l'État à interférer : si la personne est condamnée à la peine de mort. Dans ce cas, la France demanderait que cette peine soit "commuée" en emprisonnement.

Une jihadiste étrangère a été condamnée à la peine capitale, mais elle est allemande. D'autres Françaises ont demandé à la France de les rapatrier. Le quai d'Orsay fait état de six ressortissantes arrêtées et détenues en Irak. Parmi elles, Marni est rentrée en France avec ses quatre enfants, comme le rapportent les journalistes Céline Martelet et Édith Bouvier dans Un parfum de djihad. Pour les autres, "aucune information", poursuivent-elles. "Les autorités françaises n'ont aucune information sur leur situation", s'inquiète alors l'avocat Martin Pradel cité dans l'ouvrage. 

Une autre Française, Mélina Bougedir, a été condamnée en Irak pour "entrée illégale sur le territoire" à sept moins de prison et a été libérée dans la foulée. Alors qu'elle allait être rapatriée, elle sera finalement rejugée sur place pour "appartenance à une organisation terroriste" et encourt la peine de mort.

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